Section – Prétention de l’objecteur : l’auteur aurait enfreint le consensus
L’objecteur a déclaré :
« Il résulterait de son allégation que l’interdiction en question ferait l’objet d’un consensus, ce qui impliquerait que les nobles Compagnons, les Tâbiʿûn et, après eux, les savants mujtahidûn, auraient enfreint ce consensus, persistant à entériner l’illicite, commettant eux-mêmes, ainsi que par leurs avis juridiques, ce qui n’est pas permis ; ils seraient donc unanimes dans l’égarement, engagés sur la voie de l’aveuglement et de l’ignorance. »
Nous répondons :
Ceci appartient à la même veine que ses propos précédents ; il contient des paroles blâmables et mensongères dont seul le Seigneur des mondes embrasse la totalité des détails.
En effet, la réponse ne faisait que rappeler le consensus selon lequel le voyage entrepris vers tout autre lieu que les trois mosquées — comme la visite des tombes — n’est ni recommandé, ni acte de rapprochement, ni obéissance. Nul ne rapporte la moindre divergence, parmi les Compagnons, les Tâbiʿûn ou les imâms mujtahidûn, quant au fait que voyager dans le seul but de visiter des tombes serait recommandé ; personne ne saurait attribuer semblable opinion à l’un quelconque des Salaf, aux quatre imâms ou à d’autres.
De surcroît, à l’époque des Compagnons — qu’Allah les agrée — il n’existait, dans les terres d’Islam, aucun tombeau, mausolée ou vestige pour lequel on entreprenait un voyage. Personne, au temps des Compagnons ni des Tâbiʿûn, ne se rendait à la tombe d’Ibrâhîm al-Khalîl ; celle-ci n’était d’ailleurs pas apparente : elle se trouvait dans la caverne sur laquelle avait été édifiée une construction empêchant l’accès.
On rapporte que Sulaymân — sur lui la paix — l’aurait bâtie, tout comme la chambre fut édifiée sur la tombe de notre Prophète — prières et salut sur lui. Les Compagnons et les Tâbiʿûn se rendaient à Bayt al-Maqdis, mais ils ne voyageaient pas vers la tombe d’al-Khalîl.
Quant à la tombe de Yûsuf, elle ne fut révélée que sous le califat d’al-Muqtadir ; une vieille femme liée à la Maison du califat la fit connaître. Ce mausolée ne possédait même pas de porte jusqu’à ce que les Francs — infidèles — s’emparassent du pays : ils y percèrent une brèche, y entrèrent, et celle-ci tint lieu de porte. Lorsque les musulmans reprirent ces contrées, cette ouverture ne fut pas rebouchée.
La Sunnah veut pourtant qu’on l’obture et que nul n’y pénètre, que ce soit pour y prier ou pour toute autre raison, conformément à la pratique qui prévalait à l’époque des califes bien guidés, puis des Compagnons et des Tâbiʿûn.
À quel moment, donc, les Compagnons ou les Tâbiʿûn ont-ils approuvé quelqu’un qui plie bagage vers un autre lieu que les trois mosquées — qu’il s’agisse de tombes ou d’autres sites ?
Ainsi, lorsque Buṣrah vit Abû Hurayrah revenir du Ṭūr — le mont sur lequel Allah parla à Mûsâ — il lui dit : « Si je t’avais rencontré avant que tu t’y rendes, tu ne t’y serais pas rendu ; j’ai entendu l’Envoyé d’Allah — paix et salut sur lui — dire : “On ne scelle la monture que pour trois mosquées.” » Abû Hurayrah approuva cette parole. Tel est le récit rapporté par les auteurs des Sunan et par Mâlik dans le Muwaṭṭaʾ ; et dans les deux Ṣaḥîḥ il est rapporté qu’Abû Hurayrah — qu’Allah l’agrée — transmit ce hadith-ci ainsi que l’autre. Dès lors, il faut soit que Abû
[فصل [زعم المعترض أن المؤلف خرق الإجماع]
]
قال المعترض:
«ثم يلزم من دعواه أن ذلك مجمع على تحريمه؛ أن تكون السادة الصحابة مع التابعين ومن بعدهم من العلماء المجتهدين، للإجماع خارقين، مصرّين على تقرير الحرام، مرتكبين بأنفسهم وفتاويهم ما لا يجوز، مجمعين على الضلالة، سالكين طريق العماية والجهالة»
.
فيقال:
هذا من نمط ما قبله، وفيه من القول المنكر والزور ما لا يحيط بتفصيله إلا رب العالمين. وذلك أن الجواب ليس فيه إلا الإجماع على أن السفر إلى غير المساجد الثلاثة كزيارة القبور ليس مستحبا ولا قربة ولا طاعة، ولم ينقل خلاف هذا عن أحد من الصحابة والتابعين والأئمة المجتهدين، أن السفر لمجرد زيارة القبور مستحبّ، هذا لا يمكن أحد أن ينقله عن أحد من السلف والأئمة الأربعة ولا غيرهم، بل ولا كان على عهد الصحابة رضي الله عنهم في ديار الإسلام قبر ولا مشهد ولا أثر يسافر إليه، ولم يكن أحد على عهد الصحابة والتابعين يسافر إلى قبر الخليل ولا كان ظاهرا، بل كان في المغارة التي بني عليها البناء الذي يمنعه.
وقيل:
إن سليمان عليه السلام بناه كما بنيت الحجرة على قبر نبينا صلى الله عليه وسلّم وكان الصحابة والتابعون يسافرون إلى بيت المقدس ولم يكونوا يسافرون إلى قبر الخليل، وقبر يوسف نفسه إنما ظهر في خلافة المقتدر أظهره بعض العجائز المتصلة بدار الخلافة ولا كان لتلك البنية باب حتى استولى الكفار الفرنج على البلاد، فهم نقبوا نقبا ودخلوا فيه وصار ذلك مثل الباب، ثم لما فتح المسلمون البلاد لم يسد ذلك النقب.
فالسنة أن يسدّ ولا يدخل أحد إلى هناك لا لصلاة ولا غيرها، كما كان عليه الأمر على عهد الخلفاء الراشدين ومن بعدهم من الصحابة والتابعين، فمتى أقر الصحابة والتابعون أحدا على شد الرحال إلى غير المساجد الثلاثة، القبور أو غيرها؟!
وبصرة لما رأى أبا هريرة قادما من الطور الذي كلّم الله عليه موسى قال:
لو أدركتك قبل أن تذهب إليه لم تذهب،
سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلّم يقول:
«لا تعمل المطي إلا إلى ثلاثة مساجد»
ووافقه أبو هريرة على ذلك. هكذا رواه أهل السنن والموطأ وفي الصحيحين أن أبا هريرة رضي الله عنه روى هذا وذلك الحديث، فإما أن يكون أبو