Bien qu’Allah n’ait exalté dans le Coran aucun mont davantage que celui-là – qu’Il a nommé « la Vallée sacrée » et « l’aire bénie » –, si, malgré cela, il n’est pas permis d’y préparer les montures, à plus forte raison ne convient-il pas de le faire pour les grottes(1) et les montagnes que l’on magnifie, telles que le mont Liban, Qâsiyûn et leurs semblables au Shâm, ou le Jabal al-Fatḥ et ceux qui lui ressemblent en Haute-Égypte. Mieux encore : si les Compagnons n’entreprenaient pas le voyage vers le Ṭûr ni vers ce qui lui est analogue, ils ne visitaient pas, lorsqu’ils arrivaient à La Mecque, le mont Ḥirâ’ – où la révélation descendit pour la première fois –, ni la grotte de Thawr, évoquée dans le Coran, où se trouvaient le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – et son Compagnon, tandis qu’Allah était le Troisième d’entre eux. À son sujet, le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – dit à Abû Bakr : « Ne t’attriste pas, certes Allah est avec nous » (At-Tawbah, 40).
Après la descente de la révélation, le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – ne s’approcha plus de cette grotte ni d’aucune autre à La Mecque, si ce n’est de la Mosquée sacrée et des lieux rituels. De même, lorsqu’il accomplit le ḥajj, il ne se rendit qu’à la Mosquée sacrée et aux lieux de pèlerinage. Il est d’ailleurs établi, dans les Ṣaḥîḥ, que ces endroits sont les contrées les plus aimées d’Allah ; cela dispense donc de rechercher d’autres lieux. C’est pour cette raison qu’il n’est permis de se consacrer à l’iʿtikâf que dans une mosquée, d’un commun accord entre les imâms ; si quelqu’un en faisait vœu ailleurs, il ne pourrait s’en acquitter, car cela n’est pas licite.
Nous avons déjà rapporté que des Compagnons – Abû Saʿîd, Ibn ʿUmar et Buṣrah ibn Abî Buṣrah – interdirent le voyage vers le Ṭûr en se fondant sur la parole du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui : « On ne prépare les montures que pour trois mosquées. » Le propos d’Abû Saʿîd al-Khudrî, consigné dans Ṣaḥîḥ Muslim et ailleurs, est formulé sous l’expression explicite de l’interdit : « Ne préparez les montures que pour trois mosquées. » Aḥmad l’a également rapporté dans son Musnad d’après Abû Hurayrah, par deux chaînes différentes.
Quant aux endroits où la prière est proscrite, tels que les enclos à chameaux ou les bains publics, ils constituent le gîte des démons. Il en va de même des grottes et autres reliefs montagneux que certains visitent en vue d’y exalter la localisation – au Shâm, en Égypte, dans la Jazîrah, au Khurâsân ou ailleurs. Tout lieu que les gens vénèrent en dehors des mosquées et des lieux rituels du ḥajj est un refuge pour les démons : ces derniers apparaissent parfois sous forme humaine, si bien que nombre de personnes les croient issus des fils d’Adam et les considèrent comme des « hommes de l’invisible ».
Ils affirment ainsi : « Les quarante Abdâl se trouvent sur le mont Liban ou sur tel autre mont », alors qu’il s’agit d’une demeure pour les jinn, lesquels seraient – selon eux – ces hommes de l’invisible. Or, le Très-Haut a dit : « Il y avait des hommes parmi les humains qui cherchaient protection auprès des hommes parmi les jinn, ceux-ci ne firent qu’accroître leur détresse » (Al-Jinn, 6). Allah les a qualifiés d’« hommes », tout en les nommant « jinn » parce qu’ils se dérobent aux regards – c’est-à-dire qu’ils se dissimulent –, tout comme les humains sont appelés « ins » parce qu’ils sont aperçus, ainsi que l’a dit Mûsâ – sur lui la paix : « J’ai certes aperçu un feu » (Ṭâ Hâ, 10), autrement dit : « Je l’ai vu. »
Les récits les concernant dans ce domaine sont nombreux et connus, mais beaucoup de gens croient qu’ils sont des humains pieux qui se rendent invisibles aux créatures. Il ne fait cependant aucun doute que certains humains peuvent, à l’occasion, être occultés par Allah au regard de certains hommes, soit pour les honorer, soit pour les protéger de leur injustice, si ces derniers venaient à…
(1) Pluriel de « ghâr » : grotte ou caverne.
