les habitants du Baqīʿ et les martyrs d’Uḥud. Or, si l’on avait projeté de voyager exclusivement pour se rendre auprès des gens du Baqīʿ, des martyrs ou vers un lieu autre que la Mosquée du Messager d’Allah ﷺ, cela aurait été, selon eux, prohibé. En revanche, lorsqu’ils se mettaient en route pour la Mosquée et pour y accomplir la prière, ils se rendaient alors, de manière implicite et annexe, auprès de la tombe, visitaient les tombes des martyrs, des gens du Baqīʿ et la mosquée de Qubâ’.
De même qu’il est interdit d’entreprendre un voyage à destination d’une mosquée autre que les trois mosquées, si quelqu’un se rendait dans une ville pour le commerce, la recherche du savoir ou autre, il entrait malgré tout dans Sa Mosquée et visitait Sa tombe, bien qu’il n’eût pas voyagé dans ce but. Cette dérogation concerne uniquement les étrangers et non les habitants de Médine ; ces derniers réalisent cela lorsqu’ils voyagent eux-mêmes et obtiennent ainsi l’objectif recherché, tandis que les étrangers ne séjournent à Médine que quelques jours.
Il en va de même pour la prière surérogatoire dans la Mosquée du Messager d’Allah ﷺ et dans la Mosquée sacrée : il est recommandé aux étrangers d’y accomplir des prières surérogatoires, alors que, pour les résidents, il est préférable de les accomplir chez eux. Mâlik a dit : « Pour les étrangers, accomplir des prières surérogatoires dans la Mosquée m’est plus cher que de les accomplir dans les maisons. » Leur argument est que la prière dans cette Mosquée équivaut à mille prières dans toute autre mosquée, et que les habitants y accomplissent constamment les prières obligatoires, atteignant ainsi le bien recherché ; pour eux, la prière surérogatoire à la maison est meilleure, conformément au hadith authentique dans lequel le Prophète ﷺ dit :
« Ô gens ! La meilleure prière est la prière que l’homme accomplit dans sa maison, à l’exception de la prière prescrite. » (1)
Il dit également, au sujet des femmes :
« Ne retenez pas les servantes d’Allah loin des mosquées d’Allah, mais leurs maisons sont meilleures pour elles. » (2)
Quant aux étrangers, ils ne peuvent pas accomplir continuellement les prières obligatoires dans la Mosquée, car celles-ci ont des moments déterminés ; ils y multiplient donc les prières surérogatoires ; il en est de même pour la Mosquée sacrée. C’est pourquoi les savants ont préféré, dans la Mosquée sacrée, le tawâf pour les étrangers et l’ont jugé supérieur à la prière. Ibn al-Qâsim a dit :
« Pour les étrangers, circumambuler la Maison m’est plus cher que la prière. » (3)
En effet, les étrangers ne peuvent effectuer le tawâf à tout moment, alors que les résidents le peuvent en permanence. Lorsqu’ils quittent la ville puis y reviennent, ils accomplissent une ʿumra.
Aussi Ibn ʿAbbâs disait-il : « Ô gens de La Mecque ! Aucune ʿumra ne vous incombe ; votre ʿumra consiste dans le tawâf de la Maison. »
Imâm Aḥmad a expressément adopté la même position qu’Ibn ʿAbbâs, tout en jugeant, selon l’opinion la plus répandue de lui, que la ʿumra est obligatoire pour les autres. Parmi ses disciples, certains ont considéré cette distinction comme une troisième version, d’autres l’ont interprétée différemment ; toutefois, le texte rapporté de lui établit bien la distinction, conformément à la parole d’Ibn ʿAbbâs.
Quant au récit rapporté d’Ibn ʿUmar, il ne mentionne qu’il agissait ainsi que lorsqu’il revenait de voyage ; rien n’y indique qu’il le faisait lorsqu’il se préparait simplement à voyager.