Il a, d’un côté, délaissé le texte et l’unanimité (ijmâʿ), et, de l’autre, il s’est accroché à des formules ambiguës, s’imaginant qu’il existe un consensus sur l’interprétation qu’il en donne. Or la communauté n’a jamais fait consensus sur cette compréhension ; il se peut même qu’elle se soit accordée à l’interdire, comme le cas de celui qui comprend de la « visite » des tombes des prophètes l’idée d’effectuer un pèlerinage vers eux et de les invoquer en dehors d’Allâh. Un tel comportement est unanimement proscrit. Ainsi, quiconque saisit de la visite des tombes l’obligation d’un pèlerinage vers elles et l’adresse d’invocations à leurs occupants en dehors d’Allâh s’oppose à un consensus formel interdisant cette pratique. Et Allâh est plus savant. Dixième réponse : L’interdiction de préparer un voyage pour tout lieu autre que les trois mosquées — comme pour la visite des tombes — ne pourrait être considérée comme une atteinte à l’honneur du Prophète que si la visite légiférée des tombes avait pour but d’exalter le défunt, de s’humilier devant lui, et si la visite de sa tombe avait été prescrite en raison de la grandeur de son prestige auprès d’Allâh et de l’élévation de son rang. Si l’on disait : « Il ne faut pas visiter sa tombe ni entreprendre un voyage pour cela », on prétendrait alors porter atteinte à la dignité évoquée. La réalité dans la religion de l’Islam n’est pas ainsi ; la visite des tombes que le Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — a autorisée, pratiquée et encouragée n’a pour finalité que le bénéfice du visiteur envers le visité : il lui fait du bien en priant pour lui et en demandant pardon pour lui lorsqu’il est croyant, — et, s’il s’agit d’un mécréant, la visite sert de leçon —, le véritable but étant le rappel de la mort. Ce que Dieu et Son Envoyé — paix et bénédictions sur lui — ont légiféré concernant la visite des tombes n’a jamais consisté dans la soumission du visiteur au visité du fait de son rang élevé. Ainsi apparaît la distinction entre la visite licite et recommandée et la visite innovée, blâmable et interdite. Dès lors, puisque la visite des tombes des prophètes et des pieux consiste seulement à prier pour eux — comme on prie lors de leurs funérailles — à l’instar de la visite des tombes de tous les croyants, et nullement à s’incliner devant eux pour la grandeur de leur prestige, le fait d’abandonner cette visite ne constitue ni dénigrement ni diminution de leur rang. L’homme qui omet de visiter nombre de tombes de musulmans ne les déprécie pas pour autant ; si le fait de délaisser leur visite avait signifié une atteinte à leur honneur, cette visite aurait été obligatoire. De même, lorsqu’il est interdit de voyager jusqu’à ces tombes — tout comme il est interdit de voyager pour visiter les autres tombes — nul n’imagine qu’il s’agisse d’un mépris à leur égard ; à plus forte raison ne s’agit-il pas d’un mépris envers les prophètes. L’illusion d’un tel dénigrement n’existe que chez celui qui pense que la visite constitue une soumission à leur prestige et à leur rang élevé, comparables à la foi, à l’obéissance et à la véracité qu’on leur doit lorsqu’ils transmettent de la part d’Allâh. Il ne fait aucun doute que celui qui prétend qu’il n’est pas obligatoire de croire en eux, de leur obéir, de les tenir pour véridiques, ou qui critique quelque chose de ce qu’ils ont rapporté d’Allâh ou de