elle appartient au premier genre, celui de la prière funéraire, et non au second. Le second genre est illustré par le désir qu’éprouveront les créatures, au Jour de la Résurrection, de voir le Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — intercéder en leur faveur, ainsi que par le désir qu’eurent ses Compagnons, de son vivant, qu’il invoque pour eux et implore la pluie pour eux. Cette requête procédait de l’élévation de son prestige et de la grandeur de son rang auprès d’Allâh. C’est pourquoi, au Jour de la Rétribution, ils se rendront auprès des Prophètes Doués de résolution, l’un les renvoyant à l’autre, jusqu’à ce que le Messie les renvoie finalement vers lui.
De son vivant, ils sollicitaient sa prière, se tournaient vers Allâh par son intermédiaire et recherchaient l’intercession auprès de Lui au moyen de ses invocations, en considération de son rang auprès d’Allâh.
Lorsqu’il quitta ce monde, ils demandèrent la pluie par l’intermédiaire de son oncle al-ʿAbbâs, et ʿUmar dit :
« Ô Allâh ! Lorsque la sécheresse nous frappait, nous Te sollicitions par notre Prophète et Tu nous abreuvais ; maintenant nous Te sollicitons par l’oncle de notre Prophète, abreuve-nous donc. »
Ils furent alors abreuvés. Ḥadith rapporté par al-Bukhârî dans son Ṣaḥîḥ. [1]
Le sens de sa parole : « Nous Te sollicitions par notre Prophète » est : par sa supplication et son intercession. C’est pour cette raison qu’après sa mort ils se sont tournés vers la prière et l’intercession d’al-ʿAbbâs, l’intercession auprès de lui leur étant devenue impossible après sa disparition, contrairement à ce qu’ils faisaient de son vivant.
Par cette parole, ʿUmar n’entendait nullement : « Nous Te demandions par son honneur » ni « Nous Te faisons serment par lui » sans que le Prophète n’intercède effectivement pour eux, comme le font certains après son décès. En effet, ils n’agissaient pas de la sorte durant sa vie ; ils se contentaient de sa supplication. S’ils l’avaient fait alors qu’il était présent, cela aurait été tout aussi possible après sa mort, et ils n’auraient pas eu besoin de recourir à al-ʿAbbâs. Beaucoup se méprennent sur la portée de la parole de ʿUmar ; quiconque y réfléchit attentivement saisira la nuance. [2]
Si le tawassul par lui après son décès avait été possible comme il l’était de son vivant, ils ne se seraient pas détournés du Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — pour se tourner vers al-ʿAbbâs. De même, lorsque Muʿâwiya rechercha la pluie, il recourut à l’invocation de Yazîd ibn al-Aswad al-Jurashî [3], et l’on rapporte la même chose de Ḍaḥḥâk ibn Qays [4]. Celui qui comprend l’intention du Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — concernant la visite des tombes et distingue ce qui est conforme à la Loi de ce qui constitue une innovation verra la vérité se démarquer nettement de l’erreur.
Allâh a ordonné à la communauté d’invoquer pour notre Prophète — paix et bénédictions sur lui — la prière et le salut, et Il a prescrit, à l’audition de l’adhân, de demander pour lui la Wasîlah. C’est là un droit qu’il détient sur la Ummah, un acte légiféré et prescrit partout, non limité au lieu de sa tombe. Il ne subsiste donc, dans la visite de sa tombe, aucun acte exclusif à cet emplacement, contrairement à d’autres.
Il a également interdit de prendre sa maison pour une fête et a déclaré :
« Ne prenez pas ma tombe pour une fête ; invoquez des bénédictions sur moi où que vous soyez, car votre prière me parvient. »
Il en est de même pour le salut, puisqu’il a dit : « Certes, Allâh possède des anges parcourant la terre qui me transmettent… »
(1) Numéro 1010.
(2) Voir al-Tawassul du muhaddith Albani ; al-Tawassul ila Haqiqat al-Tawassul du cheikh Nassib al-Rifa‘i (qu’Allah lui fasse miséricorde) ; et al-Tawassul : hukmuhu wa-aqsaamuhu, recueil et édition d’Abu Anas Ali ibn Husayn Abu Louwz, Dar Ibn Khuzaymah, Riyad.
