On ne peut répliquer à cet argument par le cas de la retraite spirituelle (iʿtikâf), car celui qui s’y voue doit impérativement y accomplir la prière ; de même, quiconque entre dans la mosquée pour y apprendre ou y enseigner la science s’y acquitte d’abord de la prière.
L’essentiel est que cette question figure dans les abrégés juridiques. Abû l-Qâsim Ibn al-Jallâb l’a rapportée dans son « Tafrîʿ » : « Celui qui dit : “Je dois aller à pied jusqu’à Médine ou Bayt al-Maqdis” – s’il vise par là la prière dans leurs deux mosquées, il lui incombe de s’y rendre, fût-ce monté, et d’y prier ; s’il n’a pas cette intention, rien ne lui est imposé. »
Et s’il déclare : « Il incombe à Allah, de ma part, d’aller à pied jusqu’à la mosquée de Médine ou celle de Bayt al-Maqdis », il est tenu de s’y rendre, même monté, et d’y accomplir la prière.
S’il voue le voyage vers une mosquée autre que la Mosquée sacrée, la Mosquée de Médine ou la Mosquée de Bayt al-Maqdis, alors, si elle est proche et qu’il n’a pas besoin de monture, il s’y rend et y prie ; mais si elle est lointaine au point de nécessiter une monture, il prie là où il se trouve et rien ne lui est exigé.
Cette distinction qu’Ibn al-Jallâb établit, pour toutes les autres mosquées, entre la proximité et l’éloignement, avait déjà été formulée par Muḥammad Ibn al-Mawwâz dans la « Mawâziyyah » et par d’autres. Il dit : « Quant au voyage vers les deux cités – la cité du Messager d’Allah ﷺ et Bayt al-Maqdis – pour un motif autre que la prière dans leurs deux mosquées, il n’est recommandé par aucun d’entre eux ; au contraire, la majorité l’a interdit, suivant l’avis de Mâlik, en raison de la parole du Prophète ﷺ : “On ne prépare les montures que pour trois mosquées.” » Ibn Bashîr l’a mentionné dans son « Tanbîh », al-Qayrawânî dans son « Taqrîb », ainsi que d’autres disciples de Mâlik.
Il s’agit donc d’un texte explicite de l’imâm Mâlik et de ses compagnons : quiconque a voué de se rendre à Médine pour une autre raison que la prière dans sa mosquée – fût-ce pour visiter les gens d’al-Baqîʿ, les martyrs d’Uḥud ou la tombe du Prophète ﷺ – ne doit pas s’y rendre ni exécuter son vœu ;
bien au contraire, un tel voyage est interdit, conformément à la parole : « Les montures ne sont sellées que pour trois mosquées. »
Plus encore, se déplacer pour ce que l’on croit être une visite de la tombe du Prophète ﷺ – alors qu’il ne s’agit pas réellement de la visiter – est, à plus forte raison, plus digne d’interdiction que le voyage visant la visite des tombes des gens d’al-Baqîʿ, des martyrs d’Uḥud ou de la mosquée de Qubâʾ.
Quant à ces lieux, il est recommandé aux habitants de Médine de s’y rendre, même sans arriver d’un voyage, suivant l’exemple du Prophète ﷺ : il se rendait dans les cimetières pour invoquer en faveur des défunts, et il se rendait à Qubâʾ chaque samedi, à cheval ou à pied (1).
[Distinction entre les visiteurs et les résidents de Médine concernant le salut adressé au Prophète en dehors de la chambre sacrée]
En ce qui concerne ce que certains pensent être la visite de sa tombe – par exemple se tenir à l’extérieur de la chambre pour le saluer et invoquer –, cela n’est pas recommandé aux habitants de Médine ; bien plus, on les en dissuade. En effet, les tout premiers prédécesseurs parmi les Muhâjirîn, les Anṣâr et ceux qui les ont suivis avec excellence – les califes bien guidés et d’autres – entraient dans sa mosquée pour les cinq prières et pour d’autres actes ; la tombe, attenante au mur de la mosquée, n’était pas pour eux un lieu où ils allaient ni où ils se tenaient. Ainsi, si le voyage entrepris pour ce qui est légiféré aux habitants de Médine en dehors des mosquées est interdit,
(1) Rapporté par al-Boukhari (nᵒ 1193) et Muslim (nᵒ 1399) d’après le ḥadîth d’Abd Allâh ibn ‘Omar, qu’Allah soit satisfait d’eux deux.
