Et manifester envers eux une obstination constitue l’ultime degré de la mécréance ; il s’ensuivrait donc que quiconque interdit ce voyage serait mécréant. Or la quasi-totalité des imams des musulmans l’ont proscrit, et son propre imam, Mâlik, a clairement énoncé l’interdiction du voyage pour celui qui a voué de se rendre sur la tombe du Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui. Bien que, selon lui, le vœu oblige à accomplir un acte d’obéissance, il n’a pas rendu ce voyage licite du fait même du vœu ; au contraire, il l’a jugé illicite et prohibé lorsqu’on l’interrogea au sujet de celui qui avait voué de venir à la tombe du Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui. Il répondit : « S’il a voulu la mosquée du Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui –, qu’il s’y rende et y accomplisse la prière ; mais si son intention n’était que la tombe, qu’il ne le fasse pas », en se fondant sur le hadith : « On ne prépare les montures que pour trois mosquées. » Son avis, connu par-delà toutes les œuvres de ses disciples, grands ou petits – telles la Mudawwanah d’Ibn al-Qâsim et at-Tafrîʿ d’Ibn al-Jallâb – est que celui qui a fait vœu de se rendre dans la cité prophétique : s’il a l’intention d’y prier dans la mosquée du Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui –, il doit honorer son vœu ; mais s’il vise autre chose, il ne l’acquitte pas. Ainsi, voyager vers Médine n’est, selon lui, recommandé qu’en vue de la prière dans la mosquée. Quant à celui qui s’y rend pour un autre motif – telle la visite de la tombe du Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui –, la visite des tombes des martyrs d’Uḥud, des gens d’al-Baqîʿ ou de la mosquée de Qubâ’ –, ce voyage est, de son point de vue, réprouvé, et le vœu n’est pas à exécuter. Tel est son enseignement pour tout vœu de voyage à Médine autre que la prière dans sa mosquée. La question de la visite spécifique de la tombe relève de cette règle. Le qâḍî Ismâʿîl ibn Isḥâq l’a rapportée de lui de manière expresse, s’en prévalant comme preuve, ce qui atteste que ceci est bien établi chez Mâlik. Dans son ouvrage al-Mabsûṭ, après avoir cité la parole de Muḥammad ibn Maslama : « Celui qui fait vœu de venir à la mosquée de Qubâ’ doit s’y rendre », le qâḍî Ismâʿîl commente : « Cela ne concerne que celui qui est des habitants de Médine ou de ses environs, à qui il n’est pas nécessaire de préparer une monture pour la mosquée de Qubâ’, car “préparer la monture” est un terme désignant le voyage ; et l’on ne voyage qu’envers les trois mosquées, selon ce qui est rapporté du Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui –, que cela découle d’un vœu ou non. » On rapporte encore de Mâlik qu’il fut interrogé sur celui qui avait voué de se rendre à la tombe du Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui ; il répondit : « S’il a voulu la mosquée du Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui –, qu’il s’y rende et y prie ; et s’il n’a voulu que la tombe, qu’il ne le fasse pas, conformément au hadith : “On ne prépare les montures que pour trois mosquées.” » Ceci concorde avec ce qui se trouve dans la Mudawwanah et autres ouvrages. Dans la Mudawwanah – référence première du madhhab mâlikite – il est dit : « Quiconque déclare : “Il m’incombe pour Allah de me rendre à Médine ou à Bayt al-Maqdis, ou d’y aller à pied”, ne se rendra dans l’une ou l’autre qu’après avoir eu l’intention de prier dans leurs deux mosquées, ou après les avoir nommées en disant : “à la mosquée du Messager” ou “à la mosquée d’Iliyâ”. S’il n’a pas l’intention d’y prier, qu’il s’y rende monté sans qu’aucun sacrifice ne lui incombe. Car le fait de les nommer revient à dire : “Il m’incombe d’y prier.” Et si quelqu’un voue de prier dans une autre mosquée parmi celles des grandes cités, qu’il prie là où il se trouve, sans s’y rendre. » Ces questions se trouvent dans les ouvrages majeurs et mineurs ; il y est explicitement affirmé que quiconque fait vœu de marcher ou de se rendre à la ville du Messager – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – ou à Bayt al-Maqdis ne doit s’y rendre que s’il entend y prier dans les deux mosquées.
