Celui qui ordonne le polythéisme et s’en satisfait est un ennemi d’Allah ; or quiconque Se montre hostile à Allah s’oppose forcément à Ses prophètes et à Ses alliés.
Quant à celui qui prescrit ce qu’ont apporté les messagers, il ne leur voue ni inimitié ni opposition.
Allah ‑ Très-Haut ‑ a dit :
« Dis : Ô vous les mécréants ! »
(Al-Kāfirūn : 1) jusqu’à la fin de la sourate.
Ici se trouve une question qui peut sembler épineuse. En effet, le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit dans un ḥadith authentique :
« La parole la plus véridique qu’un poète ait jamais prononcée est celle de Labīd :
“N’est-il pas vrai que toute chose, hors Allah, est vaine.” » (1)
Ceci est semblable à la Parole d’Allah : « C’est parce qu’Allah est la Vérité, et que tout ce qu’ils invoquent en dehors de Lui est le faux. » (Al-Ḥajj : 62).
Le terme « bâṭil » (vain) désigne ce qui ne profite pas ; toute réalité autre qu’Allah, son adoration ne procure aucun bénéfice, comme il est dit dans l’athar :
« Je témoigne que toute divinité adorée depuis Ton Trône jusqu’au tréfonds de Ta terre est vaine, hormis Ton Visage auguste. »
Cela inclut tout ce qui est adoré en dehors d’Allah, qu’il s’agisse d’anges ou de prophètes. Or ceux-ci ont déjà reçu la plus belle promesse de la part d’Allah ; comment pourraient-ils donc être inclus dans le terme « bâṭil » ?
De même, Allah dit : « Tel est Allah, votre Seigneur, le Vrai. Qu’y a-t-il donc, après la Vérité, sinon l’égarement ? » (Yūnus : 32).
On répond que l’adoration qui leur est vouée et les œuvres accomplies pour eux sont vaines. Il arrive aussi qu’on qualifie une chose de « néant » lorsqu’elle est dépourvue de l’objectif recherché ; elle n’est alors, en ce sens, « rien ».
Ainsi, lorsqu’on interrogea le Prophète — paix et bénédictions sur lui — au sujet des devins, il dit :
« Ils ne sont rien. »
On lui objecta : « Pourtant, ils rapportent parfois une chose qui se réalise. » Il expliqua : « Cela vient des djinns : ils subtilisent une parole véridique et y ajoutent cent mensonges. » (2)
Ainsi, « ils ne sont rien », c’est-à-dire qu’aucun profit n’est tiré d’eux dans ce qu’on attend d’eux : l’information sur l’invisible. Ils mentent tant qu’on ignore si leurs dires sont véridiques ou mensongers, tout en demeurant des êtres qui s’égarent et égarent.
L’expression « ils ne sont rien » s’apparente donc à la parole : « N’est-il pas vrai que toute chose, hors Allah, est vaine », et au verset : « C’est parce qu’Allah est la Vérité, et que tout ce qu’ils invoquent en dehors de Lui est le faux. » (Al-Ḥajj : 62).
Du point de vue où l’objet est adoré, il est vain : il ne procure aucun avantage et l’adorateur n’obtient pas le but de l’adoration. Sous un autre aspect, il peut s’agir du soleil ou de la lune, dont on tire lumière et clarté, et qui se prosternent devant Allah et Le glorifient.
De la même manière, lorsqu’on nie aux anges et aux prophètes la qualité de divinités adorées, il devient évident que les adorer est un acte vain et inutile ; cela n’enlève rien à la vénération et à l’honneur qui leur sont dus, ni à leur rang élevé auprès d’Allah — Très-Haut. On se désavoue de leur adoration et du fait de les ériger en divinités, non pas de leur affection et de la foi qu’on place en eux.
Ainsi disent-ils : « Nous nous désavouons de vous et de tout ce que vous adorez en dehors d’Allah » (Al-Mumtaḥanah : 4) — c’est-à-dire de leur adoration et du fait qu’ils soient considérés comme divinités.
De même, l’Ami intime (Ibrâhîm) — sur lui la paix — a déclaré : « Ô mon peuple ! Je me désavoue de ce que vous associez (à Allah) » (Al-Anʿām : 78). Il se dissocie ainsi de tout associé qu’on attribue à Allah en tant que rival et égal, et il ne se désavoue pas de
(1) Rapporté par al-Bukhârî (3841, 6147, 6489) et Muslim (2256).
