— que la prière et le salut d’Allah soient sur lui — : « Nul ne doit préparer les montures pour le voyage si ce n’est vers trois mosquées. »
Leur parole, à l’instar de celle de Mâlik, entraîne donc l’interdiction de voyager vers un autre lieu que ces trois mosquées, que ce soit pour la visite des tombes ou pour tout autre motif. Quant à Ibn Batta, il a mentionné cela dans son ouvrage al-Ibânah al-ṣughrâ, où il répertorie l’essentiel des paroles des gens de la Sunna et ce qui leur contrevient parmi les innovations : « construire sur les tombes, les enduire de plâtre, et préparer les montures pour aller les visiter ». Il a donc cité cette interdiction de façon générale.
Son énoncé : « et préparer les montures pour aller les visiter » montre que, pour lui, cette préparation entre dans la portée de la parole du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — : « Nul ne doit préparer les montures pour le voyage si ce n’est vers trois mosquées », tout comme l’enduit de plâtre figure dans sa prohibition — qu’Allah prie sur lui et le salue — de l’enduit des tombes.
Ces partisans de l’interdiction ne sont nullement inférieurs aux autres ; bien au contraire, ils sont plus éminents et plus dignes du rang d’ijtihâd, car Mâlik est un grand imâm. De plus, ses compagnons — malgré leur nombre et la multitude de leurs savants — ont souscrit à son avis. Sa déclaration explicite, prohibant l’acquittement du vœu de celui qui aurait fait vœu de se rendre à la tombe du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue —, a été rapportée et entérinée par le qâḍî Ismâʿîl b. Isḥâq, lequel mérite davantage le rang d’ijtihâd que ses contradicteurs et possède une science plus étendue du Livre, de la Sunna et des propos des Compagnons et des Successeurs que ceux qui l’ont contredit parmi les disciples d’al-Shâfiʿî et d’Aḥmad. En effet, les opposants ne sont autres qu’Abû ʼl-Maʿâlî, al-Ghazâlî et leurs semblables ; or, chez les shâfiʿites, aucun d’eux ne jouit d’un « avis autorisé » (wajh) au sein du madhhab, et encore moins du statut de mujtahid, contrairement à Abû Muḥammad al-Juwaynî, père d’Abû ʼl-Maʿâlî, qui, lui, possède un avis reconnu dans l’école d’al-Shâfiʿî.
On disait à son propos : « Si Allah avait permis l’envoi d’un Prophète à son époque, c’est lui qu’Il aurait envoyé, en raison de sa science, de sa piété et de la noblesse de sa voie. » Son fils Abû ʼl-Maʿâlî n’a été formé que par lui et lui voue la plus grande vénération ; toutefois, l’opinion d’Abû ʼl-Maʿâlî est rapportée du shaykh Abû Ḥâmid et d’Abû ʿAlî b. Abî Hurayrah, tous deux comptés parmi les « détenteurs d’avis » (aṣḥâb al-wujûh). C’est pourquoi la question comporte deux positions. Ibn ʿAbd al-Barr, ainsi qu’un groupe de savants, a adopté cette seconde position ; néanmoins, Mâlik, la majorité de ses compagnons et ceux des Salaf et des imâms qui les ont suivis sont, en dignité, bien au-dessus de ceux qui leur sont opposés.
Il a déjà été mentionné que Mâlik et ses compagnons interdisent de s’acquitter d’un tel vœu ; ainsi, celui qui a fait vœu de se rendre à Médine ou à Bayt al-Maqdis dans un but autre que d’y accomplir la prière à la mosquée n’est pas autorisé à réaliser son vœu, car voyager pour un autre motif que la mosquée est prohibé, qu’il s’agisse de visiter les tombes des pieux qui s’y trouvent ou d’une autre intention.
Ibn Batta al-ʿUkbarî est l’un des hommes les plus versés dans la Sunna et les traditions, le plus attaché à leur application et parmi les plus ascètes. Il est connu pour que son invocation soit exaucée.
Al-Ḥusayn b. ʿAlî al-Jawharî, frère d’Abû Muḥammad al-Jawharî al-Ḥasan, vit en songe le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — et lui dit : « Ô Messager d’Allah, les écoles de pensée se sont embrouillées pour nous. » Il répondit : « Recommande-toi à ce shaykh », c’est-à-dire Ibn Batta. Al-Ḥusayn se rendit donc à ʿUkbarâ ; lorsque Abû ʿAbd Allah le vit, il sourit et déclara : « Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit vrai. »[1]
Sa science de la Sunna, son ascèse et sa piété atteignent le summum. Quant à Abû ʼl-Wafâʾ b. ʿAqîl, il fut, en son temps, un savant éminent ; toutes les écoles le vénéraient pour son génie, sa perspicacité et sa pénétration. Il est plus versé qu’Abû Ḥâmid en fiqh, en kalâm, en ḥadîth et en exégèse du Coran, et, en matière de religion, il figure parmi les meilleurs