En effet, puisqu’il lui est de toute façon indispensable d’atteindre la Mosquée et, par conséquent, d’y accomplir la prière, il ne lui reste qu’à se proposer cette intention au début même du voyage. S’il ne la formule pas, c’est qu’il ignore que cette démarche est une sunna recommandée, comme on le constate chez nombre d’ignorants qui s’imaginent que la prescription ne concerne que le voyage vers la tombe, et que le déplacement vers la Mosquée n’en est qu’un simple appendice. Or, lorsque l’ignorant est instruit de la Sunna – reconnue de tous les savants de sa communauté – puis, après que la voie de la guidée lui est devenue évidente, se met à contester le Messager et à suivre une voie autre que celle des croyants, Allah l’abandonne à ce qu’il aura choisi, le fera entrer en Géhenne ; quel détestable lieu de retour ! Si l’on ne connaît pas un seul imam, parmi les gens d’ijtihâd, ayant dit qu’il est recommandé de voyager pour la seule tombe, à l’exclusion de la Mosquée – alors même que le voyageur sait qu’il aboutira nécessairement à la Mosquée et que son voyage est légiféré – et que, malgré tout, il ne vise pas celle-ci tout en considérant son voyage comme recommandé, il est certain qu’aucun savant n’a tenu pareille parole. Faute de preuve, le consensus susmentionné demeure donc intact. Et quand bien même on supposerait qu’il existerait là une « troisième opinion », il ne s’agirait que d’un avis obscur émis par quelque tardif, qui n’est pas parvenu au répondant ; or celui-ci a rapporté le consensus des savants dont les propos sont connus au sujet de ce hadith et de cette question, exposé plus amplement ailleurs. Le propos, ici, est de montrer que ce qu’on a attribué au répondant – à savoir qu’il interdit la visite des tombes des Prophètes ou des tombes en général – est un mensonge manifeste à son encontre : rien de tel ne se trouve dans sa réponse, laquelle ne traite que du voyage. Les paroles du répondant – innombrables, qu’Allah Seul saurait dénombrer – démontrent la fausseté de cette transmission : il y déclare que la visite des tombes des croyants, et a fortiori celle des vertueux et des Prophètes, est recommandée. Mieux : concernant même le voyage, au sujet duquel il a cité deux avis, il n’a pas affirmé privilégier l’un d’eux ; il s’est borné à exposer l’argumentation des uns et des autres. Comment, dès lors, pourrait-on lui attribuer qu’il a prohibé la visite des tombes des Prophètes, des vertueux et de toutes les tombes, et qu’il aurait prétendu qu’il s’agirait là d’un péché unanimement illicite ? Quiconque a ouvert un tant soit peu les ouvrages de science sait que les savants y ont autorisé – voire recommandé – la visite des tombes par les hommes, et évoqué la divergence quant à la visite par les femmes. Ces textes figurent dans les ouvrages, petits et grands ; le répondant les a lus et on les lui a lus d’innombrables fois – Allah Seul pourrait en faire le compte. Ce n’est pas une chose qui échappe aux simples étudiants assistant à ses cours. Comment donc pourrait-il rapporter un consensus des musulmans selon lequel la visite des tombes des Prophètes et des autres tombes serait une transgression interdite ? Si ce juge possédait ne fût-ce qu’un minimum de raison et qu’un étudiant