Allah, Exalté soit-Il, a dit : « Les croyants ne sont que ceux dont les cœurs frémissent lorsqu’Allah est mentionné ; lorsque Ses versets leur sont récités, cela accroît leur foi, et ils placent leur confiance en leur Seigneur. » (al-Anfâl, 2). Ainsi, lorsque quelqu’un déclare : « Il n’est permis de se confier (tawakkul) qu’à Allah seul, d’adorer (ʿibâdah) qu’Allah seul, et de ne craindre ni redouter qu’Allah seul, ni les anges, ni les prophètes, ni quiconque d’autre », cette parole réalise le tawḥîd. Elle ne constitue en rien une insulte, un dénigrement ou un défaut attribués aux créatures évoquées, même si elle manifeste la distance qui sépare leur rang de la seigneurie divine ; car l’infériorité de la créature par rapport au Créateur est inhérente à tout être créé, et il est impossible qu’une créature soit l’égale du Créateur. Les anges comme les prophètes sont tous des serviteurs d’Allah qui L’adorent, comme Il – Très-haut – a dit : « Le Messie ne dédaignera jamais d’être un serviteur d’Allah, pas plus que les anges rapprochés. » (an-Nisâ’, 172), et : « Ils ont dit : “Le Tout Miséricordieux S’est donné un enfant.” Gloire à Lui ! Ce ne sont que des serviteurs honorés (…) C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes. » (al-Anbiyâ’, 26-29). Partant, lorsqu’on nie à un ange, à un prophète ou à toute autre créature ce qui relève des prérogatives exclusives de la seigneurie, et qu’on affirme qu’il est serviteur d’Allah, on énonce une vérité qu’il est obligatoire d’admettre ; reconnaître cette vérité équivaut même à louer la créature. S’y opposer constitue un péché, voire du polythéisme. C’est pour cela que le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit, dans le ḥadîth authentique rapporté par Ibn ʿUmar : « Ne me louez pas outre mesure comme les chrétiens ont loué Jésus fils de Marie ; je ne suis, en vérité, qu’un serviteur d’Allah. Dites donc : “le serviteur d’Allah et Son Messager”. »(1) Allah – Exalté soit-Il – l’a qualifié de « serviteur » lorsqu’Il l’a envoyé, lorsqu’Il a lancé le défi (du Coran) et lorsqu’Il l’a fait voyager de nuit, disant : « Et lorsque le serviteur d’Allah se leva… » (al-Jinn, 19), « Si vous êtes dans le doute au sujet de ce que Nous avons révélé à Notre serviteur… » (al-Baqarah, 23), « Gloire à Celui qui, de nuit, fit voyager Son serviteur… » (al-Isrâ’, 1). Les gens de fausseté prétendent toutefois que celui qui les décrit comme « serviteurs » les a injuriés ou rabaissés. Ainsi, certains exégètes rapportent que la délégation de Najrân dit : « Ô Muhammad, tu dénigres notre maître et tu dis qu’il est un serviteur. » Le Prophète – paix sur lui – répondit : « Il n’y a aucun déshonneur pour Jésus à être un serviteur d’Allah. » Alors fut révélé : « Le Messie ne dédaignera jamais d’être un serviteur d’Allah, pas plus que les anges rapprochés. » (an-Nisâ’, 172). Autrement dit, le Messie ne se refuse pas à ce statut et ne s’enorgueillit pas d’être serviteur d’Allah ; pour les chrétiens extrémistes, toutefois, cette affirmation équivalait à une insulte et à un blâme. De même, lorsque le Négus interrogea Jaʿfar ibn Abî Ṭâlib : « Que dites-vous au sujet du Messie, Jésus ? », il répondit : « Il est le serviteur d’Allah, Son Messager, Sa Parole qu’Il déposa en Marie, et un esprit émanant de Lui. » Le Négus prit alors un morceau de bois et déclara : « Le Messie n’a pas dépassé ce que tu viens de dire de l’épaisseur de ce morceau de bois. » Ses dignitaires s’en trouvèrent irrités et grognèrent ; il leur dit : « Même si vous grognez. »(2) Ainsi, ils considèrent que l’énoncé de la vérité concernant une créature équivaut à l’injurier. Notes : (1) Ḥadîth authentique rapporté par al-Bukhârî et Muslim. (2) Rapporté par Aḥmad et d’autres, avec une chaîne de transmission jugée bonne.
(1) La chaîne de transmission a été présentée précédemment. (2) Ce récit est rapporté par Ibn Isḥāq, comme dans Sīrah Ibn Hishām (t. 1, p. 334), par Abū Nuʿaym dans Al-Hilyah (t. 1, p. 115) et dans Dalāʾil al-Nubuwwah (p. 194), par Aḥmad (t. 1, p. 201-202 ; t. 5, p. 290-292) et par al-Bayhaqī dans Dalāʾil al-Nubuwwah (t. 2, p. 301-303). Il nous est transmis par la voie de Muḥammad ibn Isḥāq, d’al-Zuhrī, d’Abū Bakr ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Ḥārith ibn Hishām al-Makhzūmī, de Umm Salamah, l’épouse du Prophète (paix et salut sur lui et sur sa famille). L’isnād est jugé bon (ḥasan) ; Ibn Isḥāq a expressément indiqué qu’il a été rapporté par Aḥmad et d’autres.
