D’après Mālik, d’après Nāfiʿ, d’après Ibn ʿUmar, le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit :
« Quiconque accomplit le pèlerinage sans me visiter m’a témoigné de la rudesse. »
Ibn ʿAdiyy déclare : « Personne ne l’a rapporté de Mālik si ce n’est ce narrateur ; or il est établi qu’il ne s’agit pas d’un ḥadīth de Mālik ; le défaut émane donc de lui. »
Mūsā ibn Hārūn dit : « Ce Nuʿmān était suspect. »
Abū Ḥātim Ibn Ḥibbān ajoute : « Il rapporte, de transmetteurs fiables, des aberrations gravissimes. »
Ad-Dāraquṭnī précise : « La critique de ce ḥadīth vise Muḥammad ibn Muḥammad, non pas Nuʿmān. »
Quant à l’autre ḥadīth :
« Celui qui me visite, ainsi que mon père [Ibrāhīm], au cours d’une même année, je lui garantis auprès d’Allah le Paradis »,
il ne se trouve dans aucun ouvrage, ni avec une chaîne forgée ni autrement. On a même affirmé que l’on n’en entendit parler qu’après la conquête de Bayt al-Maqdis par les musulmans, à l’époque de Ṣalāḥ ad-Dīn. C’est pourquoi aucun savant n’a mentionné ni ce ḥadīth ni le précédent, ni pour fonder une croyance, ni pour s’y appuyer.
Il en va autrement du ḥadīth cité plus haut ; plusieurs l’ont mentionné et transmis. On le connaît par la voie de Ḥafṣ ibn Sulaymān al-Ghāḍirī, le récitateur, disciple de ʿĀṣim, d’après Layth ibn Abī Sulaym, d’après Mujāhid, d’après Ibn ʿUmar, lequel rapporte que le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — a dit :
« Quiconque accomplit le ḥajj puis visite ma tombe après ma mort, c’est comme s’il m’avait visité de mon vivant. »(1)
Or, les spécialistes du ḥadīth sont unanimes à mettre en cause ce ḥadīth transmis par Ḥafṣ, sans toutefois critiquer sa récitation [coranique].
Al-Bayhaqī rapporte, dans « Shuʿab al-Īmān »(2), que Ḥafṣ ibn Abī Dāwūd — faible — a narré, d’après Layth ibn Abī Sulaym, d’après Mujāhid, d’après Ibn ʿUmar, que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a dit :
« Quiconque accomplit le ḥajj puis visite ma tombe après ma mort, c’est comme s’il m’avait visité de mon vivant. »
Yaḥyā ibn Maʿīn dit au sujet de ce Ḥafṣ : « Il n’est pas digne de confiance. Sa lecture est toutefois plus exacte que celle d’Abū Bakr ibn ʿAyyāsh, tandis qu’Abū Bakr est plus fiable que lui. »
Dans une autre formulation, il précise : « Ḥafṣ lisait mieux qu’Abū Bakr, mais Abū Bakr était véridique, alors que Ḥafṣ était menteur. »
Al-Bukhārī dit : « On l’a abandonné. »
Muslim ibn al-Ḥajjāj : « Abandonné. »
ʿAlī ibn al-Madīnī : « Faible en ḥadīth ; je l’ai écarté délibérément. »
An-Nasāʾī : « Pas digne de confiance, et l’on n’écrit pas ses ḥadīths ; » et ailleurs : « Abandonné. »
Ṣāliḥ ibn Muḥammad al-Baghdādī : « On n’écrit pas ses ḥadīths ; tous ses récits sont réprouvés. »
Abū Zurʿa : « Faible en ḥadīth. »
Abū Ḥātim ar-Rāzī : « On n’écrit pas ses ḥadīths ; il est faible, non crédible, abandonné. »
ʿAbd ar-Raḥmān ibn Kharrāsh : « C’est un menteur abandonné, qui forge le ḥadīth. »
Al-Ḥākim Abū Aḥmad : « Ses ḥadīths sont sans valeur. »
Ibn ʿAdiyy : « La plupart des ḥadīths qu’il rapporte de ses maîtres ne sont pas préservés. »