[Le discernement (al-Furqân) entre la vérité et le faux] Nous conclurons cette discussion par une dernière section exposant le critère distinctif entre la vérité et l’erreur, grâce auquel se manifeste la voie de la guidance et se révèle celle de l’égarement. En effet, Allah — exalté soit-Il — comme il a déjà été signalé, nous a ordonné de croire aux prophètes et à ce qu’ils ont apporté. Il nous a imposé d’obéir au Messager qui nous a été envoyé, de l’aimer, de le soutenir, de le vénérer et de nous soumettre à son jugement. Il nous a également commandé de n’adorer qu’Allah Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas prendre les anges ni les prophètes pour des seigneurs. Il a ainsi distingué Son droit exclusif — droit que nul ange ni prophète ne partage avec Lui — d’avec le droit qu’Il nous a prescrit à l’égard de Ses anges et de Ses prophètes en général, et de Muḥammad en particulier, le Sceau des envoyés et le meilleur des messagers à qui la révélation fut confiée. Car Allah choisit des messagers parmi les anges et parmi les hommes ; Il a choisi, parmi les anges, Jibrîl pour Sa mission, et parmi les humains, Muḥammad — qu’Allah prie sur lui et le salue. Il a en outre informé que ce Coran qu’a fait descendre ce messager vers cet autre messager est un message qu’il transmet de la part d’Allah : Allah, le Très-Haut, dit : « Quiconque est ennemi de Gabriel, c’est en vérité lui qui l’a fait descendre sur ton cœur, par permission d’Allah » (al-Baqarah, 97). Il dit également : « Certes, c’est une révélation du Seigneur des mondes ; l’Esprit digne de confiance l’a fait descendre sur ton cœur afin que tu sois du nombre des avertisseurs, en une langue arabe claire » (ash-Shuʿarâ’, 192-195). Ainsi qu’Il l’a dit dans un autre verset : « Et quand Nous substituons un verset à un autre — Allah sait mieux ce qu’Il fait descendre… » (an-Naḥl, 101) jusqu’à Sa parole : « … en une langue arabe claire » (an-Naḥl, 103) ; et encore : « Et quand Nous substituons un verset à un autre… » jusqu’à Sa parole : « Dis : c’est l’Esprit de sainteté qui l’a fait descendre de la part de ton Seigneur » (an-Naḥl, 102). Cela montre que l’Esprit de sainteté a fait descendre les versets du Coran de la part de son Seigneur. Lorsque certains mécréants prétendirent qu’il l’apprenait d’un être humain, Allah — exalté soit-Il — dit : « La langue de celui vers qui ils prêtent l’oreille est étrangère, alors que ceci est une langue arabe claire » (an-Naḥl, 103) — c’est-à-dire qu’ils lui attribuent l’enseignement. Il apparaît donc que cette langue arabe explicite, il l’a reçue des anges ; il ne l’a apprise d’aucun homme ni ne l’a produite de lui-même. C’est l’Esprit de sainteté qui la lui a apportée. Or l’Esprit de sainteté est Jibrîl, l’Esprit digne de confiance : Allah a informé que Gabriel l’a fait descendre sur son cœur et que l’Esprit digne de confiance l’a révélée à lui ; il s’ensuit que Gabriel est bien cet Esprit digne de confiance. Il a encore dit : « C’est l’Esprit de sainteté qui l’a fait descendre de la part de ton Seigneur », ce qui prouve qu’il est bien l’Esprit de sainteté. Et, dans la sourate at-Takwîr, Il dit : « Il s’agit, en vérité, de la parole d’un noble messager, doué de puissance, établi auprès du Possesseur du Trône, obéi là-haut, digne de confiance » (at-Takwîr, 19-21), puis : « Votre compagnon n’est pas fou ; il l’a certes vu à l’horizon évident » (at-Takwîr, 22-23), comme Il l’a également évoqué dans la sourate an-Najm. Dans la sourate al-Ḥaqqah, Il dit : « Non ! Je jure par ce que vous voyez et par ce que vous ne voyez