تعالى: إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ الَّذِينَ إِذا ذُكِرَ اللَّهُ وَجِلَتْ قُلُوبُهُمْ وَإِذا تُلِيَتْ عَلَيْهِمْ آياتُهُ زادَتْهُمْ إِيماناً وَعَلى رَبِّهِمْ يَتَوَكَّلُونَ [الأنفال: ٢] . فإذا قال القائل: لا يجوز التوكل إلا على الله وحده، ولا العبادة إلا لله وحده، ولا يتّقى ويخشى إلا الله وحده؛ لا الملائكة ولا الأنبياء ولا غيرهم، كان هذا تحقيقا للتوحيد ولم يكن هذا سبا لهم ولا تنقصا بهم ولا عيبا لهم، وإن كان فيه بيان نقص درجتهم عن درجة الربوبية، فنقص المخلوق عن الخالق من لوازم كل مخلوق، ويمتنع أن يكون المخلوق مثل الخالق والملائكة والأنبياء كلهم عباد لله يعبدونه، كما قال تعالى: لَنْ يَسْتَنْكِفَ الْمَسِيحُ أَنْ يَكُونَ عَبْداً لِلَّهِ وَلَا الْمَلائِكَةُ الْمُقَرَّبُونَ [النساء: ١٧٢] وقال تعالى: وَقالُوا اتَّخَذَ الرَّحْمنُ وَلَداً سُبْحانَهُ بَلْ عِبادٌ مُكْرَمُونَ إلى قوله: كَذلِكَ نَجْزِي الظَّالِمِينَ [الأنبياء: ٢٦ - ٢٩] فإذا نفى عن مخلوق ملك أو نبي أو غيرهما ما كان من خصائص الربوبية، وبيّن أنه عبد لله، كان هذا حقا واجب القبول، وكان إثباته إطراء للمخلوق، فإن دفعه عن ذلك كان عاصيا بل مشركا، ولهذا قال النبي صلى الله عليه وسلّم في الحديث الذي في الصحيحين عن ابن عمر قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلّم: «لا تطروني كما أطرت النصارى عيسى ابن مريم، فإنّما أنا عبد الله، فقولوا: عبد الله ورسوله» «١» . والله تعالى قد وصفه بالعبودية حين أرسله وحين تحدّى وحين أسرى به، فقال تعالى: وَأَنَّهُ لَمَّا قامَ عَبْدُ اللَّهِ [الجن: ١٩] وقال: وَإِنْ كُنْتُمْ فِي رَيْبٍ مِمَّا نَزَّلْنا عَلى عَبْدِنا [البقرة: ٢٣] وقال: سُبْحانَ الَّذِي أَسْرى بِعَبْدِهِ [الإسراء: ١] . وأهل الباطل يقولون لمن وصفهم بالعبودية إنه عابهم وسبّهم ونحو ذلك، كما ذكر طائفة من المفسرين أن وفد نجران قالوا: يا محمد؛ إنك تعيب صاحبنا وتقول إنه عبد فقال النبي عليه السلام: ليس بعيب لعيسى أن يكون عبد الله، فنزل: لَنْ يَسْتَنْكِفَ الْمَسِيحُ أَنْ يَكُونَ عَبْداً لِلَّهِ وَلَا الْمَلائِكَةُ الْمُقَرَّبُونَ [النساء: ١٧٢] أي لم يأنف المسيح من ذلك، ولم يتعظم من جعله عبدا لله. فعند النصارى الغلاة أنه سبّه وعابه. ولهذا لما سأل النجاشي جعفر بن أبي طالب: ما تقول في المسيح عيسى؟ فقال: هو عبد الله ورسوله وكلمته ألقاها إلى مريم وروح منه، رفع النجاشي عودا، وقال: ما زاد المسيح على ما قلت هذا العود، فنخرت بطارقته، فقال: وإن نخرتم «٢» . فهم يجعلون قول الحق في المخلوق سبا له،
(١) تقدم تخريجه. (٢) القصة أخرجها ابن إسحاق كما في «سيرة ابن هشام» (١/ ٣٣٤) وأبو نعيم في «الحلية» (١/ ١١٥) وفي «دلائل النبوة» (١٩٤) وأحمد (١/ ٢٠١ - ٢٠٢ و٥/ ٢٩٠ - ٢٩٢) والبيهقي في «دلائل النبوة» (٢/ ٣٠١ - ٣٠٣). من طريق: محمد بن إسحاق، عن الزهري، عن أبي بكر بن عبد الرحمن بن الحارث بن هشام المخزومي، عن أم سلمة زوج النبي صلّى الله عليه وآله وسلّم. وإسناد القصة حسن؛ صرّح ابن إسحاق فيها بالتحديث عند أحمد وغيره.-