et à Son Messager, tandis qu’Il a réservé la crainte révérencielle (khashya) et la piété (taqwâ) à Allah seul.
Il – exalté soit-Il – a dit : « Ne prenez pas deux divinités ; Il n’est en vérité qu’un Dieu unique… » (an-Naḥl, 51), jusqu’à Sa parole : « Ne Le craindrez-vous donc pas ? » (al-Aʿrâf, 65). Ainsi, le Très-Haut rejette que l’on craigne qui que ce soit d’autre que Lui, tout comme Il a ordonné de ne redouter que Lui seul.
Il dit encore : « … afin que les gens n’aient point d’argument contre vous, excepté ceux d’entre eux qui sont injustes… » (al-Baqarah, 150), et : « Ne fréquentent les mosquées d’Allah que ceux qui croient en Allah et au Jour dernier… » (at-Tawbah, 18).
En plusieurs passages, Allah ordonne qu’on Le craigne et qu’on Le redoute, et Il interdit qu’on craigne ou redoute un autre que Lui. Il dit encore : « Si seulement ils s’étaient satisfaits de ce qu’Allah et Son Messager leur avaient accordé et avaient dit : “Allah nous suffit”… » (at-Tawbah, 59).
Pour ce qui est du don, Il a dit : « ce qu’Allah et Son Messager leur ont donné », tout comme : « Prenez donc ce que le Messager vous apporte et abstenez-vous de ce qu’il vous interdit » (al-Ḥashr, 7). Le licite est donc ce qu’Allah et Son Messager ont rendu licite, et l’illicite ce qu’Allah et Son Messager ont rendu illicite. Tout ce que le Messager distribue aux gens constitue leur droit, tant dans la parole que dans l’acte : ainsi des obligations qu’Allah a réparties, accordant à chacun son dû ; de même, dans le butin et les aumônes, ce qu’il octroie est leur droit, ce qu’il autorise est permis, et ce qu’il interdit est interdit.
C’est pourquoi Allah – exalté soit-Il – a dit : « Si seulement ils s’étaient satisfaits de ce qu’Allah et Son Messager leur avaient accordé et avaient dit : “Allah nous suffit”… » (at-Tawbah, 59), sans ajouter ici « et Son Messager », car Allah, à Lui seul, suffit à Son serviteur, c’est-à-dire qu’Il le protège pleinement ; le Seigneur n’a, dans Sa protection, besoin de personne, ni messager ni prophète. Pour cette raison, cette formule n’est jamais employée que pour Allah seul, comme dans Sa parole : « Ceux à qui les gens ont dit : “Les gens se sont massés contre vous…” » (Âl ʿImrân, 173).
Il dit aussi : « S’ils se détournent, dis : “Allah me suffit ; point de divinité en dehors de Lui ; c’est en Lui que je mets ma confiance ; Il est le Seigneur du Trône sublime.” » (at-Tawbah, 129).
Il dit encore : « Et s’ils cherchent à te tromper, Allah te suffit : c’est Lui qui t’a soutenu par Son secours… », jusqu’à Sa parole : « Ô Prophète ! Allah te suffit, ainsi que ceux des croyants qui t’ont suivi. » (al-Anfâl, 62-64) – c’est-à-dire : Allah te suffit, à toi comme à ceux des croyants qui t’ont suivi, selon l’avis de la majorité des savants. Celui qui prétend : « Allah et ceux qui t’ont suivi te suffisent » se trompe, car il n’attribue pas la suffisance à Allah seul, mais à Lui et à certaines créatures, ce qui contredit l’ensemble des versets du Coran.
Il a dit encore : « Allah n’est-Il pas suffisant pour Son serviteur ? » (az-Zumar, 36) ; Lui seul suffit à Son serviteur. Et : « Quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit. » (aṭ-Ṭalâq, 3).
C’est donc pour cela qu’Il – exalté soit-Il – a dit : « … et avaient dit : “Allah nous suffit” », sans ajouter « et Son Messager ».
Puis Il a dit : « C’est vers Allah que nous aspirons. » (at-Tawbah, 59), sans mentionner « et Son Messager », réservant ainsi l’aspiration (raghbah) à Lui seul, comme dans : « Quand tu as achevé [ta tâche], tiens-toi debout [pour l’adorer] ; et vers ton Seigneur tourne ton aspiration. » (ash-Sharḥ, 7-8).
L’aspiration implique la confiance (tawakkul), et il a été ordonné de ne placer sa confiance qu’en Lui seul, comme : « Placez donc votre confiance en Allah » (al-Mâ’idah, 23) et : « Il n’a aucun pouvoir sur ceux qui croient et qui placent leur confiance en leur Seigneur. » (an-Naḥl, 99).
Ainsi, la confiance doit être placée en Allah seul, l’aspiration dirigée vers Lui seul, et la crainte éprouvée vis-à-vis de Lui seul ; aucune créature, pas même les anges ou les prophètes, ne possède un droit quelconque en ces matières, pas plus qu’ils n’en possèdent dans l’adoration. Il n’est permis d’adorer que Allah seul, ni de craindre ou de redouter que Lui seul, comme Il a dit