ce qu’ils ont ordonné, celui-là les a bel et bien rabaissés ; il est mécréant apostat s’il l’affiche ouvertement, et hypocrite zindîq s’il le cache. C’est précisément à cet endroit que beaucoup se trompent : le terme « visite des tombes » dans la parole et la pratique du Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — ne renvoie jamais à une attitude d’humiliation devant le défunt, ni à une exaltation de son prestige ; il s’agit plutôt d’invocations en sa faveur, comme celles que l’on prononce lors de la prière funéraire. Plus la personne dont on célèbre la prière funéraire ou dont on visite la tombe est illustre, plus l’invocation en sa faveur est importante. Il existe toutefois une différence entre le fait de solliciter Allâh pour qu’Il lui fasse miséricorde et accroisse Ses bienfaits, et le fait de s’adresser directement au défunt, de l’invoquer et de rechercher son intercession en raison de son prestige auprès d’Allâh. La visite légiférée relève du premier type, elle est du même ordre que
ترك النص والإجماع من أحد الجانبين وتمسك في الجانب الآخر بألفاظ مجملة يظن الإجماع على ما فهمه منها، ولم تجمع الأمة على ما فهمه، بل ما فهمه قد تكون مجمعة على تحريمه كمن يفهم من الزيارة لقبورهم الحج إليهم ودعاءهم من دون الله، فهذا مجمع على تحريمه، فمن يفهم من الزيارة الحج إليهم ودعاءهم من دون الله فهذا مجمع على تحريمه، والله أعلم. الوجه العاشر: أن النهي عن شدّ الرحال إلى غير المساجد الثلاثة كزيارة القبور؛ إنما يكون تنقّصا بالنبي لو كانت زيارة القبور المشروعة هي من باب تعظيم الزائر للمزور، والخضوع له، وإنه إنما شرع زيارة قبره لعظم قدره وجاهه عند الله، وعلوّ مرتبته عنده. فإن قيل: إنه لا يزار قبره أو لا يسافر إلى زيارة قبره، كان ذلك غضا ونقصا لمنزلته المذكورة. وليس الأمر في دين الإسلام كذلك، بل زيارة القبور التي شرعها رسول الله صلى الله عليه وسلّم إذنا فيها وفعلا لها أو ترغيبا فيها؛ إنما المقصود بها نفع الزائر للمزور، وإحسانه إليه بدعائه له واستغفاره له إن كان مؤمنا، وإن كان كافرا. فالمقصود بها تذكرة الموت، ليس المقصود بما شرعه الله ورسوله صلى الله عليه وسلّم من زيارة القبور خضوع الزائر للمزور لعلوّ جاهه وقدره. وبهذا يظهر الفرقان بين الزيارة الشرعية والمباحة والمستحبة، وبين الزيارة البدعية المكروهة المنهي عنها. وإذا كان كذلك؛ فمعلوم أن الأنبياء والصالحين إذا كانت زيارة قبورهم إنما هي الدعاء لهم، كما يصلّى على جنائزهم، كزيارة سائر قبور المؤمنين ليست خضوعا من الزائر لهم لعلو جاههم وعظم قدرهم؛ لم يكن في ترك هذه الزيارة تنقّص بهم، ولا غضّ من قدرهم، فترك الإنسان زيارته لكثير من قبور المسلمين لا يكون تنقّصا لهم، ولو كان ترك زيارتهم تنقصا لكان فعلها واجبا. وكذلك إذا نهي عن السفر إليها كما نهي عن السفر لزيارة سائر القبور، فلا يخطر ببال أحد أن ذلك تنقّص بهم، فأن لا يكون ذلك تنقّصا بالأنبياء أولى وأحرى، وإنما ظنّ النهي أو الترك تنقصا من ظن أن الزيارة خضوع لهم لجاههم وعظم قدرهم، كالإيمان بهم وطاعتهم وتصديقهم فيما أخبروا به عن الله. ولا ريب أن من قال لا يجب الإيمان بهم أو لا تجب طاعتهم وتصديقهم أو طعن في شيء مما أخبروا به عن الله أو أمروا به فقد تنقّصهم وهو كافر مرتد إن أظهر ذلك، ومنافق زنديق إن أبطنه. وهذا الموضع منشأ الاشتباه على كثير من الناس، فلفظ زيارة القبور في كلام الرّسول صلى الله عليه وسلّم وما فعله هو من الزيارة لم يكن شيء منها خضوعا للميت، ولا تعظيما له لجاهه وقدره، بل كان ذلك دعاء له كما يدعى له إذا صلّى على جنازته، وإذا كان الذي يصلّي على جنازته ويزار قبره أعظم قدرا كان الدعاء له أعظم، لكن فرق بين أن يقصد دعاء الله له ليرحمه ويزيده من فضله، وبين أن يقصد دعاؤه وسؤاله والاستشفاع به لجاهه وقدره عند الله. فالزيارة المشروعة من الجنس الأول من جنس