ولا يرد على هذا الاعتكاف؛ فإن المعتكف عنده لا بد أن يصلي، وكذلك من دخله لتعلّم العلم أو تعليمه فإنه يصلي فيه أولا.
والمقصود أن هذه المسألة مذكورة في المختصرات؛ ذكرها أبو القاسم بن الجلاب في
«التفريع»
قال: ومن قال عليّ المشي إلى المدينة أو بيت المقدس فإن أراد الصلاة في مسجديهما لزمه إتيانهما راكبا والصلاة فيهما، وإن لم ينو ذلك فلا شيء عليه.
ولو قال:
لله عليّ المشي إلى مسجد المدينة أو مسجد بيت المقدس لزمه إتيانهما راكبا والصلاة فيهما. وإن نذر السفر إلى مسجد سوى المسجد الحرام أو مسجد المدينة أو مسجد بيت المقدس فإن كان قريبا لا يحتاج إلى راحلة مضى إليه وصلّى فيه، وإن كان بعيدا لا ينال إلا براحلة صلّى في مكانه ولا شيء عليه.
وهذا الفرق الذي ذكره ابن الجلاب في سائر المساجد من القريب والبعيد ذكره قبله محمد بن المواز في الموازية وغيره قال:
أما السفر إلى المدينتين؛ مدينة الرسول صلى الله عليه وسلّم وبيت المقدس لغير الصلاة في المسجدين فإنه لا يستحبّ عند أحد منهم، بل جمهورهم نهوا عنه وحرّموه موافقة لمالك، لنهي النبي صلى الله عليه وسلّم أن تشدّ الرحال إلا إلى ثلاثة مساجد، وقد ذكر ذلك ابن بشير في تنبيهه والقيرواني في تقريبه، وغيرهما من أصحاب مالك.
فهذا نصّ مالك الإمام وأصحابه على أن من نذر إتيان المدينة لغير الصلاة في مسجدها ولو أنه لزيارة أهل البقيع وشهداء أحد وزيارة قبر النبي صلى الله عليه وسلّم فإنه لا يأتيها ولا يوف بنذره،
بل السفر لذلك منهيّ عنه لقوله:
«لا تعمل المطي إلا إلى ثلاثة مساجد»
.
بل السفر إلى ما يظن أنه زيارة لقبر النبي صلى الله عليه وسلّم وليس بزيارة لقبره أولى بالنهي عن السفر لزيارة قبور أهل البقيع وشهداء أحد ومسجد قباء. وهذه الأماكن يستحبّ لأهل المدينة إتيانها وإن لم يقدموا من سفر، اقتداء بالنبي صلى الله عليه وسلّم حيث كان يخرج إلى القبور يدعو لهم، وكان يأتي قباء كل سبت راكبا وماشيا
«١»
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[التفريق بين الغرباء والمقيمين في المدينة في السلام عليه خارج الحجرة]
وأما ما يظنّ أنه زيارة لقبره مثل الوقوف خارج الحجرة للسلام والدعاء؛ فهذا لا يستحبّ لأهل المدينة بل ينهون عنه، لأن السابقين الأولين من المهاجرين والأنصار والذين اتبعوهم بإحسان- الخلفاء الراشدين وغيرهم- كانوا يدخلون إلى مسجده للصلوات الخمس وغير ذلك، والقبر عند جدار المسجد ولم يكونوا يذهبون إليه ولا يقفون عنده، فإذا كان السفر لما شرع لأهل المدينة في غير المساجد منهيا عنه،
(١) أخرجه البخاري (١١٩٣) ومسلم (١٣٩٩) من حديث عبد الله بن عمر رضي الله عنهما.