Section [Réfutation de l’objecteur au sujet du mensonge qu’il impute aux imams des musulmans en prétendant qu’ils autoriseraient le voyage pour visiter les tombes] Quant aux propos de l’objecteur : « Il a rapporté l’autorisation (al-jawâz) de la part des imams vers lesquels on se tourne pour les sciences religieuses et les fatwas, connus pour leur ascèse et leur piété, si bien que l’on ne tient pas compte de l’avis de ceux qui divergent d’eux et que l’on ne se réfère, en la matière, à nul autre qu’eux. Il a, en revanche, attribué l’interdiction – si toutefois sa transmission est exacte – à une personne sur laquelle on ne se fonde pas, dont la divergence n’a aucune valeur, à laquelle on n’accorde aucun égard ; il la rattache même à l’auteur de cette opinion dans l’erreur, la tyrannie et l’audace à l’encontre de la dignité des prophètes, audace qui mène à la perdition. » Il est répondu : Premièrement : l’auteur d’une telle parole a plus besoin d’être réprimandé, discipliné et invité à acquérir la science – qu’on lui dise : « Apprends, puis parle ! » – que d’être débattu et réfuté. En effet, il ne connaît ni la place des savants, ni ce qu’a dit Mâlik – l’imam de la communauté en son temps –, ni ce qu’a dit le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue. Ses propos impliquent que Mâlik et ses semblables seraient des gens sur lesquels on ne saurait se reposer, dont la divergence ne compte pas, et qu’ils appartiendraient au rang des gens de l’erreur, de la tyrannie et de l’audace envers les prophètes, audace menant à la perdition. Or il est notoire que quiconque tient de tels propos à l’égard des savants musulmans, tels que Mâlik et ses pairs, mérite une sanction sévère. Car pareille affirmation revient à prétendre que Mâlik et consorts font partie de ceux qui ont manifesté une hostilité déclarée envers les prophètes, leur ont opposé un entêtement manifeste et ont fait preuve à l’égard de la dignité des prophètes d’une audace impliquant la perdition ; il s’agit là d’une des plus grandes calomnies à leur encontre et d’une impudence extrême. De surcroît, il a tenu ces propos à propos d’une question dans laquelle ils ont justement suivi le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, obéi à ses ordres et à ses interdictions, interdit ce qu’il a interdit et ordonné ce qu’il a ordonné. Sa parole revient donc, dans le fond, à considérer que celui qui obéit à Allah et à Son Messager et qui interdit ce que le Messager – qu’Allah prie sur lui et le salue – a interdit, tel que le voyage entrepris pour se rendre dans un lieu autre que les trois mosquées, est un mécréant, rebelle aux prophètes. Il est établi que quiconque tient un tel propos doit être invité à se repentir ; s’il se repent, (il est excusé), sinon il sera mis à mort. S’il ignore que sa parole comporte et implique cela, on le lui expose et on le lui explique ; s’il persiste, il mérite une sanction. S’il savait qu’une telle conséquence découle de ses propos, il deviendrait un mécréant apostat ; mais il est ignorant et ne sait pas que cela découle de sa parole, car il ne connaît ni l’avis de Mâlik ni celui des autres imams dans la question litigieuse, n’a pas connaissance des preuves scripturaires s’y rapportant, et n’a pas médité l’argumentation du répondant ; il s’est exprimé selon sa conjoncture et ses passions, et a délaissé la voie de la guidée avec laquelle Allah a envoyé Son Messager – qu’Allah prie sur lui et le salue. Allah – Exalté soit-Il – dit : « Ils ne suivent que conjecture et les passions de leurs âmes, alors qu’il leur est certes venu de la part de leur Seigneur la guidée. » (an-Najm, 53 : 23)
فصل [الرد على المعترض فيما افتراه على أئمة المسلمين في أنهم يجوّزون السفر إلى زيارة القبور] وأما قول المعترض: «إنه نقل الجواز عن الأئمة المرجوع إليهم في علوم الدين والفتوى، المشتهرين بالزهادة والتقوى، الذين لا يعتد بخلاف من سواهم، ولا يرجع في ذلك لمن عداهم، ونقل عدم الجواز- إن صح نقله- عن من لا يعتمد عليه، ولا يعتدّ بخلافه، ولا يعرّج عليه، بل هو ملحق بصاحب هذه المقالة في الخطأ والطغيان والجراءة على مرتبة النبيين الموجبة للخسران» . فيقال: أولا: قائل هذا هو إلى التعزير والتأديب والأمر بتعلم العلم وأن يقال له: تعلم ثم تكلم؛ أحوج منه إلى أن يناظر ويردّ عليه، فإنه لا يعرف قدر العلماء ولا يعرف ما قاله مالك وهو إمام الأمة في زمنه، ولا يعرف ما قاله الرسول صلى الله عليه وسلّم. وكلامه يقتضي أن مالكا وأمثاله ممن لا يعتمد عليه ولا يعتدّ بخلافه، وأنه من أهل الخطأ والطغيان، وأهل الجراءة على النبيين الموجبة للخسران، ومعلوم أن من قال هذا في علماء المسلمين كمالك ونحوه استحق العقوبة البليغة. فإن هذا قول يلزم منه أن مالكا وأمثاله من الأئمة هم من الذين جاهروا بالعداوة للأنبياء وأظهروا لهم العناد، وأن فيهم جراءة على مرتبة النبيين توجب الخسران؟ ومعلوم أن هذا من أعظم الافتراء عليهم والاجتراء. ثم إنه قال ذلك فيما اتبعوا فيه الرسول صلى الله عليه وسلّم وأطاعوا فيه أمره ونهيه، ونهوا عما نهى وأمروا بما أمر، فصار حقيقته أنه من أطاع الله ورسوله ونهى عما نهى عنه الرسول صلى الله عليه وسلّم؛ كالسفر إلى غير المساجد الثلاثة هو كافر معاند للأنبياء. ومعلوم أن من قال مثل هذا فإنه يستتاب فإنه تاب وإلا قتل، وإذا لم يعرف أن قوله يتضمن هذا ويستلزمه عرّف ذلك ويبين له، فإن أصرّ استحق العقوبة، ولو عرف أن هذا يلزم قوله لكان كافرا مرتدا، لكنه جاهل لم يعرف أن هذا يلزم قوله، فإنه لم يعرف مذهب مالك ولا غيره من الأئمة في مسألة النزاع، ولا عرف ما فيها من الأدلة الشرعية، ولا تدبّر ما ذكره المجيب؛ بل تكلّم بظنه وهواه، وأعرض عن سبيل الهدى الذي بعث الله به رسوله صلى الله عليه وسلّم، قال تعالى: إِنْ يَتَّبِعُونَ إِلَّا الظَّنَّ وَما تَهْوَى الْأَنْفُسُ وَلَقَدْ جاءَهُمْ مِنْ رَبِّهِمُ الْهُدى [النجم: ٢٣] .