Par cette seule interdiction ; or, celui qui se met en route vers le Ṭûr n’entreprend ce voyage qu’en raison de l’excellence du lieu, puisqu’Allah l’a dénommé « la vallée sacrée » et « le lieu béni », et qu’Il y adressa la parole à Moïse. Or je n’ai jamais su que les musulmans y aient élevé une mosquée : il n’existe là-bas aucun village musulman – fût-il vrai qu’on y trouve quelque édifice cultuel. Si donc les Compagnons ont interdit de voyager vers cette contrée alors qu’elle renferme une mosquée, à plus forte raison l’interdiction est-elle plus pressante lorsqu’il n’y en a pas ; cela est manifeste et nul ne saurait l’ignorer. Les Compagnons qui ont entendu le ḥadith du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – y ont compris l’interdiction, et ont saisi qu’elle visait également les lieux autres que les mosquées ; ils sont plus à même de savoir ce qu’ils ont entendu, et l’exposé détaillé de cette question trouvera place ailleurs.
Ce qui nous concerne ici est de rappeler les points sur lesquels les imams, célèbres ou non, ont divergé et ceux sur lesquels ils n’ont pas divergé. Entre les deux positions où aucun désaccord n’existe chez les imams, demeurent plusieurs questions sujettes à controverse. Or, un groupe de savants tardifs recommande le voyage pour visiter les tombes des prophètes et des vertueux, le pratique et l’exalte. Mais se trouve-t-il parmi eux un seul mujtahid dont l’avis soit relayé et érigé en dissidence face aux imams de l’islam qui les ont précédés ? Voilà qui mérite examen.
En outre, ceux qui ont soutenu que « le voyage vers ces tombes est permis, ni illicite ni répréhensible », on pourrait en inférer qu’il est recommandé, car ceux qui l’accomplissent ne le font qu’en tant qu’acte de rapprochement d’Allah. Or, lorsqu’on affirme que la chose est permise, il se pourrait que vous objectiez : « Nous avons seulement dit qu’elle est licite et autorisée ; nous n’avons pas dit qu’elle est recommandée ni que s’y rapprocher d’Allah est autorisé. Quiconque la considère comme un acte de dévotion contredit explicitement notre propos. » Il pourrait toutefois se comprendre de cette permission que la dévotion qui y est associée est elle aussi permise ; mais leur déclaration concomitante selon laquelle elle n’est ni recommandée ni vertueuse, au regard du ḥadith, la proscrit nécessairement. Ils sont donc tenus de se conformer audit ḥadith, d’où la contradiction de leur propos. Tel est l’argument avancé contre eux par les partisans de l’interdiction. Voilà donc la réponse à l’accusation qu’ils ont formulée de contradiction dans la transmission des divergences et des consensus.
بالنهي، والطور إنما يسافر من يسافر إليه لفضيلة البقعة، وأن الله سماه الوادي المقدس، والبقعة المباركة، وكلّم الله موسى هناك. وما علمت المسلمين بنوا هناك مسجدا، فإنه ليس هناك قرية للمسلمين وإن كان هناك مسجد. فإذا نهي الصحابة عن السفر إلى تلك البقعة وفيها مسجد، فإذا لم يكن فيها مسجد كان النهي عنها أقوى، وهذا ظاهر لا يخفى على أحد. فالصحابة الذين سمعوا الحديث من النبي صلى الله عليه وسلّم فهموا منه النهي، وفهموا منه تناوله لغير المساجد، وهم أعلم بما سمعوه، وبسط هذا له موضع آخر.
والمقصود هنا، ذكر ما تنازع فيه الأئمة المشهورون أو غيرهم وما لم يتنازعوا فيه، فإن بين الطرفين اللذين لم تتنازع فيهما الأئمة مسائل متعددة فيها نزاع، ولكن طائفة من المتأخرين يستحبون السفر إلى زيارة قبور الأنبياء والصالحين، ويفعلون ذلك، ويعظّمونه، لكن هل في هؤلاء أحد من المجتهدين الذين تحكى أقوالهم وتجعل خلافا على من قبلهم من أئمة المسلمين؟ هذا مما يجب النظر فيه.
وأيضا فالذين قالوا:
السفر إليها جائز ليس بمحرّم ولا مكروه؛ قد يفهم منه أنه مستحب، لأن الذين يفعلون ذلك إنما يفعلونه لأنه قربة، فإذا قيل في ذلك إنه جائز،
قد تقولون:
نحن قلنا هو جائز مباح، لم نقل إنه مستحب، ولا قلنا إن التقرب به جائز، فمن جعله قربة فقد خالف قولنا الصريح، فقد يفهم منه أن التقرب بذلك جائز، لكن قولهم مع ذلك إنه ليس بمستحب ولا فضيلة فيه لأجل الحديث ينفي ذلك، فلا بدّ لهم من اتباع الحديث، فصار في قولهم تناقض. وهذا مما احتجّ به عليهم أهل القول بالتحريم. فهذا الجواب على ما ادّعاه من التناقض في نقل الخلاف والإجماع.