(3) Rapporté par Ibn ‘Asakir dans son Tariikh (Tarikh Madinat Dimashq), ainsi que dans al-Tawassul, p. 45. L’isnad en a été authentifié par le muhaddith al-Albani dans cette édition.
(4) Le même ouvrage.
الأول من جنس الصلاة على الجنازة لا من جنس الثاني، كرغبة الخلق يوم القيامة إلى الرسول صلى الله عليه وسلّم أن يشفع لهم، وكرغبة أصحابه إليه في حياته أن يدعو لهم ويستسقي لهم، فهذا الطلب منه كان لعلوّ جاهه وعظم منزلته عند الله، ولهذا يأتون يوم القيامة إلى أولي العزم فيردّهم هذا إلى هذا، حتى يردّهم المسيح إليه. وفي حياته كانوا يطلبون منه الدعاء ويتوجّهون به إلى الله، ويتوسّلون إليه بدعائه وشفاعته لجاهه عند الله،
ولما مات استسقوا بالعباس عمه وقال عمر:
«اللهم إنا كنا إذا أجدبنا نتوسّل إليك بنبيّنا فتسقينا، وإنا نتوسّل إليك بعمّ نبينا فاسقنا؛ فيسقون»
رواه البخاري في صحيحه
«١»
.
ومعنى قوله:
كنا نتوسل إليك بنبينا؛
أي:
بدعائه وشفاعته، ولهذا توسّلوا بعد موته بدعاء العباس وشفاعته لمّا تعذّر عليهم التوسل به بعد موته، كما كانوا يتوسّلون به في حياته،
ولم يرد عمر بقوله:
«كنا نتوسّل إليك بنبينا»
: أن نسألك بحرمته، أو نقسم عليك به من غير أن يكون هو داعيا شافعا لنا، كما يفعله بعض الناس بعد موته، فإن هذا لم يكونوا يفعلونه في حياته، إنما كانوا يتوسّلون بدعائه، ولو كانوا يفعلونه في حياته لكان ذلك ممكنا بعد موته كما كان في حياته، ولم يكونوا يحتاجون أن يتوسلوا بالعباس. وكثير من الناس يغلط في معنى قول عمر وإذا تدبّره عرف الفرق
«٢»
.
ولو كان التوسل به بعد موته ممكنا كالتوسل به في حياته لما عدلوا عن الرسول صلى الله عليه وسلّم إلى العباس. وكذلك معاوية لما استسقى توسّل بدعاء يزيد بن الأسود الجرشي
«٣»
. وكذلك نقل عن الضحاك بن قيس
«٤»
. فمن فهم مراد الرسول صلى الله عليه وسلّم بزيارة القبور وفرّق بين الشرعية والبدعية، تبين له الحق من الباطل.
ونبينا صلى الله عليه وسلّم أمر الله بالصلاة والسلام عليه، وأمر عند سماع الأذان أن تطلب الوسيلة له، فهذا حقّ له على الأمة، وهو مشروع مأمور به في كل مكان، لا يختص به في مكان عند قبره، فلم يبق في زيارة قبره أمر يختصّ به ذلك المكان بخلاف غيره.
وأيضا فنهى عن اتخاذ بيته عيدا وقال:
«لا تتّخذوا قبري عيدا وصلّوا عليّ حيثما كنتم، فإن صلاتكم تبلغني»
. وكذلك السلام،
قال:
«إن لله ملائكة سيّاحين يبلغوني عن
(١) رقم (١٠١٠).
(٢) وانظر في ذلك «التوسل» للمحدث الألباني و «التوصل إلى حقيقة التوسل» للشيخ نسيب الرفاعي- رحمه الله- و «التوسل حكمه وأقسامه» جمع وإعداد: أبو أنس علي بن حسين أبو لوز- نشر دار ابن خزيمة بالرياض-.
(٣) أخرجه ابن عساكر في «تاريخه» كما «التوسل» ص ٤٥. وصحّح إسناده المحدث الألباني هناك.
(٤) المصدر السابق.