pas… » (al-Ḥaqqah, 38-39) jusqu’à Sa parole : « … une révélation émanant du Seigneur des mondes » (al-Ḥaqqah, 43) et jusqu’à : « … qui pourraient l’arrêter » (al-Ḥaqqah, 47). Ainsi, la personne visée ici est bel et bien Muḥammad, comme l’indique l’ensemble du discours, et tel est l’avis de la majorité des savants. Quelques individus marginaux ont erré en affirmant que Gabriel se serait trompé, tandis qu’un autre, plus gravement encore, a prétendu que les versets de la sourate at-Takwîr concerneraient Muḥammad ﷺ. Or le Très-Haut n’a fait qu’attribuer (la révélation) tantôt à l’un, tantôt à l’autre, en employant le terme « messager », afin de souligner qu’il s’agit de la parole d’un messager qui la transmet de la part de Celui qui l’a envoyé, sans rien ajouter de lui-même. Il n’y a donc aucune contradiction à ce que ce messager l’ait transmise à celui-ci, et que celui-ci l’ait transmise aux hommes et aux djinns ; ainsi il est
[[الفرقان بين الحق والباطل] ] ونختم الكلام بخاتمة في بيان الفرقان بين الحق والباطل يظهر بها طريق الهدى من الضلال، وذلك أن الله سبحانه كما تقدم التنبيه عليه أمرنا أن نؤمن بالأنبياء وما جاءوا به، وفرض علينا طاعة الرسول الذي بعث إلينا ومحبته وتعزيره وتوقيره والتسليم لحكمه، وأمرنا أيضا أن لا نعبد إلا الله وحده ولا نشرك به شيئا، ولا نتخذ الملائكة والنبيين أربابا، وفرق بين حقه الذي يختص به الذي لا يشركه فيه لا ملك ولا نبي، وبين الحق الذي أوجبه علينا لملائكته وأنبيائه عموما، ولمحمد خاتم الرسل وخير مرسل الذي جاءه بالوحي خصوصا، فإن الله يصطفي من الملائكة رسلا ومن الناس، فاصطفى من الملائكة جبريل لرسالته، واصطفى من البشر محمدا صلى الله عليه وسلّم، وأخبر أن هذا القرآن الذي نزل به هذا الرسول إلى هذا الرسول مبلغا له عن الله، قال تعالى: مَنْ كانَ عَدُوًّا لِجِبْرِيلَ فَإِنَّهُ نَزَّلَهُ عَلى قَلْبِكَ بِإِذْنِ اللَّهِ [البقرة: ٩٧] وقال: وَإِنَّهُ لَتَنْزِيلُ رَبِّ الْعالَمِينَ نَزَلَ بِهِ الرُّوحُ الْأَمِينُ عَلى قَلْبِكَ لِتَكُونَ مِنَ الْمُنْذِرِينَ بِلِسانٍ عَرَبِيٍّ مُبِينٍ [الشعراء: ١٩٢ - ١٩٥] كما قال في الآية الأخرى: وَإِذا بَدَّلْنا آيَةً مَكانَ آيَةٍ وَاللَّهُ أَعْلَمُ بِما يُنَزِّلُ [النحل: ١٠١] إلى قوله: عَرَبِيٌّ مُبِينٌ [النحل: ١٠٣] وقوله: وَإِذا بَدَّلْنا آيَةً مَكانَ آيَةٍ إلى قوله: قُلْ نَزَّلَهُ رُوحُ الْقُدُسِ مِنْ رَبِّكَ [النحل: ١٠٢] يبيّن أن روح القدس نزل بآيات القرآن من ربه، وبعض الكفار لما زعم أنه يتعلّم من بشر، قال الله تعالى: لِسانُ الَّذِي يُلْحِدُونَ إِلَيْهِ [النحل: ١٠٣] - أي: يضيفون إليه التعليم-: أَعْجَمِيٌّ وَهذا لِسانٌ عَرَبِيٌّ مُبِينٌ فدل على أن هذا اللسان العربي المبيّن تعلّمه من الملائكة، ولم يتعلمه من بشر، ولا من تلقاء نفسه، بل جاءه به روح القدس، وروح القدس هو جبريل، وهو الروح الأمين، فإنه أخبر أن جبريل نزله على قلبه، وأخبر أن الروح الأمين نزل به عليه، فعلم أن جبريل وهو الروح الأمين. وقال هاهنا: نَزَّلَهُ رُوحُ الْقُدُسِ مِنْ رَبِّكَ فعلم أنه روح القدس وقال في سورة التكوير: إِنَّهُ لَقَوْلُ رَسُولٍ كَرِيمٍ ذِي قُوَّةٍ عِنْدَ ذِي الْعَرْشِ مَكِينٍ مُطاعٍ ثَمَّ أَمِينٍ [التكوير: ١٩ - ٢١] ثم قال: وَما صاحِبُكُمْ بِمَجْنُونٍ وَلَقَدْ رَآهُ بِالْأُفُقِ الْمُبِينِ [التكوير: ٢٢، ٢٣] . كما ذكر ذلك في سورة النجم. وقال في سورة الحاقة: فَلا أُقْسِمُ بِما تُبْصِرُونَ وَما لا تُبْصِرُونَ [الحاقة: ٣٨، ٣٩] إلى قوله: تَنْزِيلٌ مِنْ رَبِّ الْعالَمِينَ [الحاقة: ٤٣] إلى قوله: حاجِزِينَ [الحاقة: ٤٧] . فهذا محمد كما يدل عليه الكلام كله، وهذا قول عامة العلماء، وقد غلط بعض من شذّ فزعم أن جبريل غلط كما غلط من هو أعظم غلطا منه فزعم أن التي في التكوير في محمد صلى الله عليه وسلّم وهو سبحانه وتعالى إنما أضافه إلى هذا تارة وإلى هذا تارة بلفظ الرسول صلى الله عليه وسلّم ليبيّن أنه قول رسول بلّغه عن مرسله لم يحدث منه شيئا من تلقاء نفسه. ولا منافاة بين أن يكون ذلك الرسول بلّغه إلى هذا وهذا بلّغه إلى الإنس والجن، فهو