Les Turcs tatars (1) allèrent jusqu’à commettre, dans les contrées de l’islam, ce qu’ils avaient déjà perpétré en Irak, au Khorâsân, dans la Djazîrah, en Syrie et ailleurs. Ils agirent de même en Égypte et au Maghreb sous la dynastie des ‘Ubaydiyyîn.
Or, lorsqu’un tel propos est tenu par les gens de l’innovation et de l’égarement – voire par les apostats et les hypocrites –, pareillement à ce que les mécréants disent des croyants, il arrive aussi qu’il soit formulé à juste titre contre celui qui le mérite. Toutefois, la plupart de ceux que l’on a vus accuser les savants de la sorte sont précisément les sectateurs de l’innovation, les hypocrites et les mécréants. Il ne fait dès lors aucun doute que la parole de ce novateur ignorant leur ressemble davantage ; car il appartient aux gens de l’innovation, dépourvu qu’il est de toute compétence en matière de réflexion et d’argumentation.
Quatrième réponse :
Les savants musulmans et les imâms de la religion n’ont jamais cessé de diverger sur certaines questions : tel autorise, concernant les relations conjugales, ce qu’un autre interdit. Ainsi, nombre d’entre eux permettent le mariage avec la mère ou la fille de la femme avec laquelle on a forniqué, ne considérant pas que la fornication fasse naître l’interdiction de l’alliance par mariage ; c’est l’avis d’ach-Châfi‘î et d’autres. D’autres l’interdisent ; c’est la position d’Abû Hanîfa et de Mâlik.
Ils ont également divergé au sujet des formules allusives de divorce manifestes, telles que « khaliyya », « barîya », « bâ’in », « batta » et assimilées. Certains disent : « il s’agit d’une (répudiation) unique, révocable », ainsi que l’ont affirmé ‘Umar ibn al-Khattâb et d’autres ; c’est aussi l’avis d’ach-Châfi‘î et de nombreux savants. D’autres soutiennent qu’elles valent pour trois répudiations, comme cela est rapporté de ‘Alî ; c’est l’école de Mâlik et d’autres. D’autres encore estiment qu’elles constituent une seule répudiation, mais irrévocable, comme on le rapporte d’Ibn Mas‘ûd ; c’est la position d’Aḥmad.
Aḥmad, pour sa part, se montrait réservé : les trois répudiations lui paraissaient prépondérantes, mais il répugnait à en émettre la fatwa. S’il était expressément destiné à une seule, elle devenait, selon lui, révocable ; même s’il avait l’intention d’une répudiation irrévocable, elle ne serait que révocable – à l’instar de l’avis d’ach-Châfi‘î. Il est toutefois rapporté de lui qu’elle pourrait être irrévocable, à l’image de l’opinion d’Abû Hanîfa.
Ils ont encore divergé sur le cas où l’homme procède à un khul‘ après deux répudiations. Ibn ‘Abbâs, Tâwûs, ‘Ikrima et d’autres l’ont autorisé, disant : « Le khul‘ n’est pas un ṭalâq », et ils se sont appuyés sur le Livre et la Sunna. C’est l’un des deux avis rapportés d’ach-Châfi‘î, ainsi que l’opinion apparente d’Aḥmad, d’Ishâq, d’Abû Thawr, d’Ibn al-Mundhir, d’Ibn Khuzayma et d’autres spécialistes du ḥadîth.
D’aucuns ont dit : « Il s’agit plutôt d’une seule répudiation », comme on le rapporte de ‘Uthmân et d’autres Compagnons. Aḥmad, Ibn Khuzayma et d’autres ont toutefois jugé faibles tous les récits attribués aux Compagnons, à l’exception de celui d’Ibn ‘Abbâs. Cette opinion est également celle de nombreux Tâbi‘în et représente l’école de Mâlik, d’Abû Hanîfa et le second avis d’ach-Châfi‘î.
