et ses invocations ainsi que ses louanges auprès de la tombe. C’est pourquoi ils ne s’y rendaient pas ; car l’acquittement, par eux, des droits dus au Messager est identique en tout lieu. Il a, en effet, interdit de réserver à la tombe ces pratiques et d’en faire une fête ou une mosquée, car elle pourrait alors devenir un objet d’adoration, ce qui mènerait au polythéisme ; il est également à craindre qu’en accordant à cet emplacement un surcroît d’actes, on ne diminue l’acquittement de ses droits dans les autres endroits. De même que certains lieux rituels ont été spécifiés pour des actes d’adoration – si bien que le croyant y ressent une foi plus intense qu’ailleurs –, les droits du Messager ﷺ sont les mêmes partout, bien que leurs formes varient selon les situations. Aussi, lorsqu’on observe l’état des gens, on constate que celui qui magnifie le défunt auprès de sa tombe se montre défaillant dans les droits qu’il lui doit ailleurs, proportionnellement à l’exagération manifestée à la tombe ; c’est là un phénomène constant dans le comportement des hommes. Parce que les tout premiers devanciers étaient ceux qui remplissaient au mieux ses droits en tout lieu, ils étaient les plus éloignés de toute particularisation de la tombe. De même, les califes bien guidés et leurs semblables, du fait qu’ils accomplissaient ses droits mieux que quiconque, n’ont pas agi comme l’a fait Ibn ʿUmar et ceux qui lui ressemblent ; son père, ʿUmar, honorait en effet davantage les droits du Messager ﷺ que son fils et interdisait qu’on cherche à prier dans un endroit où le Prophète avait prié, contrairement à ce qu’a fait son fils ʿAbd Allâh, malgré son mérite et sa piété – qu’Allâh les agrée tous. Le développement détaillé de ce point relève d’un autre endroit. L’essentiel, ici, est que la parole de celui qui prétend : « Quiconque interdit de voyager pour visiter sa tombe ou les autres tombes a manifesté son hostilité envers les prophètes et leur a opposé de l’obstination » entraînerait que son imâm Mâlik – et même tout autre imâm parmi les musulmans – serait visé par cette accusation. Or Mâlik est l’un des plus illustres imâms de la communauté et l’un de nos grands maîtres ; tous les imâms des musulmans réputés pour leur imâma sont nos imâms – qu’Allâh les agrée tous. Dans ce domaine précis, il a d’ailleurs énoncé, plus clairement que d’autres, des propos qui invalident la parole de cet ignorant. [La tombe du Messager ﷺ est trop noble et trop auguste pour être visitée comme les autres tombes] Deuxième aspect de la réponse : l’affirmation selon laquelle celui qui interdit le voyage pour visiter les tombes – celles des prophètes ou d’autres – aurait déclaré son inimitié aux prophètes et se serait montré obstiné à leur égard ne serait recevable que si la visite des tombes prescrite par la Sharîʿa relevait d’une attitude de soumission, d’humiliation, d’abaissement et de capitulation du visiteur devant la grandeur, le prestige et la proximité auprès d’Allâh de la personne visitée. Si tel était, en effet, l’objectif de la visite, l’interdire constituerait une atteinte à leur rang et une diminution de leur mérite, à l’image de celui qui se rend chez un personnage vénéré – en religion ou dans le monde – dans une démarche de soumission, d’humilité et de quête de bénédiction auprès de lui. Ainsi, s’il lui était dit : « Il ne convient pas de lui rendre visite », on pourrait prétendre : « C’est là amoindrir sa valeur et abaisser son rang. » Or la visite instituée par la Sharîʿa, telle que l’ont décrite les imâms d’après les paroles et les actes du Prophète ﷺ, n’appartient pas à cette catégorie ; son but est plutôt l’invocation en faveur du défunt, à l’instar de la prière accomplie sur sa dépouille. Il se peut même que le visiteur y soit d’un rang supérieur au visité, tout comme le Prophète ﷺ était d’un rang plus élevé que toutes les personnes dont il visita la tombe, tels que les habitants
ودعاؤه وثناؤه عند القبر. ولهذا لم يكونوا يأتونه، لأن قيامهم بما يجب من حقوق الرسول في جميع الأمكنة سواء. وقد نهى عن تخصيص القبر بذلك وأن يتخذوه عيدا ومسجدا لأنه مظنة أن يتخذ وثنا ويفضي إلى الشرك، ومظنّة أن ينقص قيامهم بحقه في سائر البقاع إذا خصوا تلك البقعة بمزيد القيام، كما أن المشاعر لما خصّت بالعبادات؛ فالمؤمن تجد إيمانه فيها أعظم من إيمانه في غيرها، والرسول صلى الله عليه وسلّم حقه في جميع البقاع سواء، ولكن تتنوع حقوقه بحسب الأحوال، ولهذا إذا اعتبرت أحوال الناس كان من يعظم الميت عند قبره مقصّرا في حقوقه التي أمر بها في سائر البقاع بحسب ما زاد عند القبر. وهذا أمر مطّرد معروف من جميع أحوال الناس. ولما كان السابقون الأولون أقوم بحقوقه في جميع المواضع؛ كانوا أبعد الناس عن تخصيص القبر بشيء، والخلفاء الراشدون ونحوهم لما كانوا أقوم بحقوقه من غيرهم لم يفعلوا ما فعله ابن عمر ونحوه، فأبوه عمر كان أقوم بحقه صلى الله عليه وسلّم منه وكان ينهى أن يقصد الصلاة في موضع صلى فيه، خلاف ما فعله ابنه عبد الله مع فضله ودينه رضي الله عنهم أجمعين. وبسط هذا له موضع آخر. والمقصود هنا أن قول القائل: «من حرّم السفر إلى زيارة قبره وسائر القبور فقد جاهر الأنبياء بالعداوة، وأظهر لهم العناد» . يستلزم أن يكون كذلك إمامه مالك؛ بل وإمام غيره من المسلمين، فإنه من أجل أئمة المسلمين وهو أحد أئمتنا الكبار، فإن جميع أئمة المسلمين المشهورين بالإمامة أئمة لنا رضي الله عنهم أجمعين. فإنه قد صرّح في هذا الباب بما يبطل قول هذا الجاهل أكثر من تصريح غيره. [قبر الرسول صلى الله عليه وسلّم أجل وأعظم أن يزار كسائر القبور] الوجه الثاني: من الجواب: أن قول القائل: إن الناهي عن السفر لزيارة القبور؛ قبور الأنبياء وغيرهم، قد جاهر الأنبياء بالعداوة وأظهر لهم العناد، إنما يتوجه إذا كانت زيارة القبور التي جاءت بها الشريعة؛ هي من باب خضوع الزائر للمزور وذلّه وتواضعه له واستسلامه وانقياده لعظمة قدر المزور، وجاهه عند الله وقربه إليه. فإذا كان المقصود بالزيارة مثل هذا كان النهي عن ذلك تنقيصا لهم وغضا من أقدارهم، كالذي يزور معظّما في الدين أو الدنيا، زيارة خاضع له متواضع له متبرك به. فإذا قيل له: هذا لا ينبغي زيارته، أمكن أن يقال: هذا تنقص لقدره وخفض من منزلته. والزيارة التي جاءت بها الشريعة وذكرها الأئمة من قول النبي صلى الله عليه وسلّم وفعله ليست من هذا النوع، بل مقصودها الدعاء للميت، كالصلاة على جنازته. وقد يكون الزائر فيها أعظم قدرا من المزور، كما كان النبي صلى الله عليه وسلّم أعظم قدرا من كل من زار قبره؛ كأهل