(1) «Al-Mudawwana» (tome 1, p. 471) ; voir «Bidayat al-Mujtahid» d’Ibn Rushd (tome 1, p. 790), Dâr al-Fikr.
وإظهار العناد لهم غاية في الكفر، فيكون كل من نهى عن هذا السفر كافرا. وقد نهى عن ذلك عامة أئمة المسلمين، وإمامه مالك صرّح بالنهي عن السفر لمن نذر أن يأتي قبر النبي صلى الله عليه وسلّم، مع أن النذر يوجب فعل الطاعة عنده فلم يجعله مع النذر مباحا بل جعله محرما منهيا عنه لما سئل عمّن نذر أن يأتي قبر رسول الله صلى الله عليه وسلّم؟ فقال: إن كان أراد مسجد رسول الله صلى الله عليه وسلّم فليأته وليصلّ، وإن كان إنما أراد القبر فلا يفعل، للحديث الذي جاء: «لا تعمل المطي إلا إلى ثلاثة مساجد» . ومذهبه المعروف في جميع كتب أصحابه الكبار والصغار، كالمدونة لابن القاسم، والتفريع لابن الجلاب؛ أنه من نذر إتيان المدينة النبوية إن كان أراد الصلاة في مسجد النبي صلى الله عليه وسلّم وفّى بنذره، وإن كان أراد غير ذلك لم يوف بنذره. فالسفر إلى المدينة ليس عنده مستحبا إلا للصلاة في المسجد، فأما من سافر إليها لغير ذلك؛ كزيارة قبر الرسول صلى الله عليه وسلم، أو زيارة قبور شهداء أحد، أو أهل البقيع، أو مسجد قباء، فإن هذا السفر عنده منهيّ عنه فلا يوف بنذره، فهذا مذهبه في كل منذور من السفر إلى المدينة سوى الصلاة في مسجده. ومسألة إتيان القبر بخصوصه داخلة في ذلك، وقد ذكرها بخصوصها عنه القاضي إسماعيل بن إسحاق محتجا بذلك على ما ذكره فدل على ثبوت ذلك عنده عن مالك. قال في كتابه «المبسوط» لما ذكر قول محمد بن مسلمة: من نذر أن يأتي مسجد قباء فعليه أن يأتيه، قال القاضي إسماعيل: إنما هذا فيمن كان من أهل المدينة وقربها ممن لا يعمل المطي إلى مسجد قباء، لأن إعمال المطي اسم للسفر، ولا يسافر إلا إلى المساجد الثلاثة على ما جاء عن النبي صلى الله عليه وسلّم، في نذر ولا غيره. وقد روي عن مالك أنه سئل عمن نذر أن يأتي قبر رسول الله صلى الله عليه وسلّم، فقال: إن كان أراد مسجد رسول الله صلى الله عليه وسلّم فليأته وليصلّ فيه، وإن كان إنما أراد القبر فلا يفعل للحديث الذي جاء: «لا تعمل المطي إلا إلى ثلاثة مساجد» . وهذا يوافق ما في المدونة وغيرها من الكتب، ففي «المدونة» «١» وهي الأم في مذهب مالك: «ومن قال: لله عليّ أن آتي المدينة أو بيت المقدس، أو عليّ المشي إلى المدينة أو إلى بيت المقدس؛ فلا يأتهما حتى ينوي الصلاة في مسجديهما أو يسميهما فيقول: إلى مسجد الرسول أو مسجد إيليا، وإن لم ينو الصلاة فيهما فليأتهما راكبا ولا هدي عليه، وكأنه لما سماهما قال لله عليّ أن أصلي فيهما، ولو نذر الصلاة في غيرهما من مساجد الأمصار صلى في موضعه ولم يأته» . وهذه المسائل في الكتب الصغار والكبار، وقد صرّح فيها أن من نذر المشي أو الإتيان إلى مدينة الرسول صلى الله عليه وسلّم أو بيت المقدس فلا يأتهما إلا أن يريد الصلاة في المسجدين.
(١) «المدونة» (١/ ٤٧١) وانظر «بداية المجتهد» لابن رشد (١/ ٧٩٠) - دار الفكر-.