selon leur prétention.
Si donc de tels propos peuvent être tenus par les gens du faux – parmi les mécréants – à l’encontre des croyants, tout comme ils peuvent être prononcés, à titre de simple affirmation, par les gens de la vérité, ils ne sauraient pour autant être acceptés. Il incombe plutôt à celui qui avance une telle allégation de démontrer que ce qu’il affirme relève bien des paroles que tiennent les gens de la vérité au sujet des gens du faux, et non l’inverse.
Troisième point :
Parmi les savants en litige, il arrive que les sectateurs de l’innovation et des passions tiennent ce genre de propos au sujet des imâms de la Sunna et du consensus.
Ainsi les Râfidites déclarent :
– « Les Compagnons ont contrevenu au texte explicite du Messager d’Allâh – que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui – au sujet du califat de ‘Alî ; ils l’ont modifié et tenu caché, ce qui constitue une faute plus grave encore que la simple opposition au consensus. »
– Ils disent encore : « La majorité des musulmans ont, à leurs yeux, autorisé l’union avec les femmes des Gens du Livre, alors qu’Allâh l’a interdite dans le domaine charnel. »
– Et ils affirment : « Les Compagnons et la masse de la communauté ont rabaissé la valeur des alliés d’Allâh, ‘Alî et les imâms de sa Maison ; or ces derniers sont, pour eux, les califes bien guidés et ils les déclarent infaillibles, allant jusqu’à l’extrémisme dans cette infaillibilité. »
Ils ajoutent :
– « Il ne leur est en aucun cas permis d’être sujets à l’oubli ou à l’erreur. » Ils ont même exagéré l’infaillibilité des Prophètes afin de préparer le terrain à leur prétention concernant l’infaillibilité des imâms, alliés d’Allâh, puisque, pour un groupe d’entre eux, ces imâms sont supérieurs aux Prophètes (1).
– La plupart disent : « Les hommes ont plus besoin d’eux que des Prophètes ; ils peuvent se passer du Prophète – que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui – mais non de l’imâm infaillible, dont la présence est, selon eux, obligatoire en tout temps. »
– Ils déclarent encore : « Dès sa prime enfance, l’imâm est infaillible. » De là, ils ont soutenu que le Prophète lui-même devait, avant la prophétie, être infaillible de toute erreur et de tout oubli. Certains ont prétendu qu’il est indispensable que le Prophète et l’imâm connaissent la langue de chaque peuple auquel ils sont envoyés, malgré la diversité et la multitude de ces langues ; qu’ils doivent également être savants dans les métiers, les commerces et l’ensemble des artisanats, afin de se passer, par leur science, de tout recours à un membre de leur communauté en matière religieuse ou mondaine. Or, un tel recours impliquerait que l’infaillible se tourne vers un non-infaillible susceptible d’erreur, ce qui, selon eux, signifierait son imperfection et son besoin.
À leurs yeux, quiconque nie cela au sujet des imâms et des Prophètes s’est rendu coupable de réduire la dignité des Prophètes et d’amoindrir le rang des imâms et des alliés d’Allâh. Pour eux, celui qui tient de tels propos s’est nécessairement aventuré à dénigrer les Prophètes, et il devient impératif de le combattre, de se dresser contre lui et de le viser de l’épée de la Loi mohammadienne, en appliquant ce qui s’impose du fait de ses paroles, par soutien aux Prophètes, aux Messagers et aux alliés d’Allâh, imâms de la religion.
C’est par ce genre d’allégations que les gens de l’innovation se sont autorisés à déclarer la masse des musulmans mécréants, à les combattre, à rendre licites leur sang, leurs biens, la capture de leurs femmes et de leurs enfants, et à chercher l’aide des mécréants parmi les chrétiens et les idolâtres contre eux.
