les tombes ; on ne se déplace donc pas vers les tombes. Quant à ce qu’Allah n’a pas prescrit – polythéisme et innovations –, cela est, à plus forte raison, interdit. C’est là une vérité connue de manière nécessaire dans la religion du Messager, pour quiconque connaît cette religion telle que l’ont unanimement exposée les savants de sa communauté. Ainsi, quiconque érige ce voyage en acte recommandé ou légiféré, ou qui se croit autorisé à haïr et à châtier celui qui l’interdit, s’oppose à Allah et à Son Messager ; c’est lui qui mérite d’être combattu, et non celui qui ordonne ce qu’Allah a ordonné et interdit ce qu’Il a interdit. Celui-ci doit, au contraire, être secouru et soutenu, tandis qu’il est obligatoire de combattre celui qui le contredit et la fausseté qu’il véhicule.
Quant au voyage vers la Mosquée du Messager ﷺ et sa visite selon la voie légiférée, les savants musulmans l’ont unanimement jugé recommandé ; nul ne le conteste. Prétendre qu’ils combattraient quiconque l’interdit est dépourvu de toute réalité.
Si, d’aventure, ils combattaient des musulmans avec lesquels ils sont en désaccord, les questions litigieuses se divisent en deux catégories : soit il n’y a pas de combat, mais discussion, clarification, argumentation et preuve ; c’est le jihâd par la langue. Soit il y a effectivement combat, lequel ne vise alors que celui qui contredit la Sunnah et le Messager, non celui qui suit le Livre, la Sunnah et la voie des pieux prédécesseurs de la communauté.
Dès lors, quoi qu’il en soit, il apparaît clairement que l’opposant et ses semblables — gens d’innovation, d’égarement, de mensonge, d’ignorance, d’altération de la religion et de modification de la législation des envoyés — sont les premiers à devoir être combattus, par la main comme par la langue, dans la mesure du possible. En déclarant licite le combat contre les gens de science et de Sunnah, ils se rangent dans la même catégorie que les kharijites renégats, voire pire encore, car ces derniers n’appelaient pas au polythéisme ni à la désobéissance au Messager. Leur prétention de leur apporter la victoire est une illusion qui ne leur sera d’aucun profit, tout comme les chrétiens s’imaginent soutenir le Messie et les envoyés d’Allah, alors qu’« ils ont pris leurs docteurs et leurs moines pour seigneurs en dehors d’Allah, ainsi que le Messie, fils de Marie, alors qu’on ne leur avait ordonné que d’adorer une seule divinité. Point de divinité en dehors de Lui ; pureté à Lui ! Il est au-dessus de ce qu’ils associent » (At-Tawbah, 31).
Le Prophète ﷺ dit d’ailleurs à ‘Adiyy ibn Ḥâtim, lorsque celui-ci objecta : « Ils ne les adoraient pourtant pas » :
« Ils leur ont rendu licite ce qu’Allah avait déclaré illicite et ont rendu illicite ce qu’Allah avait déclaré licite ; ils leur ont obéi, et cette obéissance constituait leur adoration. »(1)
Hadith rapporté par l’Imâm Aḥmad, al-Tirmidhî et d’autres, et déclaré authentique.
(1) Rapporté – en mu‘allaq – par :
- at-Tirmidhî (n° 3095) ;
- Ibn Abî Ḥâtim dans son Tafsîr (6 / 1784 / 10057) ;
- Ibn Jarîr al-Ṭabarî dans son Tafsîr (10 / 81 / 61632) ;
- Ibn Abî Shayba dans son Musannaf (13 / 411) ;
- al-Bayhaqî dans ses Sunan (10 / 116) ;
- al-Ṭabarânî dans al-Kabîr (17 / n° 218-219) ;
- al-Mizzî dans Tahdhîb al-Kamâl (23 / 118) ;
- al-Khaṭîb al-Baghdâdî dans al-Faqîh wal-Mutafaqîh (2 / 129-130 / 753) ;
- Ibn ʿAbd al-Barr dans Jamʿ bayân al-ʿilm wa-faḍlihi (2 / 975-976 / 1862).
Voie de transmission : ʿAbd al-Salâm ibn Ḥarb a rapporté de Ghaṭîf ibn Aʿyan, de Muṣʿab ibn Saʿd, dʿAdî ibn Ḥâtim un ḥadîth marfûʿ. Sa chaîne est faible.
