Car la parole du Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue :
« On ne prépare les montures… »
est un ḥadith dont l’authenticité fait l’unanimité et qui est appliqué par les imâms reconnus. Tous admettent également que le voyage entrepris pour visiter les tombes y est compris ; il s’agit donc soit d’une interdiction, soit d’une négation du caractère recommandé. Or, dans le Ṣaḥîḥ, le texte est formulé explicitement sous la forme d’un interdit ; il s’agit donc bel et bien d’une interdiction. Sur ces deux points, je ne connais aucune divergence entre les quatre imâms.
Par ailleurs, la majorité, les quatre imâms et l’ensemble des savants n’estiment pas obligatoire l’exécution du vœu de celui qui aurait juré de voyager vers un vestige d’un Prophète – tombeau ou autre. Je n’ai vu personne l’imposer, hormis Ibn Ḥazm : il rend obligatoire l’accomplissement du vœu de celui qui s’est engagé à marcher, à chevaucher ou à se lever pour se rendre à La Mecque, à Médine ou à Bayt al-Maqdis ; il ajoute : « De même pour tout vestige des Prophètes. » Il dit encore : « Si quelqu’un voue de marcher, de se lever ou de chevaucher vers une mosquée autre que ces trois-là, il n’y est pas tenu. »
Cette position est à l’opposé de celle d’al-Layth ibn Saʿd, lequel affirme : « Celui qui a voué de se rendre à pied à une mosquée quelconque doit effectivement marcher jusqu’à cette mosquée. »
Ibn Ḥazm a compris de la parole :
« On ne prépare les montures que vers trois mosquées »
qu’elle signifie : « On ne les prépare vers aucune mosquée [autre]. » Ne reconnaissant ni l’argument a fortiori ni les implications du discours, il n’y voit donc pas une interdiction, par priorité, de ce qui est d’un mérite moindre que les mosquées.
Il soutient en outre, au sujet de la parole du Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue :
« Qu’aucun de vous n’urine dans une eau stagnante puis ne s’y lave » (1)
que, s’il urinait ailleurs, puis y versait son urine, il ne serait pas visé par l’interdiction de s’y laver (2).
De Dâwûd aẓ-Ẓâhirî, relativement à l’argument a fortiori, deux versions sont rapportées ; celle-ci est l’une d’elles. Ibn Ḥazm, ainsi que ceux qui adoptent l’une des deux versions de Dâwûd, soutiennent encore que la parole :
« Et ne leur dis même pas “Ouf !” » (Al-Isrâ’ : 23)
n’implique pas l’interdiction d’injurier ni de frapper [les parents]. Il s’agit là, pour la majorité des savants, d’une opinion extrêmement faible et parmi les plus corrompues. En effet, disent-ils, si celui qui a besoin d’uriner se voit interdire d’uriner dans cette eau puis de s’y laver, celui qui urine dans un récipient avant de verser son urine dans l’eau est, à plus forte raison, concerné par l’interdiction. De même, lorsque le Prophète a interdit l’istijmâr avec la nourriture des djinns, celle des montures – ossements et bouses –, cela indiquait, par priorité, l’interdiction de pratiquer l’istijmâr avec la nourriture des humains ; or toute chose prohibée pour l’istijmâr l’est, à plus forte raison, si on la souille d’excréments, puisqu’il n’existe aucune nécessité à cela.
C’est pour cette raison que les Compagnons ont compris, de son interdiction de voyager vers autre chose que les trois mosquées, que le voyage vers le Ṭûr de Sinaï entrait dans l’interdiction, bien qu’il ne s’agisse pas d’une mosquée, ainsi que cela est rapporté de Buṣrah ibn Abî Buṣrah, Abû Saʿîd, Ibn ʿUmar et d’autres.
Ainsi, les Compagnons qui ont entendu ce ḥadith du Messager d’Allâh – qu’Allâh prie sur lui et le salue – ainsi que d’autres après eux, ont inclus dans l’interdiction tout lieu autre que les trois mosquées, et ont proscrit de préparer les montures pour se rendre au mont où Allâh parla à Mûsâ.
