Abû Saʿîd al-Khuḍrî ;
Lorsqu’on évoqua devant lui la prière au ṭūr, il déclara :
Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit :
« Il ne convient pas aux montures d’être sellées pour se rendre dans une mosquée où l’on recherche la prière, hormis la Mosquée sacrée, la mosquée al-Aqṣâ et cette mosquée-ci qui est la mienne. » (1)
Ceci montre qu’il l’a rapporté avec le terme « mosquée » et qu’il a indiqué que l’interdiction englobe également le ṭūr, bien que celui-ci ne soit pas une mosquée, a fortiori. En effet, ceux qui se rendent au ṭūr et à ce qui lui ressemble ne le font pas parce qu’il s’agirait d’une mosquée ; de plus, il n’existait là aucune localité où les musulmans auraient édifié une mosquée, et construire une mosquée là où l’on n’y accomplit pas la prière est une innovation. Ils ne s’y rendent qu’en raison de la noblesse du lieu. Il est donc établi que l’interdiction visant les mosquées inclut, a fortiori, ce qui n’en est pas.
Il est par ailleurs authentiquement rapporté du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – qu’il a dit :
« Les endroits les plus aimés d’Allah sont les mosquées. » (2)
Ainsi, si le voyage vers les endroits les plus aimés d’Allah a été interdit, sauf pour ces trois-là, il est encore plus évident d’interdire le voyage vers des lieux de moindre mérite, comme l’ont affirmé les Compagnons, parmi lesquels Ibn ʿUmar.
Abû Zayd rapporte :
« Nous raconta Ibn Abî al-Wazîr, nous raconta Sufyân, d’après ʿAmr b. Dînâr, d’après Ṭalq, d’après Qazaʿa qui dit : Je vins auprès d’Ibn ʿUmar et lui dis : “Je veux me rendre au ṭūr.” Il répondit :
“Les montures ne sont sellées que pour trois mosquées : la Mosquée sacrée, la mosquée de Médine et la mosquée al-Aqṣâ. Laisse donc le ṭūr ; n’y va pas.” »
Cependant, un groupe de savants postérieurs a soutenu qu’il ne s’agit pas d’une interdiction, mais plutôt de la négation du caractère recommandé de voyager vers un lieu autre que ces trois mosquées, ainsi que de la négation de l’obligation d’exécuter un vœu de voyage vers un autre lieu.
Ces savants disent que le ḥadîth est général concernant le voyage vers les tombes des Prophètes, leurs vestiges et autres.
Ibn Ḥazm az-Ẓâhirî a, quant à lui, affirmé : « Voyager vers une mosquée autre que les trois est illicite ; quant au voyage vers les vestiges des Prophètes, il est recommandé. » En effet, étant ẓâhirite, il ne tient pas compte de l’implication a fortiori du discours – et c’est l’un des deux avis rapportés de Dâwud az-Ẓâhirî. Ainsi, il ne considère pas que la parole d’Allah : « Ne leur dis pas “Ouf !” » (al-Isrâʾ : 23) implique l’interdiction de les frapper ou de les insulter, ni que Sa parole : « Ne tuez pas vos enfants par crainte de pauvreté » (al-Isrâʾ : 31) implique l’interdiction de les tuer lorsque l’on est aisé. Sur ces points et sur d’autres semblables, il s’oppose à la majorité des savants musulmans, qui tiennent pour certain l’égarement de quiconque adopte de telles positions, l’accusant d’un manque de compréhension et de raison. Malgré cela, je n’ai trouvé chez lui cette opinion – le caractère recommandé du voyage – qu’à propos des vestiges des Prophètes, non des tombes.
Quant au voyage entrepris uniquement pour visiter les tombes, je n’ai vu aucun savant musulman affirmer qu’il est recommandé ; ils ont seulement divergé pour savoir s’il est interdit ou permis.
Ce consensus et cette divergence ne portent donc pas sur le sens voulu par les savants lorsqu’ils disent : « Il est recommandé de visiter la tombe du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui », ni sur l’assertion absolue selon laquelle
(1) Ce hadith est rapporté par Aḥmad (Musnad, vol. 3, p. 64, 93) par la chaîne suivante : ʿAbd al-Hamīd ibn Bahrām al-Hamānī – Shahr ibn Ḥawshab – Abū Saʿīd al-Khudrī. Cette chaîne est considérée comme faible en raison de l’« Abd al-Hamīd al-Hamānī » et de Shahr ibn Ḥawshab, mais le hadith bénéficie de témoins supplémentaires qui le rendent valide ; voir Irwāʾ al-Ghalīl (p. 773).