(2) Rapporté par al-Bukhârî (5762) et Muslim (2288) d’après ’Aïcha (qu’Allâh soit satisfait d’elle).
والآمر بالشرك والراضي به، معاد لله، ومن عادى الله فقد عادى أنبياءه وأولياءه.
وأما من أمر بما جاءت به الرسل، فلم يعادهم ولم يعاندهم.
قال الله تعالى:
قُلْ يا أَيُّهَا الْكافِرُونَ
[الكافرون: ١]
إلى آخر السورة.
وهنا موضع يشكل وذلك أنه قال عليه السلام في الحديث الصحيح:
«أصدق كلمة قد قالها شاعر كلمة لبيد:
ألا كل شيء ما خلا الله باطل»
«١»
وذلك مثل قوله: ذلِكَ بِأَنَّ اللَّهَ هُوَ الْحَقُّ وَأَنَّ ما يَدْعُونَ مِنْ دُونِهِ هُوَ الْباطِلُ
[الحج: ٦٢]
. فالمراد بالباطل؛ ما لا ينفع، وكل ما سوى الله لا تنفع عبادته،
كما في الأثر:
«أشهد أن كل معبود من لدن عرشك إلى قرار أرضك باطل إلا وجهك الكريم»
فإن هذا يدخل فيه كل ما عبد من دون الله من الملائكة والأنبياء، وهؤلاء قد سبقت لهم من الله الحسنى، فكيف يدخلون في الباطل؟
وكذلك قوله:
فَذلِكُمُ اللَّهُ رَبُّكُمُ الْحَقُّ فَماذا بَعْدَ الْحَقِّ إِلَّا الضَّلالُ
[يونس: ٣٢]
؟
فيقال:
إن المراد عبادتهم والعمل لهم باطل، وقد يقال عن الشيء إنه لا شيء لانتفاء المقصود منه ليس بشيء، وكما قال عليه السلام عن الكهان لما سئل عنهم،
فقال:
«ليسوا بشيء»
.
فقالوا:
إنهم يحدّثون بالشيء فيكون حقا،
فذكر:
«أن ذلك من الجن تخطف الكلمة من الحقّ ويزيدون فيها من الكذب مائة كذبة»
«٢»
. فهم ليسوا بشيء؛
أي:
لا ينتفع بهم فيما يقصد منهم، وهو الاستخبار عن الأمور الغائبة، لأنهم يكذبون كثيرا، فلا يدرى ما قالوه أهو صدق أم كذب، وهم مع ذلك موجودون يضلّون ويضلّون.
فقوله:
«ليس بشيء»
مثل قوله: ألا كل شيء ما خلا الله باطل،
وقوله:
ذلِكَ بِأَنَّ اللَّهَ هُوَ الْحَقُّ وَأَنَّ ما يَدْعُونَ مِنْ دُونِهِ هُوَ الْباطِلُ
[الحج: ٦٢]
فهو من جهة كونه معبودا باطل لا ينتفع به، ولا يحصل لعابده مقصود العبادة، وإن كان من جهة أخرى هو شمس وقمر ينتفع بضيائه ونوره، وهو يسجد لله ويسبّحه. وكذلك الملائكة والأنبياء إذا نفي عنهم كونهم آلهة معبودين تبيّن أن عبادتهم عمل باطل لا ينتفع به لم ينف ذلك ما يستحقونه من الإجلال والإكرام، وعلوّ قدرهم عند الله تعالى، والتبرّي من عبادتهم، وكونهم معبودين، لا من موالاتهم والإيمان بهم،
وقولهم:
إِنَّا بُرَآؤُا مِنْكُمْ وَمِمَّا تَعْبُدُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ
[الممتحنة: ٤]
أي: ومن عبادتهم ومن كونهم معبودين،
كما قال الخليل عليه السلام:
يا قَوْمِ إِنِّي بَرِيءٌ مِمَّا تُشْرِكُونَ
[الأنعام: ٧٨]
فهو بريء من كل شريك لله من جهة كونه جعل شريكا وندا لله، ولم يبرأ منه من
(١) أخرجه البخاري (٣٨٤١، ٦١٤٧، ٦٤٨٩) ومسلم (٢٢٥٦).
(٢) أخرجه البخاري (٥٧٦٢) ومسلم (٢٢٢٨) من حديث عائشة رضي الله عنها.