(1) Pluriel de ghār : par exemple « Ghar Ḥirāʾ », la grotte où le Prophète ﷺ se retirait en tahannuth avant la Révélation.
مع أن الله لم يعظّم في القرآن جبلا أعظم منه، وسماه الوادي المقدس والبقعة المباركة. فإذا كان مثل هذا الجبل لا تشدّ الرّحال إليه فإنه لا تشدّ الرحال إلى ما يعظم من الغيران
«١»
، والجبال؛ مثل جبل لبنان وقاسيون ونحوهما بالشام، وجبل الفتح ونحوه بصعيد مصر؛ بطريق الأولى. بل إذا كان الصحابة لم يكونوا يسافرون إلى الطور ونحوه، بل ولا يزورون إذا قدموا مكة لا جبل حراء الذي نزل فيه الوحي ابتداء، ولا غار ثور المذكور في القرآن الذي كان فيه النبي صلى الله عليه وسلّم وصاحبه والله ثالثهما.
وفيه قال النبي صلى الله عليه وسلّم لأبي بكر:
لا تَحْزَنْ إِنَّ اللَّهَ مَعَنا
[التوبة: ٤٠]
. والنبي صلى الله عليه وسلّم بعد نزول الوحي عليه لم يقرب ذلك الغار ولا غيره مما بمكة إلا المسجد الحرام والمشاعر. وكذلك لما حجّ إنما ذهب إلى المسجد الحرام والمشاعر. وقد ثبت في الصحيح أنها أحب البقاع إلى الله تعالى، فأغنى ذلك عن غيرها، ولهذا لا يجوز الاعتكاف إلا في مسجد باتفاق الأئمة، ولو نذره في غير مسجد لم يوف بنذره فإنه غير جائز.
وقد تقدم عن الصحابة؛
أبي سعيد وابن عمر وبصرة بن أبي بصرة أنهم نهوا عن السفر إلى الطور لقول النبي صلى الله عليه وسلّم:
«لا تشدّ الرحال إلا إلى ثلاثة مساجد»
.
ولفظ أبي سعيد الخدري في صحيح مسلم وغيره:
«لا تشدّوا الرحال إلا إلى ثلاثة مساجد»
بصيغة النهي الصريحة، ورواه أحمد في
«المسند»
من حديث أبي هريرة من طريقين.
والأماكن التي ينهى عن الصلاة فيها كأعطان الإبل والحمام هي مأوى الشياطين، وكذلك ما يسافر إليه بعض الناس من المغارات ونحوه من الجبال، قاصدين لتعظيم تلك البقعة بالشام ومصر والجزيرة وخراسان وغيرها، وكل موضع تعظّمه الناس غير المساجد ومشاعر الحج فإنه مأوى الشياطين، ويتصورون بصورة بني آدم أحيانا حتى يظنّ كثير من الناس أنهم من الإنس وأنهم رجال الغيب،
ويقولون:
الأربعون الأبدال بجبل لبنان أو غيره من الجبال، وهي مأوى الجن وهم رجال الغيب،
كما قال تعالى:
وَأَنَّهُ كانَ رِجالٌ مِنَ الْإِنْسِ يَعُوذُونَ بِرِجالٍ مِنَ الْجِنِّ فَزادُوهُمْ رَهَقاً
[الجن: ٦]
سماهم الله رجالا، وسمّوا جنا لأنهم يجتنون عن الأبصار؛
أي:
يستترون، كما تسمّى الإنس إنسا؛
لأنهم يؤنسون أي:
يبصرون،
كما قال موسى عليه السلام:
إِنِّي آنَسْتُ ناراً
[طه: ١٠]
أي: أبصرت نارا.
والحكايات عنهم في هذا الباب كثيرة معروفة، لكن كثير من الناس يعتقد أنهم من الإنس، وأنهم صالحون يغيبون عن أبصار الخلائق، ولا ريب أن بعض الإنس قد يحجبه الله أحيانا عن أبصار بعض الناس إما إكراما له، أو منعا له من ظلمهم إن كان
(١) «جمع غار، مثل غار حراء الذي كان يتحنث فيه النبي صلى الله عليه وسلّم قبل النبوة» (م).