et les Tâbiʿîn ainsi que les imâms des musulmans, de voyager jusqu’à sa Mosquée ? Or il y est expressément déclaré que cet acte constitue une obéissance légitimée par le Texte et par le consensus. Quant à la visite de sa personne, la même réponse l’aborde.
S’agissant des ḥadiths que l’interrogateur a cités au sujet de la visite de la tombe du Prophète ﷺ, ils sont tous faibles selon l’unanimité des spécialistes du ḥadith ; ils sont même apocryphes, car aucun auteur des Sunan reconnues n’en a rapporté la moindre trace et aucun imâm ne s’est appuyé sur eux.
Mieux encore, Mâlik — l’imâm des habitants de la cité prophétique, les plus au fait du statut de cette question — a jugé répréhensible qu’un homme dise : « J’ai visité la tombe du Prophète ﷺ. » Si cette formulation avait été légiférée, connue ou transmise du Prophète ﷺ, jamais le savant de Médine ne l’aurait désapprouvée.
Quant à l’imâm Aḥmad — le plus versé, en son temps, dans la Sunna — lorsqu’on l’interrogea sur ce point, c’est-à-dire sur la visite de la tombe du Prophète ﷺ, il ne trouva, parmi les ḥadiths, rien de fiable à invoquer hormis le propos d’Abû Hurayrah, qu’Allah l’agrée : le Prophète ﷺ a dit :
« Nul n’adresse le salâm sur moi sans qu’Allah ne me rende mon âme afin que je lui rende son salâm. »
Abû Dâwûd se fonda sur ce texte dans ses Sunan, et Mâlik, dans son Muwaṭṭaʾ, rapporta de ʿAbdullâh b. ʿUmar que, lorsqu’il entrait dans la mosquée, il disait : « As-salâmu ʿalayka yâ Rasûl-Allâh, as-salâmu ʿalayka yâ Abâ Bakr, as-salâmu ʿalayka yâ Abatî, » puis il se retirait.
Il a donc été indiqué dans la réponse que tous les récits relatifs à la visite de sa tombe sont faibles et qu’aucun imâm ne s’y est fié. Mâlik alla jusqu’à réprouver l’expression : « J’ai visité la tombe du Prophète ﷺ. » Toutefois, Aḥmad et d’autres — comme Abû Dâwûd et ʿAbd al-Malik b. Ḥabîb — se sont appuyés, pour la visite de sa tombe, sur la parole prophétique : « Nul n’adresse le salâm sur moi sans qu’Allah ne me rende mon âme afin que je lui rende son salâm. »
Mâlik, Aḥmad et d’autres encore ont également invoqué le ḥadith d’Ibn ʿUmar qui adressait le salâm au Prophète ﷺ, à Abû Bakr et à ʿUmar. Pour les imâms tels que Mâlik et Aḥmad, ce qui est retenu à ce sujet est donc le salâm qui lui est adressé ; c’est cela qu’ils nomment « visite de sa tombe ». Aussi Aḥmad, Abû Dâwûd et d’autres désignent-ils l’acte d’adresser le salâm comme la visite de sa tombe ﷺ.
Abû Dâwûd a d’ailleurs intitulé le chapitre correspondant : « Ce qui est rapporté au sujet de la visite de la tombe du Prophète ﷺ. » Quant à Mâlik, il recommande ce salâm sans toutefois le nommer « visite de sa tombe » ; son propos — déjà cité — montre qu’en divers passages il ne préconise rien d’autre que le salâm, conformément au récit d’Ibn ʿUmar.
Les pieux prédécesseurs, Compagnons et Successeurs, lorsqu’ils lui adressaient le salâm et souhaitaient ensuite invoquer, se tournaient vers la qibla et non vers la tombe.
S’agissant de la position de celui qui prononce le salâm, Abû Ḥanîfah dit : « Il se tourne également vers la qibla et non vers la tombe. »
La majorité des imâms, en revanche, soutient qu’il se tourne vers la tombe uniquement au moment d’adresser le salâm. Aucun imâm n’a dit qu’il faille se tourner vers la tombe lorsqu’on invoque pour soi — à l’instar de ceux qui implorent le secours du défunt. Personne non plus, parmi les imâms, n’a prescrit de se tourner vers la tombe dans cette situation, si ce n’est dans un récit mensonger rapporté de