de ce qu’ils ont rapporté de la part d’Allah, à leur obéir dans ce qu’ils ont ordonné, à les suivre, les aimer et les soutenir, et non pas à démentir ce qu’ils ont apporté, à leur vouer quelque association ou à tomber dans l’exagération à leur sujet ; un tel comportement constitue au contraire une mécréance envers eux, une atteinte portée contre eux et une hostilité à leur égard. [Celui qui se propose de voyager jusqu’à Médine doit se proposer le voyage vers la mosquée] Il en découle que quiconque projette de se rendre à Médine doit en avoir pour intention le voyage vers la mosquée et la prière qui y est accomplie, tout comme on voyage vers la Mosquée sacrée et la mosquée al-Aqṣâ. Si, en revanche, il entreprend le voyage pour le tombeau sans viser la mosquée, tenant celle-ci pour un simple lieu où l’on ne se rend qu’en raison du tombeau, et s’imaginant que le voyage à la mosquée est subordonné au tombeau – à l’instar de ceux qui voyagent vers les sépultures d’autres justes et prient dans les mosquées attenantes –, celui qui assimile ainsi le voyage à la mosquée et au tombeau du Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — au voyage vers ces tombes jouxtant leurs mosquées s’oppose au consensus des musulmans, sort de la loi du Maître des messagers et de ce qu’il a institué pour sa noble communauté, contrairement à celui qui vise la mosquée. Par ailleurs, sur le plan pratique, nul ne saurait accomplir auprès de son tombeau ni sunna ni innovation ; tout se fait à l’intérieur de la mosquée : quiconque y accomplit une sunna en est loué et rétribué, et quiconque y commet une innovation est blâmé et réprimandé. Dans les deux Ṣaḥīḥ, il est rapporté de lui qu’il a dit : « Médine est un sanctuaire entre ʿAyr et Thawr ; quiconque y introduit une innovation ou donne asile à un innovateur, qu’Allah, les anges et l’ensemble des hommes le maudissent ; Allah n’acceptera de lui ni changement ni compensation. » (1) Allah, Exalté soit-Il, a distingué la tombe de Son Messager de toute autre tombe : ils l’ensevelirent dans la chambre sans mettre la tombe en évidence, comme ils le faisaient pour leurs propres sépultures, par crainte qu’elle ne devînt un lieu de prière ; ils empêchèrent ensuite les gens de la visiter comme on visite les tombes, ne permettant à personne de pénétrer jusqu’à elle ; ils murèrent enfin la porte de la chambre et élevèrent un second mur autour d’elle, si bien que nul ne fut plus à même de la visiter comme on visite les autres tombes. C’est pourquoi il n’est rapporté d’aucun Compagnon qu’il ait employé à son propos cette expression en disant : « Il est recommandé de visiter sa tombe » ou « Il n’est pas recommandé de la visiter », ni qu’il ait rattaché à ce terme le moindre jugement légal. Certains savants, parmi ceux qui l’ont abordé, ont même réprouvé l’usage de ce vocable, qui n’est qu’un nom sans référent, un mot sans réalité ; il n’a été employé que par des auteurs tardifs. De surcroît, ils n’entendaient pas par là la visite des tombes au sens usuel, car il est notoire que celui qui se rend en ces lieux n’atteint en réalité que sa mosquée : aucune visite n’est pratiquée ailleurs que dans sa mosquée. Quand bien même on imaginerait qu’une personne s’arrête en chemin, du côté de l’Orient, et fasse ce qu’elle ferait, il n’y aurait là aucune sunna reconnue par quelque savant que ce soit. Puisque, de toute façon, le visiteur doit entrer dans la mosquée, c’est la mosquée elle-même qu’il est légitime de fréquenter, que le tombeau s’y trouve ou non ; toute adoration prescrite qui y est accomplie demeure prescrite, que le tombeau soit présent ou absent, qu’elle se rattache au Messager — telle la prière et le salut sur lui, la demande à Allah de lui accorder la Voie la plus élevée (al-wasīla), les éloges, l’amour, la vénération, le respect et autres droits qui lui sont dus — ou qu’elle ne se rattache pas directement à lui, comme la prière en général ou la retraite spirituelle (iʿtikāf), tout cela impliquant toutefois nécessairement de mentionner
(1) Rapporté par al-Bukhari (n° 1870) et Muslim (n° 1370).
