Al-Ḥasan ibn ʿAlî ibn Abî Tâlib vit un homme qui se rendait à plusieurs reprises à la tombe du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — et lui dit :
« Le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit : “Ne faites pas de ma tombe une fête ; invoquez la bénédiction sur moi où que vous soyez, car votre prière me parvient.” Vous, comme ceux qui se trouvent en Andalousie, n’êtes pas plus proches de lui que d’autres. »
Il est rapporté dans les deux Ṣaḥîḥ que le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui —, durant la maladie qui précéda sa mort, déclara :
« Qu’Allah maudisse les Juifs et les Chrétiens ; ils ont pris les tombes de leurs prophètes pour lieux de prière »,
afin de mettre les hommes en garde contre ce qu’ils avaient fait. ʿÂʾisha ajouta :
« Sans cette mise en garde, sa tombe aurait été laissée à découvert, mais il détestait qu’on en fasse une mosquée »(1).
C’est pourquoi ils l’ensevelirent dans la chambre de ʿÂʾisha, contrairement à leur coutume d’enterrer au désert, afin que personne ne prie auprès de sa tombe, n’en fasse une mosquée et ne transforme ainsi son tombeau en idole.
Tant que la chambre prophétique resta séparée de la mosquée — jusqu’à l’époque d’al-Walîd ibn ʿAbd al-Malik —, ni Compagnons ni Successeurs n’y entraient, que ce fût pour y prier, se frotter à la tombe ou y formuler une invocation ; tout cela, ils le faisaient à l’intérieur même de la mosquée.
Lorsque les pieux prédécesseurs — Compagnons et Successeurs — saluaient le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — et désiraient ensuite invoquer, ils se tournaient vers la qibla ; jamais ils ne faisaient face à la tombe.
Pour ce qui est de la position de celui qui adresse la salutation, Abû Ḥanîfa dit : qu’il se tourne vers la qibla également et non vers la tombe. La plupart des imams soutiennent, eux, qu’il se tourne vers la tombe pour la seule salutation. Aucun imam n’a prescrit de faire face à la tombe lors de l’invocation — c’est-à-dire l’invocation que l’on formule pour soi-même —, hormis un récit apocryphe attribué à Mâlik, dont la doctrine va, en réalité, à l’encontre.
Les imams s’accordent tous à dire qu’on ne touche pas la tombe du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — et qu’on ne l’embrasse pas ; tout cela vise à préserver le tawḥîd(2). Car parmi les fondements mêmes du polythéisme figure le fait de transformer les tombes en mosquées, comme l’ont affirmé nombre de prédécesseurs