« … Il l’a fait descendre sur toi, renfermant Sa science » (an-Nisâ’, 166).
Ainsi apparaît-il que ce qu’il renferme est bien la science d’Allah, et non la science d’un autre. Si c’était la parole d’un autre, il contiendrait la science propre à ce locuteur.
Quant à celui qui dit : « Il l’a révélé alors qu’Il en avait connaissance », son propos est faible, car Allah connaît toute chose, et Sa Parole n’a pas pour objet d’établir qu’Il possède la science. Des tournures semblables se trouvent, du reste, en plusieurs passages du Coran.
Allah – qu’Il soit exalté – a dit :
« Par ton Seigneur ! Nous les interrogerons certes tous au sujet de ce qu’ils œuvraient. » (al-Ḥijr, 92-93)
Abû l-‘Âliyah – l’un des premiers tâbi‘în – a commenté : « Deux choses feront l’objet de l’interrogatoire des premiers comme des derniers : Qui adoriez-vous ? et quelle réponse avez-vous donnée aux Messagers ? »
Il – Très-Haut – a encore dit :
« Dites : “Nous avons foi en Allah, en ce qui a été révélé sur nous, en ce qui a été révélé à Ibrâhîm, Ismâ‘îl, Isḥâq, Ya‘qûb et aux Tribus…” » (al-Baqarah, 136).
Dans ce verset, Il réunit la foi en ce qu’Il a fait descendre sur Ses prophètes et l’adoration qui ne doit être vouée qu’à Lui seul, sans associé.
Il est rapporté dans le Ṣaḥîḥ que le Prophète – paix et salut d’Allah sur lui – récitait, dans les deux rak‘ah de l’aube, ce verset ainsi qu’un verset de la sourate Âl ‘Imrân : « Dis : Ô gens du Livre ! Venez à une parole équitable entre nous et vous… » (Âl ‘Imrân, 64) « ¹ ».
C’est ce même verset que le Prophète ﷺ écrivit à César, souverain des chrétiens, dans la lettre qu’il lui adressa. Quant au verset de la vache, il est précédé par cette parole divine :
« Et ils dirent : “Soyez juifs ou chrétiens, vous serez bien guidés.” Dis : Au contraire, [nous suivons] la religion d’Ibrâhîm… » (al-Baqarah, 135).
Il s’agit là de l’unicité. Puis, dans ce verset, Il mentionne la foi en ce qu’Il a révélé à Ses prophètes, avant de dire :
« Dis : Disputez-vous avec nous au sujet d’Allah, alors qu’Il est notre Seigneur et votre Seigneur ? » (al-Baqarah, 139).
Ainsi, au terme de ces trois versets, Il explicite que l’ensemble de la religion doit être voué exclusivement à Allah ; car la seigneurie est globale, tandis que les œuvres sont propres à chaque acteur ; et la sincérité embrasse à la fois la sincérité dans Son adoration et la sincérité dans la confiance placée en Lui.
On rapporte d’Abû d-Dardâ’ – récit transmis par Abû Nu‘aym dans al-Ḥilyah et par d’autres – qu’il disait :
« Le sommet de la foi, c’est la patience face au jugement, l’agrément du destin, la sincérité dans le tawakkul, et la soumission au Seigneur. » « ² »
Ces deux fondements – l’unicité du Seigneur et la foi en Ses Messagers – sont indispensables ; c’est pourquoi nul n’entre dans l’Islam avant d’attester qu’il n’est point de divinité digne d’adoration en dehors d’Allah et que Muḥammad est le Messager d’Allah. Cette double attestation renferme l’islam et la foi ; telle est la religion qu’Allah a confiée à tous les prophètes : ils étaient tous des musulmans croyants, établis sur ces deux principes. Le développement relatif à la signification d’al-îmân et d’al-islâm a été exposé en divers endroits, notamment dans l’explication des textes concernant l’islam et la foi issus du Livre et de la Sunna, et ailleurs « ³ ».
(1) Ce hadith a été rapporté par Muslim (nᵒ 727) d’après Abd Allah ibn al-‘Abbâs, que Dieu soit satisfait d’eux deux.
(2) Rapporté par Abû Nu‘aym dans Hilyat al-Awliyâ’ (tome 1, p. 216), al-Bayhaqî dans Shu‘b al-Îmân (tome 1, p. 219/202), al-Lâlikâ’î dans Sharh Usûl al-I‘tiqâd (tome 2, p. 748, nᵒ 1238), Nu‘aym ibn Hammâd dans les Ziyâdât al-Zuhd d’Ibn al-Mubârak (nᵒ 123) et Ibn Abî al-Dunyâ dans Ar-Riḍâ ‘an Allâh bi-Qaḍâ’ihî (nᵒ 58). Par la voie de Baqiyyat ibn al-Walîd, qui rapporte Bahîr ibn Sa‘d, selon Khalîd ibn Ma‘dân, qui rapporte Yazîd ibn Murthad al-Hamdânî qu’Abû ad-Dardâ’ a dit, puis l’a mentionné.
