Or, le véritable combattant dans le sentier d’Allah est celui qui lutte afin que la Parole d’Allah soit la plus haute et que la religion soit entièrement vouée à Allah.
Ainsi, dans les deux Ṣaḥīḥ, d’après Abou Moussâ, on rapporte :
« On dit : Ô Messager d’Allah ! Un homme combat par bravoure, un autre par esprit de clan, un autre encore pour être vu ; lequel de ceux-là combat dans le sentier d’Allah ? »
Il – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – répondit :
« Celui qui combat pour que la Parole d’Allah soit la plus haute, celui-là est dans le sentier d’Allah. »(1)
Allah, Exalté soit-Il, a dit :
« Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de tentation et que la religion soit exclusivement à Allah. » (Al-Anfâl, 39)
Le jihâd par la langue consiste à exposer ce qu’a apporté le Messager, comme le Très-Haut l’a révélé dans la sourate mecquoise Al-Furqân :
« Si Nous l’avions voulu, Nous aurions suscité dans chaque cité un avertisseur. N’obéis donc pas aux mécréants… » (Al-Furqân, 51-52).
Le fondement même du jihâd est donc que la religion soit entièrement à Allah : Son culte à Lui seul doit être la religion apparente, tandis que l’adoration de toute autre divinité doit être réduite à l’impuissance, enfouie ou nulle. Quant à la réforme totale des cœurs, elle n’est pas la condition du jihâd, car leur guidance appartient à Allah seul ; il suffit que la religion manifestée soit celle d’Allah, comme Il l’a dit :
« C’est Lui qui a envoyé Son Messager avec la guidée et la religion de vérité afin de la faire triompher sur l’ensemble des religions. » (At-Tawbah, 33)
Il est évident que le plus grand opposé à la religion d’Allah est le polythéisme ; le jihâd contre les polythéistes fait donc partie des plus éminentes formes de jihâd, tout comme l’était celui des premiers devanciers. Le Prophète – paix et salut sur lui – a répété :
« Celui qui combat pour que la Parole d’Allah soit la plus haute, celui-là est dans le sentier d’Allah. »
Quant à « la Parole d’Allah », on peut entendre par là une parole précise, à savoir l’attestation d’unicité « Lâ ilâha illâ Allâh » ; c’est alors le même sens que l’ayat. On peut aussi y voir un nom collectif : que tout ce qu’Allah et Son Messager ont dit soit supérieur à toute autre parole, c’est-à-dire le Livre puis la Sunnah. Quiconque expose ce qu’a dit le Messager, enjoint ce qu’il a ordonné et interdit ce qu’il a prohibé, celui-là se lève pour la Parole d’Allah. Celui, en revanche, qui profère des propos contraires à ceux du Messager mérite, lui, d’être combattu.
Or cet objecteur et ceux qui lui ressemblent ont contredit la parole d’Allah, de Son Messager et de l’ensemble des imams des musulmans. Tous s’accordent en effet sur cette parole du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue :
« On ne prépare les montures que vers trois mosquées. »
Le fait de se mettre en route pour visiter les tombes entre dans ce hadith, soit par la généralité même du texte – comme c’est le cas pour les mosquées –, soit par l’argument a fortiori et l’indice du discours : si le voyage vers les mosquées – qui sont les lieux les plus aimés d’Allah – n’est pas légiféré, à plus forte raison ne l’est-il pas vers ce qui leur est inférieur.
Il est connu que les cinq prières obligatoires, en groupe ou individuellement, la récitation du Coran, la retraite spirituelle (i‘tikâf), l’évocation (dhikr) et l’invocation (du‘â’) sont prescrites dans les mosquées et qu’elles y sont meilleures qu’auprès des tombes. Si donc l’on ne voyage pas pour ces actes de dévotion vers les mosquées, à plus forte raison ne doit-on pas voyager pour les accomplir auprès des tombes. Et si l’on ne se déplace pas pour ces cultes qu’Allah et Son Messager aiment – certains obligatoires, d’autres recommandés – on ne voyage ni vers les mosquées ni vers