به عن الله، وطاعتهم فيما أمروا به، ومتابعتهم ومحبتهم وموالاتهم، لا التكذيب بما أرسلوا به، والإشراك بهم والغلوّ فيهم، بل هذا كفر بهم وطعن فيهم ومعاداة لهم. [من قصد السفر إلى المدينة فليقصد السفر إلى المسجد] والمقصود أن كل من قصد السفر إلى المدينة فعليه أن يقصد السفر إلى المسجد والصلاة فيه، كما إذا سافر إلى المسجد الحرام والمسجد الأقصى، وإذا قصد السفر إلى القبر دون المسجد وجعل المسجد لا يسافر إليه إلا لأجل القبر، واعتقد أن السفر إليه تبع للقبر كما يسافر إلى قبور سائر الصالحين ويصلي في مساجد هناك، فمن جعل السفر إلى مسجد الرسول صلى الله عليه وسلّم وقبره كالسفر إلى قبور هؤلاء المساجد التي عندهم، فقد خالف إجماع المسلمين وخرج عن شريعة سيد المرسلين، وما سنه لأمته الغرّ الميامين، بخلاف الذي قصد المسجد. وإلا فمن جهة العمل لا يمكن أحدا أن يفعل عند قبره لا سنة ولا بدعة، إنما يفعل ذلك في المسجد، فمن فعل فيه سنة حمد عليها وأجر عليها، ومن فعل فيه بدعة ذمّ ونهي عنها، ففي الصحيحين عنه أنه قال: «المدينة حرم ما بين عير إلى ثور، من أحدث فيها حدثا أو آوى محدثا فعليه لعنة الله والملائكة والناس أجمعين، لا يقبل الله منه صرفا ولا عدلا» «١» . والله سبحانه قد فرق بين قبر رسوله وقبر غيره، فإنهم دفنوه بالحجرة لم يبرزوا قبره كما كانوا يبرزون قبورهم خوفا أن يتخذ مسجدا، ثم إنهم منعوا الناس من زيارته كما يزورون القبور، فلم يكونوا يمكنون الناس من الدخول إلى قبره لزيارته، ثم إنهم سدوا باب الحجرة وبنوا عليها حائطا آخر، فلم يبق أحد متمكنا من زيارته كما تزار القبور. ولهذا لم يعرف عن أحد من الصحابة أنه تكلم بهذا الاسم في حقه، فقال: تستحبّ زيارة قبره أو لا تستحب أو نحو ذلك، ولا علق بهذا الاسم حكما شرعيا. وقد كره من كره من العلماء التكلم به، وذلك اسم لا مسمى له ولفظ لا حقيقة له، وإنما تكلّم به من تكلّم من المتأخرين، ومع هذا فلم يريدوا به ما هو المعروف من زيارة القبور، فإنه معلوم أن الذاهب إلى هناك إنما يصل إلى مسجده، ليس هناك زيارة تفعل في غير مسجده، ولو قدّر أنه وقف في الطريق من جهة المشرق وفعل ما فعل لم يكن هناك سنة عند أحد من العلماء، وإذا كان لا بدّ للزائر من المسجد فالمسجد نفسه يشرع إتيانه سواء كان القبر هناك أو لم يكن، وكل ما يشرع فيه من العبادات فإنه مشروع سواء كان القبر هناك أو لم يكن، وسواء تعلق بالرسول كالصلاة والسلام عليه وسؤال الله له الوسيلة والثناء عليه والمحبة والتعظيم والتوقير وغير ذلك من حقوقه صلى الله عليه وسلّم، أو لم يتعلق بالرسول كالصلاة والاعتكاف، مع أنه لا بد في ذلك من ذكر
(١) أخرجه البخاري (١٨٧٠) ومسلم (١٣٧٠).