Quant à la majorité des disciples de Mâlik, ils suivent son avis selon lequel il est interdit de voyager vers tout autre lieu que les trois mosquées ; un tel déplacement n’est pas permis, même lorsqu’on l’a fait vœu, et nul d’entre eux ne le tient pour recommandé.
Le Qâḍî ‘Iyâḍ a dit : « Il n’est pas licite de voyager vers un autre endroit que les trois mosquées, ni pour celui qui a formulé un vœu, ni pour celui qui veut accomplir une œuvre surérogatoire. »
Abû l-Walîd al-Bâjî avait, avant lui, déclaré au sujet du voyage vers la mosquée de Qubâ’ : « C’est un acte défendu. »
Le Qâḍî ‘Abd al-Wahhâb al-Baghdâdî al-Mâlikî écrit dans « al-Furûq » : « Il convient de distinguer deux cas : le vœu de se rendre à pied à la Maison sacrée engage son auteur, alors qu’il n’engage pas lorsqu’il vise Médine ou Bayt al-Maqdis, bien que les trois soient des lieux dont la visite rapproche d’Allah. »
Il ajoute : « La différence est que marcher vers la Maison d’Allah constitue une obéissance obligatoire, alors que, pour Médine et Bayt al-Maqdis, l’obéissance réside uniquement dans la prière accomplie dans leurs deux mosquées ; c’est pourquoi le vœu de marche n’y est pas contraignant, car il ne renferme pas, en soi, d’acte d’obéissance. Ne vois-tu pas que celui qui a fait vœu de prier dans ces deux mosquées est tenu de s’en acquitter, tandis que s’il a simplement promis de se rendre à la mosquée pour un autre motif que la prière, il n’est pas obligé d’y aller ? Il est donc clairement établi que, pour Médine et Bayt al-Maqdis, il n’y a pas d’obéissance dans le fait même de s’y rendre ; l’obéissance se limite à la prière dans leurs deux mosquées. Dès lors, celui qui fait vœu d’aller à la mosquée pour autre chose que la prière n’est pas tenu par son engagement, puisque cet acte n’a pas valeur d’obéissance. »
(Venir à la mosquée du Prophète – qu’Allah prie sur lui et lui accorde la paix – pour la seule raison de la tombe n’est pas un acte d’obéissance.)
Il apparaît donc que quiconque se rend à la mosquée du Messager pour autre chose que la prière n’accomplit pas un acte d’obéissance et n’est pas tenu par son vœu. Il ressort également que voyager vers elle, ou s’y rendre en raison de la tombe, ne constitue pas une obéissance, comme l’ont affirmé Mâlik et l’ensemble de ses disciples.