Par consensus des musulmans. Celui donc qui pense que ces paroles impliquent qu’il ne soit pas recommandé de voyager vers la Cité du Messager d’Allah – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui –, ni vers sa Mosquée, ni vers sa tombe, se trompe, car nul ne l’a jamais affirmé. Les deux avis rapportés portent uniquement sur la permission de raccourcir la prière pour celui qui se déplace dans le seul but de visiter les tombes des prophètes et des vertueux ; il s’agit de deux opinions connues dans les écoles de Mâlik, de Shâfiʿî et d’Ahmad.
Quant à Mâlik et à la majorité de ses disciples, ils soutiennent que voyager vers un lieu autre que les trois Mosquées – telles les tombes des prophètes et autres – est interdit, y compris pour la tombe de notre Prophète, comme Mâlik l’a clairement exprimé, interdisant même à celui qui en a fait vœu de s’en acquitter. Ibn ʿAbd al-Barr et ceux qui partagent son avis considèrent cela permis sans l’imposer en cas de vœu ; toutefois, si quelqu’un l’accomplit, cela est valide, et ils s’appuient pour cela sur la venue à la Mosquée de Qubâ’. De même, un groupe de compagnons de l’imâm Ahmad, tel Abû Muḥammad al-Maqdisî, et un groupe parmi les shâfiʿites, tels Abû al-Maʿâlî, al-Ghazâlî et al-Râfiʿî, ont compris ce ḥadith comme une simple négation du caractère recommandé et méritoire de ce voyage. Il en va de même pour Abû Ḥâmid al-Isfarâʾînî, Abû ʿAlî ibn Abî Hurayra et ceux qui les suivent.
Abû al-Maʿâlî dit : « Mon maître – c’est-à-dire Abû Muḥammad al-Juwaynî – émettait une fatwâ interdisant de seller les montures pour se rendre ailleurs que dans ces trois Mosquées, et il arrivait même qu’il dise : “C’est illicite.” » Il ajouta : « Il semble pourtant qu’il n’y ait là ni interdiction ni réprobation, et tel est l’avis du shaykh Abû ʿAlî. Le sens du ḥadith est de réserver la recherche de la proximité (d’Allah) aux trois Mosquées. »
Le shaykh Abû Ḥâmid, exposant l’une des deux opinions attribuées à l’imâm Shâfiʿî, a dit : « Un tel vœu n’oblige pas à être accompli » ; puis il précisa : « Il se peut que le propos prophétique signifie : “On ne dresse les montures qu’envers trois Mosquées” à titre obligatoire, ou qu’il vise trois lieux à titre recommandé. Le ḥadith doit donc être compris soit comme une négation de l’obligation en cas de vœu, soit comme une négation de la recommandation. »
Quant aux premiers compagnons de l’imâm Ahmad, leur position rejoint celle de Mâlik, et c’est ce que laissent entendre les paroles mêmes d’Ahmad. Il en va de même d’Abû Muḥammad al-Juwaynî et d’autres shâfiʿites ; or al-Juwaynî compte parmi les autorités (aṣḥâb al-wujuḥ) de l’école. Les deux avis shâfiʿites ont été rapportés par Abû al-Maʿâlî, al-Râfiʿî et d’autres, tout comme Abû Zakariyyâ an-Nawawî les mentionne dans son Commentaire de Muslim, où il déclare :
« Les savants ont divergé concernant le fait de seller les montures et de se mettre en route vers un lieu autre que les trois Mosquées, comme se rendre aux tombes des vertueux ou dans des endroits bénis et similaires. Le shaykh Abû Muḥammad al-Juwaynî, l’un de nos maîtres, a dit : “C’est illicite”, et c’est vers cet avis que penche le Qâḍî ʿIyâḍ. Il a dit : “L’avis correct chez nos compagnons – et c’est celui qu’a retenu l’Imâm des Deux Sanctuaires ainsi que les vérificateurs – est qu’il n’y a ni interdiction ni réprobation.” » (1)
J’ajoute : le Qâḍî ʿIyâḍ, avec Mâlik et la majorité de ses disciples, considère que voyager vers un lieu autre que les trois Mosquées, telles les tombes des prophètes, est interdit. Ainsi, lorsque le Qâḍî ʿIyâḍ affirme que la visite de sa tombe est une sunna faisant l’objet d’un consensus et une vertu vivement encouragée, il vise la visite licite telle que l’ont décrite Mâlik et ses disciples : on voyage vers sa Mosquée, on prie sur lui, puis on lui adresse le salut, comme ils l’ont exposé dans leurs ouvrages. Et le Qâḍî a dit
(1) Voir «Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim», vol. 9, p. 106.
