Il ressort de cela que voyager vers Médine ou vers Bayt al-Maqdis pour un autre motif que la prière dans les deux mosquées n’est ni une obéissance, ni une sunna, ni un acte de rapprochement, mais bien une chose prohibée, même lorsqu’on l’a vouée,
conformément à la parole du Prophète — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui :
« Celui qui a voué d’obéir à Allah, qu’il Lui obéisse ; et celui qui a voué de désobéir à Allah, qu’il ne Le désobéisse pas » (1).
Rapporté par al-Bukhârî et d’autres, d’après Mâlik dans le Muwaṭṭaʾ.
Ainsi, quiconque se rend à Bayt al-Maqdis pour une autre pratique que les adorations légiférées dans la mosquée — telle la visite des tombes des prophètes et des vertueux qui s’y trouvent, ou de leurs vestiges — est considéré, selon lui, comme désobéissant ; même s’il l’a voué, il ne lui est pas permis d’acquitter son vœu. Il en va de même pour celui qui voyage vers la tombe d’Ibrâhîm al-Khalîl ou toute autre, et pour celui qui se rend dans la cité du Messager d’Allah — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — uniquement pour la tombe, sans viser les adorations légiférées dans la mosquée : il est pécheur et, s’il l’a voué, il ne doit pas s’en acquitter, qu’il voyage pour la tombe du Prophète, pour les autres tombes et vestiges qui s’y trouvent, pour la mosquée de Qubâ’, ou pour tout autre lieu.
Le qâḍî ʿAbd al-Wahhâb dit dans « al-Furûq » :
« Il est obligatoire de marcher vers la Maison d’Allah, le Sanctuaire, mais il ne l’est pas de marcher vers Médine ni vers Bayt al-Maqdis, bien que tous soient des lieux dont la visite rapproche d’Allah.
La différence entre eux est que le fait de marcher vers la Maison d’Allah est en soi une obéissance, d’où son caractère obligatoire ; tandis que, pour Médine et Bayt al-Maqdis, l’obéissance réside uniquement dans la prière dans leurs deux mosquées. Ainsi, le vœu de marcher jusqu’à elles n’est pas obligatoire, puisqu’il ne comporte aucune obéissance. Ne vois-tu pas que celui qui voue de prier dans leurs deux mosquées y est tenu, alors que, s’il voue simplement de s’y rendre sans prier, il n’y est pas tenu ? »
Or, si son propre imâm interdit le voyage vers la tombe du Prophète — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — sans passer par sa mosquée, et s’il interdit également à celui qui en a fait le vœu d’honorer celui-ci ; et si les mâlikites — en réalité les quatre imâms — ainsi que d’autres s’accordent pour dire qu’un tel vœu ne doit pas être exécuté, Mâlik et la majorité ayant même prohibé qu’on l’accomplisse parce qu’à leurs yeux il s’agit d’un péché, il s’ensuivrait que ce calomniateur devrait considérer Mâlik et ses compagnons comme manifestant ouvertement de l’inimitié à l’égard des prophètes et leur opposant de l’obstination — ainsi que tous les autres imâms et la majorité qui ont interdit de voyager ailleurs que vers les trois mosquées, quand bien même le voyageur aurait pour intention de prier dans une autre mosquée.
Il est pourtant établi que les mosquées sont les lieux les plus aimés d’Allah, comme le confirme le hadith authentique où le Prophète — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — a dit :
« Les endroits les plus aimés d’Allah sont les mosquées, et les plus détestés d’Allah sont les marchés » (2).
Les quatre imâms s’accordent donc à dire que voyager vers une mosquée autre que ces trois-là n’est ni obligatoire par vœu, ni sunna, ni recommandé ; ce n’est ni une obéissance, ni un acte de piété ou de rapprochement, et la majorité d’entre eux soutient même que cela est illicite — alors même qu’il est, conformément à la Sunna du Messager d’Allah — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — et à l’unanimité des savants de sa communauté, préférable d’intentionner les mosquées pour y prier et y invoquer Allah plutôt que de se tourner vers les tombes des prophètes et des vertueux et d’y invoquer Allah ; bien plus, ce dernier acte est prohibé, le Messager d’Allah — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — l’ayant explicitement interdit.
(1) Rapporté par al-Bukhârî (n° 6696, 6700) et par Mâlik dans al-Muwaṭṭaʾ, Livre des serments et des vœux, chapitre «Ce qui est illicite de vœux portant sur une désobéissance à Dieu» (2/27), ainsi que par Abû Dâwûd (n° 3289), at-Tirmidhî (n° 1526), Ibn Mâjah (n° 2126), Ahmad (tome VI, p. 36) et d’autres. Il s’agit d’un ḥadîth transmis par ʿÂ’isha (qu’Allah l’agrée).