(1) Rapporté par al-Bukhari (n° 239), Muslim (n° 95) et d’autres, d’après Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée).
(2) Voir al-Muhalla, vol. 1, p. 166.
فإن قول النبي صلى الله عليه وسلّم:
«لا تشدّ الرحال»
حديث متفق على صحته وعلى العمل به عند الأئمة المشهورين، وعلى أن السفر إلى زيارة القبور داخل فيه، فإما أن يكون نهيا وإما أن يكون نفيا للاستحباب. وقد جاء في الصحيح بصيغة النهي صريحا، فتعين أنه نهي، فهذان طريقان لا أعلم فيهما نزاعا بين الأئمة الأربعة. والجمهور والأئمة الأربعة، وسائر العلماء؛ لا يوجبون الوفاء بالنذر على من نذر أن يسافر إلى أثر نبي من الأنبياء قبورهم أو غير قبورهم،
وما علمت أحدا أوجبه إلا ابن حزم فإنه أوجب الوفاء على من نذر مشيا أو ركوبا أو نهوضا إلى مكة أو إلى المدينة أو بيت المقدس قال:
وكذلك إلى أثر من آثار الأنبياء.
قال:
فإن نذر مشيا أو نهوضا أو ركوبا إلى مسجد من المساجد غير الثلاثة لم يلزمه.
وهذا عكس قول الليث بن سعد فإنه قال:
من نذر المشي إلى مسجد من المساجد مشى إلى ذلك المسجد.
وابن حزم فهم من قوله:
«لا تشد الرحال إلا إلى ثلاثة مساجد»
أي لا تشد إلى مسجد. وهو لا يقول بفحوى الخطاب وشبهه، فلا يجعل هذا نهيا عما هو دون المساجد في الفضيلة بطريق الأولى،
بل يقول في قول النبي صلى الله عليه وسلّم:
«لا يبولنّ أحدكم في الماء الدائم ثم يغتسل منه»
«١»
أنه لو بال ثم صب البول فيه لم يكن منهيا عن الاغتسال فيه
«٢»
.
وداود الظاهري عنه في فحوى الخطاب روايتان وهذه إحداهما.
وابن حزم ومن قال بإحدى روايتي داود يقولون إن قوله:
فَلا تَقُلْ لَهُما أُفٍ
[الإسراء: ٢٣]
لا يدل على تحريم الشتم والضرب. وهذا قول ضعيف جدا في غاية الفساد عند عامة العلماء،
فإنهم يقولون:
إذا كان البائل الذي يحتاج إلى البول قد نهي أن يبول فيه ثم يغتسل فيه فالذي بال في إناء ثم صبّه فيه أولى بالنهي. كما أنه لما نهي عن الاستجمار بطعام الجن وطعام دوابهم العظام والروث كان ذلك تنبيها على النهي عن الاستجمار بطعام الإنس بطريق الأولى، وكل ما نهي عن الاستجمار به فتلطيخه بالعذرة أولى بالنهي، فإنه لا حاجة إلى ذلك.
فلهذا فهم الصحابة من نهيه أن يسافر إلى غير المساجد الثلاثة أن السفر إلى طور سيناء داخل في النهي، وإن لم يكن مسجدا، كما جاء عن بصرة بن أبي بصرة وأبي سعيد وابن عمر وغيرهم.
والصحابة الذين سمعوا هذا الحديث من الرسول صلى الله عليه وسلّم وغيرهم أدخلوا غير المساجد الثلاثة في النهي، ونهوا أن تشدّ الرحال إلى الطور الذي كلّم الله عليه موسى
(١) أخرجه البخاري (٢٣٩) ومسلم (٩٥) وغيرهما من حديث أبي هريرة رضي الله عنه.
(٢) انظر «المحلى» (١/ ١٦٦).