du fait qu’il ignore la divergence, et il se trompe en nourrissant cette présomption ; il n’a donc pas raison. Celui qui possède la science constitue une preuve contre celui qui ne la possède pas, et l’affirmatif prévaut sur le négateur. Neuvième réponse : La prétention à l’ijmâʿ appartient aux sciences réservées aux spécialistes ; il est impossible, dans ce domaine, d’affirmer avec certitude ce qu’ont dit tous les savants. Elle signifie seulement que l’on ne connaît pas d’avis contraire ; elle ne signifie nullement qu’il n’existe pas d’avis contraire, car cela reviendrait à parler sans science. C’est pour cette raison que les imâms – tels ash-Shâfiʿî, Aḥmad et d’autres – ont réfuté quiconque revendiquait le consensus dans ce sens. Ash-Shâfiʿî a longuement développé ce point, et Aḥmad répétait souvent : « Quiconque prétend l’ijmâʿ a menti ; comment peut-il savoir que les gens n’ont pas divergé ? » Il disait plutôt : « Je ne connais pas de contradicteur. » Abû Thawr a également déclaré : « L’expression “consensus” signifie seulement que nous ne connaissons pas d’opposant. » Or on ne connaît personne qui ait revendiqué l’ijmâʿ sur ces questions sans qu’on découvre, dans certains des consensus qu’il cite, une divergence qui lui avait échappé, comme cela a été exposé en divers endroits. Si telle est la situation des grands savants lorsqu’ils revendiquent un consensus, que dire du contestataire présent qui se prévaut d’une telle unanimité ? Depuis qu’il a avancé un ijmâʿ dans cette question litigieuse – le voyage vers un autre lieu que les trois mosquées – il considère que le simple déplacement pour visiter les tombes fait l’objet d’un accord unanime, et que quiconque dit le contraire rabaisse les prophètes et leur déclare ouvertement son inimitié ! Pourtant, le consensus des savants musulmans est exactement l’inverse de ce qu’il imagine, lui et ses semblables qui se permettent de légiférer sans science. Ils sont en effet unanimes à reconnaître que la parole du Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui : « On ne prépare les montures (pour voyager) que vers trois mosquées » englobe le fait de se mettre en route pour visiter les tombes. Ils ont ensuite divergé pour savoir si ce hadith implique l’interdiction absolue ou la simple absence de mérite et de recommandation. Celui qui affirme qu’il est recommandé de se mettre en route vers un autre lieu que ces trois – comme pour visiter les tombes – est donc bel et bien celui qui contredit le consensus, sans le moindre doute, en même temps qu’il contredit le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui. Il fait partie de ceux qui se sont opposés au Messager et aux croyants et ont suivi une autre voie que la leur. Toutefois, tant que la guidée ne lui est pas devenue claire, qu’il n’a pas encore pris connaissance de la parole du Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – et des croyants, on ne le déclare pas mécréant, car Allâh n’a menacé que celui qui s’oppose au Messager après que la guidée lui est apparue clairement et suit une voie autre que celle des croyants ; Il l’a menacé de le laisser à ce qu’il aura choisi, de le faire entrer en Enfer – quelle détestable destination ! Ainsi, quiconque prétend qu’il est recommandé de voyager vers un lieu autre que les trois, comme la visite des tombes, s’oppose au Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – et aux savants de sa communauté. Quant au voyage vers sa mosquée – paix et bénédictions sur lui –, il s’agit d’un voyage vers l’une des trois mosquées et il n’entre pas dans ce qui est interdit. Celui qui, dans sa mosquée, accomplit la visite légiférée, prie sur lui conformément à ce qu’Allâh a prescrit et enseigné, agit bien dans cette visite, tout comme il a bien agi en préparant sa monture pour se rendre à sa mosquée. Telle est également l’unanimité des musulmans, de même qu’ils sont unanimes à dire que l’on ne prépare pas les montures pour la seule visite des tombes. Le consensus autorisant le voyage vers sa mosquée et la visite conforme à la Loi est donc véridique, tout comme l’est le consensus établissant qu’il n’est pas recommandé de se mettre en route vers un autre lieu que ces trois ; chacun de ces deux consensus repose sur un texte explicite du Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui. Le véritable savant est donc celui qui suit l’un et l’autre, et non celui qui
علمه النزاع وهو مخطئ في هذا الظن لا مصيب. ومن علم حجة على من لم يعلم، والمثبت مقدم على النافي. الوجه التاسع: إن دعوى الإجماع من علم الخاصة الذي لا يمكن الجزم فيه بأقوال العلماء، إنما معناها عدم العلم بالمنازع، ليس معناها الجزم بنفي المنازع، فإن ذلك قول بلا علم، ولهذا رد الأئمة كالشافعي وأحمد وغيرهما على من ادّعاها بهذا المعنى، وبسط الشافعي في ذلك القول، وأحمد كان يقول هذا كثيرا، ويقول: من ادعى الإجماع فقد كذب، وما يدريه أن الناس لم يختلفوا؟ ولكن يقول: لا أعلم مخالفا. وأبو ثور قال: إن الذي يذكر من الإجماع معناه أنا لا نعلم منازعا، ثم ما يعرف من ادعى الإجماع في هذه الأمور إلا وقد وجد في بعض ما نذكره من الإجماعات نزاعا لم يطّلع عليه، كما قد بسط الكلام على هذا في مواضع. فإذا كان هذا في ادّعاء العلماء الأكابر فكيف بما يدّعيه هذا المعترض من الإجماع، وهو من حين ادعائه الإجماع في هذه المسألة المتنازع فيها- وهو السفر إلى غير المساجد الثلاثة- فجعل السفر لمجرد زيارة القبور أمرا مجمعا عليه وإن من قال بخلاف ذلك فقد تنقّص الأنبياء وجاهرهم بالعداوة؟ والإجماع من علماء المسلمين إنما هو على خلاف ما ظنه هو وأمثاله ممن يتحكمون في الدين بلا علم، فإنهم مجمعون على أن قول رسول الله صلى الله عليه وسلّم: «لا تشد الرحال إلا إلى ثلاثة مساجد» متناول لشد الرحال لزيارة القبور، ثم تنازعوا هل موجب الحديث النهي والتحريم أو موجبه نفي الفضيلة والاستحباب؟ فمن قال إنه يستحب شدّ الرحال إلى غير الثلاثة كزيارة القبور؛ فهذا هو الذي خالف الإجماع بلا ريب، مع مخالفته للرسول صلى الله عليه وسلّم، فهو ممن خالف الرسول والمؤمنين واتبع غير سبيلهم، لكن إذا لم يكن قد تبين له الهدى عرف ما قاله الرسول صلى الله عليه وسلّم والمؤمنون لم يكفر، فإن الله إنما ألحق الوعيد بمن شاق الرسول من بعد ما تبيّن له الهدى واتبع غير سبيل المؤمنين، فقد توعّده بأنه يولّيه ما تولّى ويصليه جهنم وساءت مصيرا. ومن قال: إن السفر إلى غير الثلاثة كزيارة القبور مستحب، فقد خالف الرسول صلى الله عليه وسلّم وخالف علماء أمته. وأما السفر إلى مسجده صلى الله عليه وسلّم فهو سفر إلى أحد المساجد الثلاثة ليس مما نهى عنه، وإذا فعل في مسجده ما شرع من الزيارة الشرعية وصلى عليه وسلم كما أمر الله وعلّم فهو محسن في هذه الزيارة، كما كان محسنا في شد الرحل إلى مسجده، وهذا هو الذي أجمع عليه المسلمون أيضا، كما أجمعوا أنه لا تشدّ الرحال لمجرد زيارة القبور، فذاك الإجماع على شدها إلى مسجده وزيارته الشرعية حق، وهذا الإجماع على أنه لا يستحب شد الرحال إلى غير الثلاثة حق، وكلا الإجماعين معه نص عن الرسول صلى الله عليه وسلّم. والعالم من اتبع هذا وهذا، ليس هو من