Il dit : « L’effusion qui parvient à celui qui invoque se déverse de leur côté conformément à ce qu’il demande, sans qu’ils en aient la moindre science ni la moindre intention ; telle est la relation du rayon solaire qui se reflète dans l’eau et, par l’intermédiaire de l’eau, se projette sur le mur, alors même que le soleil n’en a aucune conscience. » Cette conception est défendue par un groupe de pseudo-philosophes se réclamant des religions. Elle est mentionnée par l’auteur de « al-Kutub al-Maḍnūn bi-hā ʿalā ghayri ahlihā » (1) et par d’autres, comme le sujet a été longuement développé ailleurs.
Il est pourtant évident que visiter les tombes avec une telle intention et de cette manière ne relève aucunement de la Sharîʿa de l’Islam ; cela appartient plutôt à la religion des polythéistes et des négateurs (al-muʿaṭṭilîn). Jamais le Messager n’a légiféré cela pour sa communauté ; ses Compagnons ne l’ont pas pratiqué, pas plus que les générations qui les ont suivis dans la bienfaisance, et nul imâm des musulmans ne l’a considéré comme recommandé. Bien au contraire, les textes nombreux et explicites rapportés du Prophète — qu’Allah prie sur lui et lui accorde la paix — interdisent tout ce qui pourrait mener à pareille pratique ; que dire, alors, de l’acte lui-même ! De fait, il — sur lui la paix — a maudit ceux qui prennent les tombes des prophètes pour des mosquées, mettant en garde contre ce qu’ils avaient fait.
Il a dit : « Certes, ceux qui vous ont précédés prenaient les tombes de leurs prophètes et de leurs pieux pour des mosquées ; prenez garde ! Ne transformez donc pas les tombes en mosquées, car je vous l’interdis. » Il a réservé le cas de sa propre tombe et déclaré : « Ne faites pas de ma tombe une fête (ʿîd). » Dans une autre version : « [N’élevez pas] ma demeure au rang d’une fête. » Il a encore dit : « Ô Allah, ne fais pas de ma tombe une idole adorée ; la colère d’Allah s’est durcie contre un peuple qui prit les tombes de ses prophètes pour des mosquées. »
S’il a interdit de convertir un lieu en mosquée — alors même qu’on y adore Allah — de crainte que l’on ne finisse par y invoquer le défunt, que dire lorsque l’objectif explicite de la visite est précisément d’invoquer l’occupant de la tombe ? Tel est d’ailleurs le but recherché lorsqu’on entreprend un voyage vers son tombeau.
Le Très-Haut dit :
« …Il ne vous ordonnerait pas de prendre les anges et les prophètes pour seigneurs. Vous ordonnerait-Il la mécréance après que vous vous soyez soumis ? » (Âl ʿImrân, 80).
Quant au polythéiste, l’objet de son association consiste soit à ce que l’entité qu’il invoque intercède pour lui, soit à se rapprocher d’Allah par son culte, soit encore à l’aimer comme on aime Allah. Les trois formes se retrouvent chez ceux qui commettent le polythéisme autour des tombes.
Allah — exalté soit-Il — dit :
« Ils adorent, en dehors d’Allah, ce qui ne peut ni leur nuire ni leur profiter, en disant : “Ce sont nos intercesseurs auprès d’Allah.” » (Yûnus, 18).
Il dit également :
« Quant à ceux qui prennent, en dehors de Lui, des alliés, [ils disent] : “Nous ne les adorons que pour qu’ils nous rapprochent d’Allah d’un rapprochement rapproché.” » (az-Zumar, 3).
Il dit encore :
« Il est parmi les gens ceux qui prennent, en dehors d’Allah, des égaux : ils les aiment comme on aime Allah ; mais les croyants ont un amour plus intense pour Allah. » (al-Baqarah, 165).
Et Il dit :
« Dis : “Invoquez ceux que vous prétendez [être divinités] en dehors de Lui ; ils ne détiennent pas le pouvoir d’écarter de vous le mal ni de le détourner.” … jusqu’à Sa parole : “… à redouter.” » (al-Isrâ’, 56-57).
Et Sa parole — exalté soit-Il — :
(1) Litt. : « Les livres qu’il est interdit de livrer à qui n’en est pas digne ».}
(1) Al-Mu‘allimī al-Yamanī (qu’Allāh lui fasse miséricorde) a déclaré : «Le Kitāb al-Madnūn bihi est attribué à tort à Ghazālī et ne lui appartient pas.»
Ibn al-Subkī rapporte dans Ṭabaqāt al-Shāfiʿiyya (vol. 4, p. 131) Ibn al-Ṣalāḥ indiquant à propos de ce livre : «On l’attribue à Abū Ḥāmid al-Ghazālī ; Dieu nous en préserve, car ce n’est pas de lui.» Il précise pourquoi il s’agit d’un ouvrage fabriqué : «Le Madnūn affirme l’antériorité de la raison tout en niant que les Anciens possédaient une science des éléments particuliers, et il nie les attributs. Or, quiconque profère l’un ou l’autre de ces points, que ce soit Ghazālī ou l’ensemble des Ahl as-Sunnah, tombe dans l’apostasie.»
Voir aussi Kashf al-Ẓunūn (vol. 2, p. 451, éd. 1311 H.) et le commentaire sur Kitāb al-Tawassul wa-l-Wasīlah de cheikh al-Islām Ibn Taymiyya (p. 80, éd. al-Maktaba al-Salafiyya 1384 H.). Comme cheikh al-Islām ne considère pas que le Madnūn soit de Ghazālī, il n’en cite pas l’auteur ni ici ni dans le Tawassul wa-l-Wasīlah.