(3) Voir l’ouvrage al-Îmân de l’auteur, publié par la Maktaba al-Islâmiyya.
إِلَيْكَ أَنْزَلَهُ بِعِلْمِهِ
[النساء: ١٦٦]
فتبين أن الذي تضمّنه هو علم الله، لا علم غيره، ولو كان كلام غيره لكان مضمونه علم ذلك المتكلم.
ومن قال:
أنزله وهو يعلمه؛ فقوله ضعيف، فإنه يعلم كل شيء وليس كلامه في إثبات علمه، ومثل هذا في القرآن مذكور في مواضع.
وقد قال تعالى:
فَوَ رَبِّكَ لَنَسْئَلَنَّهُمْ أَجْمَعِينَ عَمَّا كانُوا يَعْمَلُونَ
[الحجر: ٩٢، ٩٣]
قال أبو العالية- وهو من قدماء التابعين-: خلّتان يسأل عنهما الأولون والآخرون؛ ماذا كنتم تعبدون، وماذا أجبتم المرسلين.
وقال تعالى:
قُولُوا آمَنَّا بِاللَّهِ وَما أُنْزِلَ إِلَيْنا وَما أُنْزِلَ إِلى إِبْراهِيمَ وَإِسْماعِيلَ وَإِسْحاقَ وَيَعْقُوبَ وَالْأَسْباطِ
[البقرة: ١٣٦]
الآية فجمع في هذه الآية بين الإيمان بما أنزله على أنبيائه وبين عبادته وحده لا شريك له.
وفي الصحيح:
أن النبي صلى الله عليه وسلّم كان يقرأ في ركعتي الفجر بهذه الآية،
وبآية من آل عمران قوله:
قُلْ يا أَهْلَ الْكِتابِ تَعالَوْا إِلى كَلِمَةٍ سَواءٍ بَيْنَنا وَبَيْنَكُمْ
[آل عمران: ٦٤]
الآية
«١»
.
وهذه الآية هي التي كتبها النبي صلى الله عليه وسلّم إلى قيصر ملك النصارى في كتابه إليه وآية البقرة قد قال قبلها:
وَقالُوا كُونُوا هُوداً أَوْ نَصارى تَهْتَدُوا قُلْ بَلْ مِلَّةَ إِبْراهِيمَ
[البقرة: ١٣٥]
الآية.
وهذا هو التوحيد ثم ذكر في هذه الآية الإيمان بما أنزل على أنبيائه،
ثم قال:
قُلْ أَتُحَاجُّونَنا فِي اللَّهِ وَهُوَ رَبُّنا وَرَبُّكُمْ
[البقرة: ١٣٩]
الآية. فأفصح في آخر الآيات الثلاث بإخلاص الدين كله لله، مع أن الربوبية شاملة، والأعمال مختصة لكل عامل عمله، والإخلاص يتناول الإخلاص في عبادته والإخلاص في التوكل عليه.
وفي المأثور عن أبيّ الدرداء رواها أبو نعيم في الحلية وغيره أنه كان يقول:
«ذروة الإيمان الصبر للحكم، والرضا بالقدر، والإخلاص للتوكل، والاستسلام للرب»
«٢»
. وهذان الأصلان؛ توحيد الرب والإيمان برسله، لا بد منهما، ولهذا لا يدخل أحد في الإسلام حتى يشهد أن لا إله إلا الله وأن محمدا رسول الله، وهذا يتضمّن الإسلام والإيمان، وهو الدين الذي بعث الله به جميع النبيين، فكلهم كانوا مسلمين مؤمنين قائمين بهذين الأصلين. وقد بسط الكلام على مسمى الإيمان والإسلام في مواضع، مثل شرح النصوص الواردة في الإسلام والإيمان في الكتاب والسنة وغير ذلك
«٣»
.
(١) أخرجه مسلم (٧٢٧) من حديث عبد الله بن عباس رضي الله عنهما.
(٢) أخرجه أبو نعيم في «الحلية» (١/ ٢١٦) والبيهقي في «شعب الإيمان» (١/ ٢١٩/ ٢٠٢) واللالكائي في «شرح أصول الاعتقاد» (٢/ ٧٤٨/ ١٢٣٨) ونعيم بن حماد في زيادات «الزهد» لابن المبارك رقم (١٢٣) وابن أبي الدنيا في «الرضا عن الله بقضائه» (٥٨).
من طريق: بقية بن الوليد، قال: حدّثني بحير بن سعد، عن خالد بن معدان، قال: حدّثني يزيد بن مرثد الهمداني، أن أبا الدرداء قال: فذكره.
(٣) وانظر كتاب «الإيمان» للمصنف، طبع المكتب الإسلامي.