[Chapitre : Calomnie de l’objecteur à l’encontre de l’auteur]
L’objecteur déclara :
« Combien de questions, en vérité, le tenant de cette opinion a-t-il abordées en violant le consensus ! Combien de fatwas a-t-il émises dans lesquelles il a rendu licite ce qu’Allâh a interdit en matière d’unions charnelles ! Il s’est permis de dénigrer les Prophètes et d’amoindrir le rang des Compagnons et des saints. Par les prétentions qu’il avance et les paroles qu’il profère, il a, sans nul doute, porté atteinte aux Prophètes. Il devient donc indispensable de le combattre, de se dresser contre lui, de le viser avec l’épée de la Loi mohammadienne, et de mettre en œuvre ce qui s’impose en raison de ses propos, en défense des Prophètes et des Envoyés, afin qu’il soit un exemple pour qui réfléchit et que ses semblables parmi les rebelles en soient dissuadés. Louange à Allâh, Seigneur des mondes. »
Fin de sa déclaration.
La réponse à cela se présentera sous plusieurs angles.
Premier point :
Ce propos ne traite nullement de la question scientifique ayant fait l’objet du litige, et aucune autre question précise n’a été citée pour que l’on y rapporte la parole des savants et les indications du Livre et de la Sunna. Il ne s’agit que d’accusations dépourvues de preuve à l’encontre d’une personne déterminée ; or, il est notoire, d’après le consensus, que de tels propos ne sont pas recevables.
Le Prophète — qu’Allâh prie sur lui et le salue — a dit dans le hadith authentique :
« Si l’on accordait aux gens ce qu’ils revendiquent, certains réclameraient le sang et les biens d’autrui ; mais le serment incombe au défendeur. » (1)
Deuxième point :
Nous dirons encore : il est connu qu’il n’est pas de gens d’égarement qui n’imputent aux partisans de la vérité des accusations du même genre. Ainsi, les Juifs prétendent que le Messager d’Allâh — qu’Allâh prie sur lui et le salue — et sa communauté ont rendu licite ce qu’Allâh a interdit, tel que le travail le jour du sabbat, ou la consommation de tout animal pourvu de sabots fendus, comme le chameau, le canard ou l’oie, ainsi que la graisse de la poitrine et celle qui entoure les reins, et d’autres choses semblables.
Les Chrétiens, pour leur part, soutiennent que [les musulmans] ont dénigré le Messie et les apôtres — lesquels, à leurs yeux, sont des envoyés de Dieu, qu’ils placent parfois au-dessus d’Ibrâhîm et de Mûsâ. À propos du Messie, ils affirment qu’il est Dieu, ou qu’il est le fils de Dieu ; et celui qui dit qu’il est le serviteur de Dieu, selon eux, l’insulte et le rabaisse. Les deux communautés interdisent le concubinage ; les Chrétiens interdisent le divorce ; chez les Juifs, si la femme répudiée se remarie, elle demeure à jamais interdite à son premier mari. Les Chrétiens, de plus, interdisent parfois d’épouser la fille de l’oncle ou de la tante, paternels ou maternels, et ils interdisent qu’un homme prenne plus d’une épouse.
Ainsi, pour ces deux communautés, Muhammad — qu’Allâh prie sur lui et le salue — et sa communauté auraient autorisé ce qu’Allâh a proscrit en matière d’unions charnelles