(1) Comme l’a écrit l’auteur du livre « Le Gouvernement islamique » (p. 52) : « Parmi les nécessités de notre doctrine figure que nos imams occupent une station qu’aucun ange rapproché ni aucun prophète envoyé ne peut atteindre. Et selon les récits et hadiths dont nous disposons, le Très Noble Prophète (paix et salut sur lui et sur sa famille) et les imams (a) étaient, avant la création de ce monde, des lumières… Il ajoute : “Et il a été rapporté de leur part (a) : ‘Nous avons auprès de Dieu des états qu’aucun ange rapproché ni aucun prophète envoyé ne peut accueillir.’” ! Je dis : « Gloire à Toi, ô Allah, cela est une immense calomnie ! »
زعمهم. فإذا كان مثل هذا الكلام قد يقوله أهل الباطل من الكفار لأهل الإيمان كما قد يقوله أهل الحق بمجرّد دعواه لا يقبل، بل على المدعي أن يبين أن ما ادعاه مما يقوله أهل الحق في أهل الباطل دون العكس.
الوجه الثالث:
إن المتنازعين من الأئمة قد يقول أهل البدع منهم والأهواء مثل هذا في أئمة السنة والجماعة،
كما يقول الرافضة:
إن الصحابة خالفوا نصّ الرسول صلى الله عليه وسلّم بالخلافة على عليّ وبدّلوه وكتموه، وذلك أعظم من مخالفة الإجماع،
ويقولون:
إن جمهور المسلمين أباحوا نكاح الكتابيات عندهم مما حرمه الله من الإبضاع.
ويقولون:
إن الصحابة وجمهور الأمة حطّوا من مقادير أولياء الله عليّ وأئمة أهل بيته، وهم الخلفاء الراشدون وهم عندهم معصومون، وهم غلاة في عصمتهم،
وقالوا:
إنه لا يجوز عليهم السهو والغلط بحال، وغلوا في عصمة الأنبياء ليكون ذلك تمهيدا لما يدّعونه من عصمة الأئمة أولياء الله، إذ هم عند طائفة منهم أفضل من الأنبياء
«١»
، وجمهورهم يقولون الناس أحوج إليهم منهم إلى الأنبياء، وإنهم قد يستغنون عن النبي صلى الله عليه وسلّم ولا يستغنون عن الإمام المعصوم، وذلك واجب عندهم في كل زمان،
وقالوا:
إنه من حين صغره يكون معصوما، حتى قالوا لأجل ذلك إن النبي يجب أيضا أن يكون قبل النبوة معصوما من الغلط والسهو في كل شيء، وزعم بعضهم أنه لا بدّ أن يكون النبيّ والإمام عارفا بلغة كل من بعث إليهم على اختلاف لغاتهم وكثرتها، ولا بد أيضا أن يكون عالما بالصنائع والمتاجر وسائر الحرف، ليكون مستغنيا بعلمه عن الرجوع إلى أحد من رعيته في دين أو دنيا، وذلك يوجب رجوع المعصوم إلى غير المعصوم وإلى من يجوز عليه الخطأ أو الغلط، ولأن رجوعه إليهم يقتضي نقصه عندهم وحاجته.
وعندهم أن من نفى هذا عن الأئمة والأنبياء فقد تعرّض لتنقيص الأنبياء وحطّ من مقادير الأئمة والأولياء. وعندهم أن من قال ذلك فقد تجرّأ بما ادّعاه وقاله على تنقيص الأنبياء لا محالة، فتعين عندهم مجاهدته والقيام عليه والقصد بسيف الشريعة المحمدية إليه، وإقامة ما يجب بسبب مقالته نصرة للأنبياء والمرسلين ولأولياء الله أئمّة الدين. وبهذا ونحوه استحلّ أهل البدع تكفير جمهور المسلمين وقتالهم، واستحلّوا دماءهم وأموالهم وسبي عيالهم، واستعانوا عليهم بالكفار من النصارى والمشركين
(١) كما قال صاحب كتاب «الحكومة الإسلامية» (ص ٥٢): «وإن من ضروريات مذهبنا أن لأئمتنا مقاما لا يبلغه ملك مقرّب ولا نبيّ مرسل، وبموجب ما لدينا من الروايات والأحاديث، فإن الرسول الأعظم صلّى الله عليه وآله وسلّم، والأئمة (ع) كانوا قبل هذا العالم أنوارا ... إلى أن قال: وقد ورد عنهم (ع): إن لنا مع الله حالات لا يسعها ملك مقرب ولا نبي مرسل»!!.
أقول: «سبحانك اللهم هذا بهتان عظيم».