Ils ont débattu d’autres questions encore ; et tous, en tant que mujtahidûn, sont considérés comme atteignant la justesse en ce sens qu’ils obéissent à Allâh. Quant à la science du jugement divin dans la réalité même, un seul est dans le vrai et obtient deux récompenses, tandis que l’autre en reçoit une
(1) Comme l’ont fait l’« ennemi de Dieu » an-Nasîr al-Tûsî et Ibn al-‘Alqamî, et parmi leurs complices dans ces crimes, Ibn Abî l-Hadîd, commentateur du Nahj al-Balâgha, qui composait des poèmes pour diviniser notre maître ʿAlî (que Dieu soit satisfait de lui). Or, s’il avait été soumis à la juridiction de ʿAlî, celui-ci l’aurait condamné à mort. Voir al-Muntaqā min Minhāj al-Iʿtidāl, p. 20, abrégé par al-Ḥâfiẓ al-Dhahabî d’après Minhāj al-Sunnah de Shaykh al-Islām. (M)
الترك التتار
«١»
حتى فعلوا بديار الإسلام ما فعلوه بالعراق وخراسان والجزيرة والشام، وغير ذلك. وكذلك فعلوا بمصر والمغرب في دولة العبيديين.
وإذا كان مثل هذا القول يقوله أهل البدع والضلال بل أهل الردة والنفاق، كما يقوله الكفار في أهل الإيمان، وقد يقوله المحقّ فيمن يستحقّه، وأكثر من عرف أن يقوله في أهل العلم هم أهل البدع والنفاق والكفار. ولا ريب أن قول هذا المبتدع الجاهل هو بهم أشبه إذ هو من أهل البدع الجهال، ليس هو ممن يعرف النظر والاستدلال.
الوجه الرابع:
أن يقال: علماء المسلمين وأئمة الدين ما زالوا يتنازعون في بعض المسائل فيبيح هذا من الفروج ما يحرّمه هذا، كما يبيح كثير نكاح أم المزني بها وابنتها، ولا يرون الزنا ينشر حرمة المصاهرة، وهو قول الشافعي وغيره. وآخرون يحرّمون ذلك وهو مذهب أبي حنيفة ومالك، وتنازعوا في الخلية والبرية والبائن والبتة ونحو ذلك من كنايات الطلاق الظاهرة، فقوم يقولون هي واحدة رجعية كما قاله عمر بن الخطاب وغيره، وهو قول الشافعي وغيره. وقوم يقولون هي ثلاث؛ كما نقل عن عليّ، وهو مذهب مالك وغيره. وقوم يقولون واحدة بائنة كما نقل عن ابن مسعود، وهو مذهب أحمد. وأحمد كان يتوقّف في ذلك وترجّح عنده الثلاث ويكره أن يفتي به، وإن نوى واحدة فهي رجعية عنده، ولو نوى بائنة لم تكن إلا رجعية كقول الشافعي، وروي عنه أنها تكون بائنة، كقول أبي حنيفة.
وكما تنازعوا فيما إذا خلعها بعد طلقتين فأباحها ابن عباس وطاوس وعكرمة وغيرهم،
وقالوا:
الخلع ليس بطلاق، واستدلّوا بالكتاب والسنة وهو أحد قولي الشافعي، وظاهر مذهب أحمد وإسحاق وأبي ثور وابن المنذر وابن خزيمة وغيرهم من فقهاء الحديث،
وقيل:
بل هي طلقة واحدة كما نقل عن عثمان وغيره من الصحابة، لكن ضعّف أحمد وابن خزيمة وغيرهما كل ما نقل عن الصحابة إلا قول ابن عباس، وهو قول كثير من التابعين، وهو مذهب مالك وأبي حنيفة والشافعي في القول الآخر.
وتنازعوا فيما سوى ذلك، وهم كلهم مجتهدون مصيبون بمعنى أنهم مطيعون لله، وأما بمعنى العلم بحكمه في نفس الأمر فالمصيب واحد وله أجران والآخر له
(١) «كما فعل عدوّ الله النصير الطوسي وابن العلقمي، وكان من أعوانهما على هذه الجرائم ابن أبي الحديد شارح نهج البلاغة، الذي كان ينظم الشعر في تأليه سيدنا علي رضوان الله عليه، ولو كان تحت حكم سيدنا علي لحكم بقتله. انظر «المنتقى من منهاج الاعتدال» ص ٢٠ الذي اختصره الحافظ الذهبي من «منهاج السنة» لشيخ الإسلام» (م).