des hommes quant à la religion. Cependant, Abû Ḥâmid s’est engagé dans certains domaines de la philosophie que Ibn ʿAqîl tient pour de la zandaqa (hérésie) ; celui-ci le réfuta au sujet d’un certain nombre d’interprétations philosophiques auxquelles il s’était adonné. Par ailleurs, Ibn ʿAqîl soumet les propos des soufis au crible des preuves scripturaires plus rigoureusement qu’Abû Ḥâmid¹. En définitive, quiconque connaît la véritable valeur des savants constate que ceux qui jugent illicite le voyage vers un autre lieu que les trois mosquées — qu’il s’agisse des tombes ou d’autres sites — jouissent, auprès de la communauté, d’un rang plus éminent que ceux qui l’autorisent. Quant aux personnes que le répondant a citées, il n’a mentionné, au moment de sa réponse, que ceux dont la parole lui était présente, tant de ce camp que de l’autre ; il ne s’est pas engagé à préférer l’un des deux groupes, mais a exposé l’argumentation des uns et des autres, suivant la méthode des savants. En effet, les jugements de la Loi reposent sur des preuves révélées, et la vérité se discerne par la science et l’équité. S’agissant de la préférence accordée à certaines personnes sur d’autres, dans de nombreux cas celui qui s’y livre ne se prémunit pas de parler sans science et de suivre sa passion ; le Diable y trouve un vaste terrain d’action. Le répondant ne s’est donc pas aventuré sur ce terrain ; quand bien même le contradicteur serait unique, la considération, dans les questions litigieuses, revient à la preuve, ainsi que le Très-Haut l’a dit : « Si vous divergez au sujet d’une chose, renvoyez-la à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier » (an-Nisâʾ, 59). Quant à l’affirmation de cet objecteur — selon laquelle il aurait rapporté l’autorisation de la part des imâms auxquels on se réfère dans les sciences religieuses et la fatwâ, réputés pour leur ascèse et leur piété, et qu’on ne tient pas compte de la divergence de quiconque en dehors d’eux, ni ne se réfère à quiconque autre qu’eux —, elle est nulle et non avenue. Elle émane d’un homme dépourvu de science, plongé dans l’ignorance ; car nul, au sein de la communauté, ne possède un tel privilège. Celui-ci est réservé au seul Messager — sur lui la prière et le salut —, car Lui seul ne saurait être contredit. Tout autre que le Messager, l’on accepte de sa parole ce qui est juste et l’on rejette ce qui ne l’est pas, ainsi qu’on le rapporte de Mâlik : « On prend et on laisse la parole de tout un chacun, à l’exception de l’occupant de cette tombe. » Même si l’on tenait semblable propos à propos des imâms mujtahids, tels les quatre, il ne serait déjà qu’une parole blâmable et mensongère. Que dire, alors, si quelqu’un déclarait : « On ne tient pas compte de la divergence de quiconque avec les quatre imâms ; ainsi, si Sufyân ath-Thawrî, al-Awzâʿî, al-Layth b. Saʿd, Isḥâq b. Râhawayh, Abû Thawr, Abû ʿUbayd et leurs semblables, ou encore Saʿîd b. al-Musayyab, al-Ḥasan al-Baṣrî, Ibrâhîm an-Nakhaʿî, ʿAṭâʾ b. Abî Rabâḥ, ou bien Ibn ʿUmar, Ibn ʿAbbâs, Abû Hurayrah, ʿÂʾishah et d’autres, les contredisent, on ne se soucierait pas de leur opposition » ? Pareille parole serait assurément blâmable et mensongère. À plus forte raison quand on en vient à l’affirmer au sujet de certains auteurs tardifs parmi les disciples d’al-Shâfiʿî et d’Aḥmad — qui, pourtant, se sont opposés à leurs propres maîtres —, prétendant que leurs avis seuls comptent et qu’on ne se réfère à nul autre qu’eux ! ——————— ¹ Ibn ʿAqîl soumet davantage les propos des soufis au contrôle des preuves scripturaires qu’Abû Ḥâmid.
(1) «Parce qu’Ibn Aqil connaissait mieux les textes de la sunna qu’Abu Hamid.» (M.)
الناس دينا. ولكن أبا حامد دخل في أشياء من الفلسفة هي عند ابن عقيل زندقة، وقد رد عليه بعض ما دخل فيه من تأويلات الفلاسفة. وابن عقيل يزن كلام الصوفية بالأدلة الشرعية أكثر مما يزنه أبو حامد «١» . ففي الجملة من عرف أقدار العلماء تبين له أن القائلين بالتحريم للسفر إلى غير المساجد الثلاثة؛ القبور وغيرها، هم أجل قدرا عند الأمة من القائلين بالجواز. والذين سماهم المجيب سمّى من حضره قوله وقت الجواب من هؤلاء وهؤلاء، ولم يتعرض لتفضيل أحد الصنفين، بل ذكر حجة هؤلاء وهؤلاء على عادة العلماء، فإن الأحكام الشرعية تقوم عليها أدلة شرعية فيمكن معرفة الحق فيها بالعلم والعدل. وأما تفضيل الأشخاص بعضهم على بعض ففي كثير من المواضع لا يسلم صاحبه عن قول بلا علم واتباع لهواه، فللشيطان فيه مجال رحب. والمجيب لم يتعرّض لذلك، ولو قدّر أن المنازع واحد فالاعتبار في موارد النزاع بالحجة، كما قال تعالى: فَإِنْ تَنازَعْتُمْ فِي شَيْءٍ فَرُدُّوهُ إِلَى اللَّهِ وَالرَّسُولِ إِنْ كُنْتُمْ تُؤْمِنُونَ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ [النساء: ٥٩] . وقول هذا المعترض: - أنه نقل الجواز عن الأئمة المرجوع إليهم في علوم الدين والفتوى، المشتهرين بالزهادة والتقوى، الذين لا يعتدّ بخلاف من سواهم ولا يرجع في ذلك لمن عداهم-. كلام باطل، صدر عن متكلّم بلا علم، توغّل في الجهل فليس في الأمة من هو بهذه الصفة بل هذا من خصائص الرسول، فهو الذي لا يعتدّ بخلاف من سواه، وكل من سوى الرسول يؤخذ من قوله ويترك، كما نقل ذلك عن مالك قال: كل أحد يؤخذ من قوله ويترك إلا صاحب هذا القبر. ولو قيل مثل هذا في الأئمة المجتهدين كالأربعة كان منكرا من القول وزورا. فلو قال قائل: الأئمة الأربعة لا يعتدّ بخلاف من سواهم، فإذا خالفهم الثوري والأوزاعي والليث بن سعد وإسحاق بن راهويه وأبو ثور وأبو عبيد ونحوهم، أو خالفهم سعيد بن المسيب والحسن البصري وإبراهيم النخعي وعطاء بن أبي رباح، أو خالفهم ابن عمر أو ابن عباس أو أبو هريرة وعائشة ونحوهم لم يعتد بخلافهم لكان هذا منكرا من القول وزورا. فكيف يقال لبعض المتأخرين من أصحاب الشافعي وأحمد، وهم قد خالفوا شيوخهم؛ إن هؤلاء لا يعتدّ بخلاف من سواهم ولا يرجع في ذلك لمن عداهم؟
(١) «لأن ابن عقيل أعلم بنصوص السنة من أبي حامد» (م).