(2) Rapporté par Muslim (n° 671) d’après Abû Hurayra, dans la formulation suivante : «Les contrées que Dieu aime le plus sont ses mosquées, et celles qu’Il déteste le plus sont ses marchés.»
فتبيّن بهذا أن السفر إلى المدينة أو بيت المقدس في غير الصلاة في المسجدين ليس طاعة ولا مستحبا ولا قربة، بل هو منهيّ عنه وإن نذره،
لقوله صلى الله عليه وسلّم:
«من نذر أن يطيع الله فليطعه، ومن نذر أن يعصي الله فلا يعصه»
«١»
رواه البخاري وغيره، وهو من حديث مالك في الموطأ. فمن سافر لبيت المقدس لغير العبادة المشروعة في المسجد مثل زيارة ما هنالك من مقابر الأنبياء والصالحين وآثارهم كان عاصيا عنده، ولو نذر ذلك لم يجز له الوفاء بنذره، وكذلك من سافر إلى قبر الخليل أو غيره، وكذلك من سافر إلى مدينة الرسول صلى الله عليه وسلّم لمجرّد القبر لا للعبادة المشروعة في المسجد كان عاصيا، وإن نذر ذلك لم يوف بنذره؛ سواء سافر لأجل قبره أو لأجل ما هنالك من المقابر والآثار أو مسجد قباء، أو غير ذلك.
وقال القاضي عبد الوهاب في
«الفروق»
:
«يلزم المشي إلى بيت الله الحرام ولا يلزم ذلك إلى المدينة ولا بيت المقدس، والكل مواضع يتقرب بإتيانها إلى الله.
والفرق بينهما:
أن المشي إلى بيت الله طاعة فيلزمه، والمدينة وبيت المقدس الطاعة في الصلاة في مسجديهما فقط، فلم يلزم نذر المشي لأنه لا طاعة فيه، ألا ترى أن من نذر الصلاة في مسجديهما لزمه ذلك، ولو نذر أن يأتي المسجد لغير صلاة لم يلزمه».
فإذا كان إمامه ينهى عن السفر إلى قبر النبي صلى الله عليه وسلّم دون إتيان مسجده، ونهى الناذر لذلك أن يوفي بنذره، والمالكية- بل الأئمة الأربعة- وغيرهم متّفقون على أن ذلك لا يوفي بنذره، بل مالك والجمهور نهوا عن الوفاء بنذره لكونه عندهم معصية، فيلزم هذا المفتري أن يكون مالك وأصحابه مجاهرين بالعداوة للأنبياء مظهرين لهم العناد، وكذلك سائر الأئمة والجمهور؛ الذين حرّموا السّفر لغير المساجد الثلاثة، وإن كان المسافر قصده الصلاة في مسجد آخر.
ومعلوم أن المساجد أحبّ البقاع إلى الله،
كما ثبت ذلك في الحديث الصحيح عن النبي صلى الله عليه وسلّم أنه قال:
«أحبّ البقاع إلى الله المساجد، وأبغضها إلى الله الأسواق»
«٢»
.
والأئمة الأربعة متفقون على أن السفر إلى مسجد غير الثلاثة لا يلزم بالنذر، ولا يسنّ، وليس مستحبا، ولا طاعة ولا برّا ولا قربة،
وجمهورهم يقولون:
إنه حرام، مع أن قصد المساجد للصلاة فيها والدعاء أفضل بسنة رسول الله صلى الله عليه وسلّم واتفاق علماء أمته من قصد قبور الأنبياء والصالحين والدعاء عندها، بل هذا محرم نهى عنه رسول الله صلى الله عليه وسلّم
(١) أخرجه البخاري (٦٦٩٦، ٦٧٠٠) ومالك في «الموطأ» - ٢٢ - كتاب الأيمان والنذور، ٢ - باب ما لا يجوز من النذور في معصية الله (٢/ ٢٧) وأبو داود (٣٢٨٩) والترمذي (١٥٢٦) وابن ماجه (٢١٢٦) وأحمد (٦/ ٣٦) وغيرهم. من حديث عائشة رضي الله عنها.
(٢) أخرجه مسلم (٦٧١) من حديث أبي هريرة بلفظ: «أحبّ البلاد إلى الله مساجدها، وأبغض البلاد إلى الله أسواقها».