Enfin, al-Ṣan‘ānī observe : «Je ne pense pas que ce soit de ses ouvrages ; c’est un faux forgé contre lui.» (Kutub Ḥadhir minhā al-Ulamā’, Mashhūr b. Ḥasan, vol. 1, p. 45 ; voir p. 143).
يقول:
يفيض على الداعي من جهتهم ما يطلب من غير علم منهم ولا قصد، كشعاع الشمس الذي يظهر في الماء، وبواسطة الماء يظهر في الحائط، وإن كانت الشمس لا تدري بذلك. وهذا قول طائفة من المتفلسفة المنتسبين إلى الملل. وقد ذكره صاحب
«الكتب المضنون بها على غير أهلها»
«١»
وغيره، كما بسط الكلام على ذلك في موضع آخر. ومعلوم أن زيارة القبور بهذا القصد وعلى هذا الوجه ليست من شريعة الإسلام، بل من دين المشركين والمعطّلين. والرسول لم يشرع مثل هذا لأمته، ولا فعله أصحابه ولا التابعون لهم بإحسان، ولا استحبّه أحد من أئمة المسلمين، بل النصوص المستفيضة عن النبي صلى الله عليه وسلّم تنهى عما قد يفضي إلى هذا، فكيف إلى هذا؟ فإنه صلى الله عليه وسلّم لعن الذين يتخذون قبور الأنبياء مساجد يحذر ما فعلوا.
وقال:
«إن من كان قبلكم كانوا يتخذون قبور أنبيائهم وصالحيهم مساجد، ألا فلا تتخذوا القبور مساجد، فإني أنهاكم عن ذلك»
وخص بيته بأن قال:
«لا تتخذوا قبري عيدا»
وفي رواية:
«بيتي عيدا»
.
وقال:
«اللهم لا تجعل قبري وثنا يعبد، اشتدّ غضب الله على قوم اتخذوا قبور أنبيائهم مساجد»
.
فإذا كان قد حرّم أن تتخذ مسجدا يعبد الله فيها لئلا يفضي إلى دعائه، فكيف إذا كان المقصود بالزيارة هو دعاء صاحب القبر؟ وذلك هو المقصود بالسفر إلى قبره.
وقد قال تعالى:
وَلا يَأْمُرَكُمْ أَنْ تَتَّخِذُوا الْمَلائِكَةَ وَالنَّبِيِّينَ أَرْباباً أَيَأْمُرُكُمْ بِالْكُفْرِ بَعْدَ إِذْ أَنْتُمْ مُسْلِمُونَ
[آل عمران: ٨٠]
. والمشرك يقصد فيما يشرك به أن يشفع له أو يتقرّب بعبادته إلى الله أو يكون قد أحبه كما يحب الله. والمشركون بالقبور توجد فيهم الأنواع الثلاثة؛
قال الله تعالى:
وَيَعْبُدُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ ما لا يَضُرُّهُمْ وَلا يَنْفَعُهُمْ وَيَقُولُونَ هؤُلاءِ شُفَعاؤُنا عِنْدَ اللَّهِ
[يونس:
١٨] الآية.
وقال تعالى:
وَالَّذِينَ اتَّخَذُوا مِنْ دُونِهِ أَوْلِياءَ ما نَعْبُدُهُمْ إِلَّا لِيُقَرِّبُونا إِلَى اللَّهِ زُلْفى
[الزمر: ٣]
.
وقال تعالى:
وَمِنَ النَّاسِ مَنْ يَتَّخِذُ مِنْ دُونِ اللَّهِ أَنْداداً يُحِبُّونَهُمْ كَحُبِّ اللَّهِ وَالَّذِينَ آمَنُوا أَشَدُّ حُبًّا لِلَّهِ
[البقرة: ١٦٥]
.
وقال تعالى:
قُلِ ادْعُوا الَّذِينَ زَعَمْتُمْ مِنْ دُونِهِ فَلا يَمْلِكُونَ كَشْفَ الضُّرِّ عَنْكُمْ وَلا تَحْوِيلًا إلى قوله: مَحْذُوراً
[الإسراء: ٥٦، ٥٧]
.
وقوله تعالى:
(١) قال المعلمي اليماني- رحمه الله-: «كتاب المضنون به على غير أهله»، منحول للغزالي، وليس له.
ونقل ابن السبكي في «طبقات الشافعية» (٤/ ١٣١) عن ابن الصلاح أنه قال عن كتاب المضنون به:
منسوب إلى أبي حامد الغزالي، ومعاذ الله أن يكون له. وبيّن سبب كونه مختلقا موضوعا عليه، قال:
والأمر كما قال. وقد اشتمل المضنون على التصريح بقدم العالم ونفي علم القديم بالجزئيات، ونفي الصفات. وكل واحد من هذه يكفّر الغزالي قائلها، هو وأهل السنة أجمعون. انتهى. وانظر «كشف الظنون» (٢/ ٤٥١) طبعة سنة ١٣١١. والتعليق على كتاب «التوسل والوسيلة» لشيخ الإسلام ابن تيمية ص ٨٠ طبع المكتبة السلفية سنة ١٣٨٤. ولأن شيخ الإسلام لا يرى أن المضنون للغزالي، لم يسمّ مؤلفه هنا ولا في «التوسل والوسيلة» اه.
قلت: قال الصنعاني: «ولا أظنه من مؤلفاته، وإنما هو مكذوب عليه». «كتب حذر منها العلماء» للبحّاثة مشهور بن حسن- سلّمه الله- (١/ ٤٥) وانظر (١/ ١٤٣) من الكتاب نفسه.