بإجماع المسلمين. فمن ظن أن هذا يقتضي أنه لا يستحبّ سفر أحد إلى مدينة الرسول صلى الله عليه وسلّم ولا مسجده ولا قبره؛ فقد غلط، فإن هذا لم يقله أحد، والقولان حكيا في جواز القصر لمن سافر لمجرد زيارة قبور الأنبياء والصالحين، فإنهما قولان معروفان في مذهب مالك والشافعي وأحمد،
ومالك وجمهور أصحابه يقولون:
إن السفر لغير المساجد الثلاثة كقبور الأنبياء وغيرها محرّم حتى قبر نبينا، كما صرح به مالك، ونهى الناذر عن الوفاء به. وابن عبد البر ومن وافقه جعلوا ذلك جائزا لا يجب بالنذر، لكن لو فعله جاز، واستدلوا بإتيان مسجد قباء. وكذلك طائفة من أصحاب أحمد؛ كأبي محمد المقدسي، وطائفة من أصحاب الشافعي كأبي المعالي والغزالي والرافعي، حملوا هذا الحديث على نفي الاستحباب والفضيلة. وكذلك أبو حامد الأسفراييني وأبو علي بن أبي هريرة ومن اتبعهما.
قال أبو المعالي:
كان شيخي- يعني أبا محمد الجويني- يفتي بالمنع من شدّ الرحال إلى غير هذه المساجد الثلاثة.
وربما كان يقول:
يحرم،
قال:
والظاهر أنه ليس فيه تحريم ولا كراهة، وبه قال الشيخ أبو علي. ومقصود الحديث تخصيص القربة بالمساجد الثلاثة.
وقال الشيخ أبو حامد في توجيه أحد قولي الشافعي:
إنه لا يجب بالنذر؛
قال:
يحتمل أن يريد به لا تشدّ الرحال إلا إلى ثلاثة مساجد واجبا، ويحتمل أن يريد به لا تشدّ الرحال إلا إلى ثلاثة مواضع مستحبا، فيحمل الحديث على نفي الوجوب مع النذر، أو نفي الاستحباب.
وأما قدماء أصحاب أحمد فقولهم كقول مالك، وعليه يدل كلام أحمد. وكذلك أبو محمد الجويني وغيره من أصحاب الشافعي، وأبو محمد الجويني من أصحاب الوجوه. والوجهان في مذهب الشافعي ذكرهما أبو المعالي والرافعي وغيرهما،
كما ذكر القولين أبو زكريا النووي في شرح مسلم فقال:
«واختلف العلماء في شدّ الرحال وإعمال المطيّ إلى غير المساجد الثلاثة؛ كالذهاب إلى قبور الصالحين، وإلى المواضع الفاضلة ونحو ذلك،
فقال الشيخ أبو محمد الجويني من أصحابنا:
هو حرام، وهو الذي أشار القاضي عياض إلى اختياره.
قال:
والصحيح عند أصحابنا وهو الذي اختاره إمام الحرمين، والمحققون؛ أنه لا يحرّم ولا يكره»
«١»
.
قلت:
والقاضي عياض مع مالك وجمهور أصحابه يقولون: إن السفر إلى غير المساجد الثلاثة محرّم كقبور الأنبياء.
فقول القاضي عياض:
إن زيارة قبره سنة مجمع عليها، وفضيلة مرغّب فيها؛ أراد به الزيارة الشرعية، كما ذكره مالك وأصحابه من أنه يسافر إلى مسجده ثم يصلّي عليه ويسلّم عليه، كما ذكروه في كتبهم. وقد قال القاضي
(١) انظر «شرح صحيح مسلم» (٩/ ١٠٦).