ni pour lui adresser le salut ni pour quelque acte que ce soit. C’est pourquoi les Compagnons et les Successeurs résidant à Médine, lorsqu’ils entraient ou sortaient de la mosquée, ne s’arrêtaient pas devant sa tombe : ni pour y accomplir une prière, ni pour y formuler une invocation, ni pour y adresser le salut, ni pour rien d’autre.
Les gens de science – Mâlik, entre autres – ont indiqué que cela est réprouvé, et les pieux prédécesseurs ne le pratiquaient pas. Or le dernier de cette communauté ne sera réformé que par ce qui a réformé son premier. Il est manifeste que, si le fait de se rendre auprès de la tombe avait été recommandé aux habitants de Médine, les Compagnons et les Successeurs l’auraient su mieux que quiconque et l’auraient observé avec plus d’assiduité. Mâlik et ses semblables, qui ont côtoyé les Successeurs, comptent parmi les plus savants en la matière ; il a rapporté qu’il ne lui était parvenu d’aucun membre des premières générations de cette communauté, parmi les gens de Médine, qu’il se fût tenu devant la tombe – ni pour adresser le salut ni pour autre chose. Il a en outre précisé que cet acte est réprouvé, sauf pour le voyageur, conformément à ce qui est rapporté d’Ibn ʿUmar ; Mâlik, ainsi que d’autres, a même jugé blâmable de qualifier cela de « visite de sa tombe ».
Dès lors, on dira : ce que toi tu appelles « visite de sa tombe » est, pour les habitants de Médine, une pratique réprouvée. Il ne subsiste donc rien de prescrit sans voyage qui permettrait d’affirmer que le voyage vers elle constituerait un moyen menant à une chose recommandée. En réalité, Mâlik, Aḥmad et d’autres n’ont jugé cet acte recommandé qu’à l’adresse de celui qui entreprend un voyage en vue de la mosquée ; une fois arrivé dans la mosquée, il l’accomplit. Quant à ce qui est recommandé aux habitants de Médine, on ne recommande pas d’entreprendre un voyage pour cela ; mais si quelqu’un voyage néanmoins jusqu’à la cité, il l’effectue. Lorsqu’il arrive à Médine, qu’il visite les défunts de Baqîʿ, les martyrs d’Uḥud et la mosquée de Qubâ, même si son voyage n’avait pas cette finalité ; car ce qui n’est pas recommandé aux habitants de Médine l’est, à plus forte raison, encore moins comme motif de voyage.
Quant à Ibn ʿUmar, il ne se tenait devant la tombe et n’y adressait le salut qu’à son retour de voyage ; or son arrivée n’avait pas pour but la visite, Médine étant sa patrie : il entrait dans la mosquée, y accomplissait la prière, puis adressait le salut au Prophète – que la prière et le salut d’Allah soient sur lui.
وتسليم عليه وغير ذلك، ولهذا لم تكن الصحابة والتابعون بالمدينة إذا دخلوا المسجد وخرجوا يقفون عند قبره لا لصلاة ولا دعاء ولا سلام ولا غير ذلك.
وقد ذكر أهل العلم مالك وغيره أن هذا يكره، ولم يكن السلف يفعلونه، وإنه لن يصلح آخر هذه الأمة إلا ما أصلح أولها. ومعلوم أنه لو كان الإتيان إلى عند القبر مستحبا لأهل المدينة لكان الصحابة والتابعون أعلم بذلك وأتبع له من غيرهم. ومالك وأمثاله ممن أدرك التابعين من أعلم الناس بمثل هذا، وقد ذكر أنه لم يبلغه عن أحد من صدر هذه الأمة من أهل المدينة أنه كان يقف عند القبر لا لسلام ولا لغيره. وذكر مالك أن ذلك يكره إلا عند السفر، لما نقل عن ابن عمر، وقد كره مالك وغيره أن يسمي هذا زيارة لقبره.
وحينئذ فيقال:
أهل المدينة يكره لهم ما تسمّيه أنت زيارة لقبره،
فلم يبق هذا مشروعا بلا سفر حتى يقال:
إن السفر إليه وسيلة إلى المستحب، وإنما استحبه مالك وأحمد وغيرهما لمن سافر لأجل المسجد، فإذا صار في المسجد فيفعل ذلك، بل المستحب لأهل المدينة لا يستحب السفر له بل إذا سافر إليها فعله، فإذا صار بالمدينة زار أهل البقيع وشهداء أحد وزار مسجد قباء، وإن كان لم يسافر لأجل ذلك، فما لا يستحب لأهل المدينة أولى أن لا يستحبّ السفر إليه. وابن عمر إنما كان يقف عند القبر ويسلم إذا قدم من سفر وقدومه لم يكن لأجل الزيارة بل كانت المدينة وطنه، فيدخل المسجد فيصلي فيه ثم يسلم على النبي صلى الله عليه وسلّم.