En effet, le Véridique, digne de foi, qui ne parle pas sous l’effet de la passion, nous a informés que, lorsque leurs chefs rendirent licite ce qu’Allah avait interdit et illicite ce qu’Il avait rendu licite, et qu’ils leur obéirent, cette obéissance devint pour eux un acte d’adoration à leur égard et un polythéisme envers Allah. Cela englobe aussi bien le cas où ils rendent licite ou illicite sciemment pour contredire (la Révélation) que celui où ils le font par une interprétation erronée. D’autant plus que les savants des chrétiens, à leurs propres yeux, n’ont fait que ce qu’ils estimaient justifié ; de même, les chefs qui, après avoir déployé un effort d’interprétation, se seraient trompés sont excusés. Toutefois, quiconque les suit alors qu’il sait qu’ils se sont égarés et ont contredit le Messager ﷺ, aura adoré autre qu’Allah et Lui aura associé des partenaires.
Or ce contestataire veut que celui qui lui expose la Sunnah du Messager ﷺ, sa Loi, ses permissions et ses interdictions, abandonne tout cela pour suivre un autre. Cela est illicite par consensus des musulmans, lesquels sont unanimes : dès lors que quelqu’un a reconnu ce qu’a apporté le Messager ﷺ, il ne lui est plus permis d’imiter quiconque s’y oppose (1).
Quant à celui qui est incapable d’ijtihâd, la majorité autorise qu’il pratique le taqlîd, alors que d’autres soutiennent qu’il ne lui est jamais permis. Pour celui qui en est capable, l’avis d’Ash-Shâfi‘î, d’Aḥmad et d’autres est qu’il ne lui est pas permis de recourir au taqlîd, tandis qu’un groupe en a autorisé la possibilité. On a même dit qu’il ne peut imiter que le plus savant ; cela est rapporté de Muḥammad ibn al-Ḥasan et d’autres.
Ainsi, quiconque blâme celui qui se conforme à ce qui lui est devenu évident de la Sunnah du Messager ﷺ — sans pour autant s’arroger le droit de la contredire pour suivre un autre — est dans l’erreur et réprouvé pour ce blâme selon l’unanimité des musulmans. Que dire alors de celui qui appelle à ce qui mène au grand polythéisme : invoquer autre qu’Allah, ériger ces personnes en idoles, accomplir le pèlerinage ailleurs qu’à la Maison d’Allah, surtout lorsqu’il détaille ce pèlerinage parallèlement à celui de la Maison d’Allah, ou qu’il l’égalise à celui-ci, voire le considère presque à son rang !
Ces polythéistes imposteurs — tels ce contestataire et ses semblables — sont donc ceux qui méritent qu’on leur mène le jihâd, ainsi qu’une exposition claire de l’égarement et de la corruption auxquels ils appellent, et de la guidée et de la droiture dont ils détournent, afin que la parole d’Allah soit la plus haute et que la religion tout entière appartienne à Allah. Il n’est de puissance ni de force qu’en Allah, le Très-Haut, le Tout-Puissant.