At-Tirmidhî commente : « Ce ḥadîth est étrange ; nous ne le connaissons que par le récit de ʿAbd al-Salâm ibn Ḥarb, et Ghaṭîf ibn Aʿyan n’est pas réputé en ḥadîth. »
Je précise : Ghaṭîf ibn Aʿyan al-Jazrî al-Muḥâribî a été rapporté par ʿAbd al-Salâm ibn Ḥarb et par Asad ibn ʿAmr al-Bujalî.
القبور، فلا يسافر إلى القبور. ولما لم يأمر الله به من الشرك والبدع بطريق الأولى، فهذا أمر معلوم بالاضطرار من دين الرسول، لكن لمن عرف دينه المتفق عليه بين علماء أمته، فمن جعل هذا السفر مستحبا أو مشروعا أو استحلّ عداوة من نهى عنه وعقوبته، فهذا محادّ لله ولرسوله، وهو المستحق للجهاد دون الآمر بما أمر الله به الناهي عما نهى الله عنه، فإنه يجب نصره وموالاته، كما يجب جهاد المخالف له ومعاداة ما أتاه من الباطل. وما استحبه علماء المسلمين وأجمعوا عليه من السفر إلى مسجد الرسول وزيارته على الوجه الشرعي فهذا مستحب بالإجماع لا ينازع فيه أحد، فإن كانوا يجاهدون من نهى عن هذا فهذا لا وجود له.
وإن جاهدوا أهل النزاع من المسلمين، فمسائل النزاع إما أن لا يكون فيها جهاد بل جدال وبيان وحجة وبرهان، وهذا جهاد باللسان، وإما أن يكون فيها جهاد، فيكون لمن خالف السنة والرسول، لا من اتبع الكتاب والسنة، وما كان عليه سلف الأمة.
وحينئذ فعلى كل تقدير قد تبين أن المعترض وأمثاله من أهل البدع والضلال والكذب والجهل وتبديل الدين وتغيير شريعة الرسل هم أولى بأن يجاهدوا باليد واللسان بحسب الإمكان، وإنهم فيما استحلّوه من جهاد أهل العلم والسنة من جنس الخوارج المارقين، بل هم شر من أولئك، فإن أولئك لم يكونوا يدعون إلى الشرك ومعصية الرسول، وظنهم أنهم ينصرونهم ظن باطل لا ينفعهم، كظن النصارى أنهم ينصرون المسيح ورسل الله، وقد اتَّخَذُوا أَحْبارَهُمْ وَرُهْبانَهُمْ أَرْباباً مِنْ دُونِ اللَّهِ وَالْمَسِيحَ ابْنَ مَرْيَمَ وَما أُمِرُوا إِلَّا لِيَعْبُدُوا إِلهاً واحِداً لا إِلهَ إِلَّا هُوَ سُبْحانَهُ عَمَّا يُشْرِكُونَ
[التوبة:
٣١].
وقد قال النبي صلى الله عليه وسلّم لعدي بن حاتم لما قال له ما عبدوهم قال:
«إنهم أحلّوا لهم الحرام وحرّموا عليهم الحلال فأطاعوهم فكانت تلك عبادتهم إياهم»
«١»
. رواه الإمام أحمد والترمذي وغيرهما وصححه.
(١) أخرجه الترمذي (٣٠٩٥) وابن أبي حاتم في «تفسيره» (٦/ ١٧٨٤/ ١٠٠٥٧) وابن جرير الطبري في «تفسيره» (١٠/ ٨١/ ٦١٦٣٢) وابن أبي شيبة في «مصنفه» (١٣/ ٤١١) والبيهقي في «السنن» (١٠/ ١١٦) والطبراني في «الكبير» (١٧/ رقم: ٢١٨ - ٢١٩) والمزي في «تهذيب الكمال» (٢٣/ ١١٨) والخطيب البغدادي في «الفقيه والمتفقه» (٢/ ١٢٩ - ١٣٠/ ٧٥٣) وابن عبد البر في «جامع بيان العلم وفضله» (٢/ ٩٧٥ - ٩٧٦/ ١٨٦٢) - معلقا-.
من طريق: عبد السلام بن حرب، حدثنا غطيف بن أعين، عن مصعب بن سعد، عن عدي بن حاتم به مرفوعا.
وإسناده ضعيف.
قال الترمذي: «هذا حديث غريب، لا نعرفه إلا من حديث عبد السلام بن حرب، وغطيف بن أعين ليس بمعروف في الحديث».
قلت: غطيف بن أعين الجزري المحاربي روى عنه عبد السلام بن حرب، وأسد بن عمرو البجلي،-