isolé lui avait prêté pareille affirmation, il ne l’aurait pas crue et aurait demandé : « Existe-t-il, en Islam, quelqu’un revendiquant la moindre part de science qui dise que la visite des tombes est un péché unanimement prohibé ? Quelqu’un prétend-il qu’il existe un consensus interdisant absolument la visite des tombes ? » Ce que l’on sait inexistant chez l’ensemble des musulmans est a fortiori impossible à attribuer au répondant. Il lui incombait donc de démentir celui qui colportait ces propos, à plus forte raison de ne pas les relayer lui-même, alors qu’il avait vu une réponse que les gens ont lue et dont ils savent qu’elle ne contient rien de tel ; elle ne traite que de la divergence relative au voyage vers les tombes. Or voyager vers elles est une question, alors que les visiter sans voyager en est une autre. S’agissant de la tombe du Prophète – paix et bénédictions sur lui –, le voyage entrepris pour la visiter n’est autre que le voyage vers sa Mosquée ; et le voyage vers sa Mosquée
أصلا، فإنه إذا كان لا بد له من الوصول إلى المسجد ومن ثم الصلاة فيه لم يبق إلا أنه يقصد ذلك في ابتداء السفر. فإذا لم يقصده فإنه يكون جاهلا بأن ذلك مستحب مشروع كما يوجد عليه كثير من الجهّال يظنّون أن المشروع إنما هو السفر إلى القبر والسفر إلى المسجد تبع للقبر، فإذا عرّف الجاهل بسنته المعلومة عند جميع علماء أمته ثم من بعد ذلك يشاقّ الرسول من بعد ما تبين له الهدى ويتّبع غير سبيل المؤمنين؛ فإن الله يولّيه وما تولى ويصليه جهنم وساءت مصيرا. فإذا لم يعرف أن إماما من أهل الاجتهاد قال: إنه يستحبّ السفر إلى مجرد القبر دون المسجد وإن كان المسافر يعلم أنه إنما يصل إلى المسجد وإن سفره مشروع، ثم لا يقصد ذلك فيكون سفره مشروعا مستحبا، هذا مما يقطع بأنه لا يقوله عالم. فإذا لم يثبت ذلك سلم الإجماع المذكور، وإن قدر أن هذا قول ثالث كان ذلك قولا خفيا قاله بعض المتأخرين لم يبلغ المجيب، والمجيب ذكر إجماع العلماء الذين عرفت أقوالهم في هذا الحديث وفي هذه المسألة، وهذا مبسوط في مكان آخر. والمقصود هنا أن ما حكاه عن المجيب أنه يحرم زيارة قبور الأنبياء وزيارة القبور كذب بيّن على المجيب ليس في الجواب، وإنما فيه السفر خاصة. وكلام المجيب فيما لا يحصيه إلا الله يبين كذب النقل وأنه يستحب زيارة قبور المؤمنين عموما فضلا عن الصالحين والأنبياء، بل نفس السفر الذي ذكر فيه القولين، لم يذكر أنه يختار أحد القولين بل ذكر حجة هؤلاء وهؤلاء، فكيف يجوز أن يحكي عنه أنه حرم زيارة قبور الأنبياء والصالحين وسائر القبور، وأنه ادّعى أن ذلك معصية محرمة مجمع عليها؟ من المعلوم لكلّ من قرأ شيئا من العلم ما في كتب العلماء من إباحة زيارة القبور للرجال أو استحباب ذلك، وذكر النزاع في زيارتها للنساء. هذا موجود في الكتب الصغار والكبار، وقد قرأه المجيب وقرئ عليه مرات لا يحصيها إلا الله، وليس هذا مما يخفى على آحاد الطلبة الذين يحضرون عنده. فكيف يحكي إجماع المسلمين على أن زيارة قبور الأنبياء وسائر القبور معصية محرمة؟ ولو كان لهذا القاضي نوع عقل وحكي له ذلك عن آحاد الطلبة لم يصدقه وقال: هل في الإسلام من ينتسب إلى أدنى علم يقول: إن زيارة القبور معصية محرمة مجمع عليها؟ فهل في الإسلام شخص يحكي الإجماع على تحريم زيارة القبور مطلقا؟ وإذا كان هذا ما يعلم انتفاؤه عن جميع المسلمين كان انتفاؤه عن المجيب أولى؛ فكان الواجب عليه أن يكذّب ناقل ذلك فضلا عن أن يكون هو الناقل عن جواب قد رآه الناس وعلموا أنه ليس فيه ذلك، وإنما فيه ذكر الخلاف في السفر إليها، والسفر إليها مسألة وزيارتها بلا سفر مسألة. وأما قبر النبيّ صلى الله عليه وسلّم فالسفر إلى زيارته هو السفر إلى مسجده، والسفر إلى مسجده