(2) Muslim (n° 671) rapporte d’Abū Hurayra, qu’Allah l’agrée, le hadith suivant : « Les lieux que Dieu aime le plus sont Ses mosquées, et ceux qu’Il aime le moins sont Ses marchés. »
الخدريّ؛
وذكر عنده الصلاة في الطول فقال:
قال رسول الله صلى الله عليه وسلّم:
«لا ينبغي للمطيّ أن تشدّ رحالها إلى مسجد تبتغى فيه الصلاة غير المسجد الحرام، والمسجد الأقصى، ومسجدي هذا»
«١»
. فهذا فيه أنه رواه بلفظ مسجد، وبيّن أن النهي متناول للطور وإن لم يكن مسجدا بطريق الأولى، فإن الذين يقصدون الطور ومثله لا يقصدونه لأنه مسجد، بل ولم يكن هناك قرية يتخذ المسلمون فيها مسجدا، وبناء المسجد حيث لا يصلّى فيه بدعة، وإنما يقصدونه لشرف البقعة، فعلم أن النهي عن المساجد نهي عن غيرها بطريق الأولى.
وقد ثبت في الصحيح عن النبي صلى الله عليه وسلّم أنه قال:
«أحبّ البقاع إلى الله المساجد»
«٢»
. فإذا كان قد حرم السفر إلى أحبّ البقاع إلى الله، غير الثلاثة؛ فما دونها في الفضيلة أولى أن ينهى عنه كما قال الصحابة، ومنهم أيضا ابن عمر.
قال أبو زيد:
حدّثنا ابن أبي الوزير، حدّثنا سفيان، عن عمرو بن دينار، عن طلق،
عن قزعة قال:
أتيت ابن عمر فقلت: إني أريد الطور.
فقال:
«إنما تشد الرحال إلى ثلاثة مساجد، المسجد الحرام ومسجد المدينة والمسجد الأقصى، فدع عنك الطور فلا تأته»
.
لكن طائفة من المتأخرين قالوا:
ليس هذا نهيا بل هو نفي لاستحباب السفر إلى غير الثلاثة ونفي لوجوب السفر بالنذر إلى غير الثلاثة.
وهؤلاء يقولون:
إن الحديث عام في السفر إلى قبور الأنبياء وآثارهم وغير ذلك.
وقال ابن حزم الظاهري:
السفر إلى مسجد غير المساجد الثلاثة حرام. وأما السفر إلى آثار الأنبياء فذلك مستحبّ، ولأنه ظاهريّ لا يقول بفحوى الخطاب وهو إحدى الروايتين عن داود الظاهري؛
فلا يقول إن قوله:
فَلا تَقُلْ لَهُما أُفٍ
[الإسراء: ٢٣]
يدل على النهي عن الضرب والشتم،
ولا أن قوله تعالى:
وَلا تَقْتُلُوا أَوْلادَكُمْ خَشْيَةَ إِمْلاقٍ
[الإسراء: ٣١]
. يدل على تحريم القتل مع الغنى واليسار، وأمثال ذلك مما يخالفه فيه عامة علماء المسلمين، ويقطعون بخطإ من قال مثل ذلك، فينسبونه إلى عدم الفهم ونقص العقل، ومع هذا فلم أجده ذكر ذلك إلا في آثار الأنبياء لا في القبور.
وأما السفر إلى مجرد زيارة القبور؛ فما رأيت أحدا من علماء المسلمين قال إنه مستحب، وإنما تنازعوا هل هو منهي عنه أو مباح،
وهذا الإجماع والنزاع لم يتناول المعنى الذي أراده العلماء بقولهم:
يستحبّ زيارة قبر النبي صلى الله عليه وسلّم، ولا إطلاق القول بأنه
(١) الحديث أخرجه أحمد (٣/ ٦٤، ٩٣) من طريق: عبد الحميد بن بهرام الحماني، حدّثني شهر بن حوشب، قال: سمعت أبا سعيد الخدري .. وذكره.
وإسناده ضعيف، عبد الحميد الحماني وشهر بن حوشب فيهما كلام. لكن الحديث له شواهد يصحّ بها، انظرها في «إرواء الغليل» (٧٧٣).
(٢) أخرجه مسلم (٦٧١) من حديث أبي هريرة رضي الله عنه بلفظ: «أحب البلاد إلى الله مساجدها، وأبغض البلاد إلى الله أسواقها».