la tombe du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue. D’autres, toutefois, qualifient cela de « visite de sa tombe — qu’Allah prie sur lui et le salue », tout en sachant et en affirmant que l’on ne fait, en réalité, qu’atteindre sa mosquée. Selon cette terminologie, quiconque se rend à sa mosquée, y accomplit la prière et, conformément à la Loi, visite sa tombe — qu’Allah prie sur lui et le salue — n’encourt l’interdiction d’aucun musulman. Il en va autrement du voyage entrepris pour visiter la tombe d’un autre prophète ou d’un vertueux, car celui-ci ne possède pas de mosquée vers laquelle on puisse voyager. Ainsi, la question et la réponse portaient sur ce genre de voyage visant la visite des tombes des prophètes et des pieux, comme le pratiquent les gens d’innovation, qui en font un ḥajj, ou le considèrent supérieur, voire équivalent au ḥajj. Au point que certains rapportent un ḥadith, cité par quelques auteurs de notre époque, sur le mérite de celui qui visite le Khalîl, dans lequel il est dit : Et Wahb ibn Munabbih aurait déclaré : « Quand arrivera la fin des temps et que les gens seront empêchés d’accomplir le ḥajj, celui qui n’a pas accompli le pèlerinage et parvient à la tombe d’Ibrâhîm, sa visite comptera comme un ḥajj. » Ceci est un mensonge attribué à Wahb ibn Munabbih. De même, la parole : « Celui qui me visite, ainsi que mon père, au cours d’une même année, je lui garantis auprès d’Allah le Paradis »(1) est une calomnie contre le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue. Des savants ont précisé que ce faux ḥadith fut inventé par des imposteurs lors de la reprise de Bayt al-Maqdis, libéré des mains des croisés par Ṣalâḥ ad-Dîn, aux environs de l’année cinq cent quatre-vingt et quelque (H). Les chrétiens avaient alors percé la tombe du Khalîl et les gens purent pénétrer dans l’enceinte. À l’époque des Compagnons et des Successeurs — Wahb ibn Munabbih inclus — cela n’était pas envisageable, et l’on ne connaît aucun Compagnon ni Successeur qui se soit rendu à la tombe du Khalîl — sur lui la paix —, ni à celle d’un autre prophète, ni à celles des membres de la Famille du Prophète, des maîtres spirituels ou d’autres encore. Wahb ibn Munabbih(2) se trouvait au Yémen et non au Shâm ; il faisait partie de ceux qui rapportaient les récits des Banû Isrâ’îl et des anciens prophètes, tels Kaʿb al-Ahbâr, Muḥammad ibn Isḥâq et leurs semblables. Les savants ont recueilli les propos de Wahb au sujet de l’histoire du Khalîl et n’y ont rien trouvé de semblable. Mais les gens de l’égarement ont forgé des récits mensongers, attribués tant au Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — qu’aux Compagnons et Successeurs, afin d’étayer leurs innovations. Ils ont aussi colporté au sujet des Gens de la Maison et d’autres encore des mensonges qu’il serait trop long d’énumérer ici ; l’objectif de ces gens est de transformer le pèlerinage en une visite à la tombe de ʿAlî ou de al-Ḥusayn — qu’Allah les agrée tous deux —, ou à des tombes
(1) Mentionné précédemment au début de l’ouvrage. (2) Il s’agit de Wahb ibn Munabbih ibn Kamil ibn Sij ibn Dhī Kibar, connu sous le nom d’Abû ’Abdallah al-Yamanî al-Ṣan‘ânî. Né en l’an 34 de l’Hégire, il étudia notamment auprès d’Ibn ‘Abbâs, d’Abû Sa‘îd, d’Ibn ‘Umar et de Jâbir ibn ‘Abdallah. Parmi ses maximes : « Si tu entends quelqu’un te louer pour un mérite que tu n’as pas, ne lui fais pas confiance pour ne pas te blâmer pour un défaut que tu n’as pas. » Il mourut en 114 AH. Sa biographie figure dans : Ṭabaqât Ibn Sa‘d (t. 5, p. 543), Siyar A‘lâm al-Nubalâ’ (t. 4, p. 544), Tadhkirat al-Ḥuffâẓ (t. 1, p. 95), al-‘Ibar (t. 1, p. 143) et al-Bidâya wa’l-Nihâya (t. 9, p. 276).
قبر النبي صلى الله عليه وسلّم. وآخرون يسمّون هذا زيارة لقبره صلى الله عليه وسلّم، لكنهم يعلمون ويقولون إنه إنما يصل إلى مسجده. وعلى اصطلاح هؤلاء؛ من سافر إلى مسجده وصلى فيه وزار قبره صلى الله عليه وسلّم الزيارة الشرعية، لم يكن هذا محرما عند أحد من المسلمين، بخلاف السفر إلى زيارة قبر غيره من الأنبياء والصالحين، فإنه ليس عنده مسجد يسافر إليه. فالسؤال والجواب كان من جنس السفر إلى زيارة قبور الأنبياء والصالحين، كما يفعل أهل البدع، ويجعلون ذلك حجّا أو أفضل من الحج أو قريبا من الحج، حتى يروي بعضهم حديثا ذكره بعض المصنّفين في زماننا في فضل من زار الخليل قال فيه: وقال وهب بن منبه: إذا كان آخر الزمان حيل بين الناس وبين الحج، فمن لم يحج ولحق ذلك ولحق بقبر إبراهيم، فإن زيارته تعدل حجة. وهذا كذب على وهب بن منبه. كما أن قوله: «من زارني وزار أبي في عام واحد ضمنت له على الله الجنة» «١» . كذب على رسول الله صلى الله عليه وسلّم. وقد ذكر بعض أهل العلم أن هذا الحديث إنما افتراه الكاذبون لما فتح بيت المقدس، واستنقذ من أيدي النصارى على يد صلاح الدين سنة بضع وثمانين وخمسمائة، فإن النصارى نقبوا قبر الخليل وصار الناس يتمكّنون من الدخول إلى الحظيرة. وأما على عهد الصحابة والتابعين- وهب بن منبه وغيره- فلم يكن هذا ممكنا ولا عرف عن أحد من الصحابة والتابعين أنه سافر إلى قبر الخليل عليه السلام، بل ولا قبر غيره من الأنبياء، ولا من أهل البيت، ولا من المشايخ ولا غيرهم، ووهب بن منبه «٢» كان باليمن لم يكن بالشام، ولكن كان من المحدثين عن بني إسرائيل والأنبياء المتقدمين مثل كعب الأحبار ومحمد بن إسحاق ونحوهما. وقد ذكر العلماء ما ذكره وهب في قصة الخليل وليس فيه شيء من هذا. ولكن أهل الضلال افتروا آثارا مكذوبة على الرسول صلى الله عليه وسلّم وعلى الصحابة والتابعين توافق بدعهم، وقد رووا عن أهل البيت وغيرهم من الأكاذيب ما لا يتسع هذا الموضع لذكره، وغرض أولئك الحج إلى قبر علي أو الحسين رضي الله عنهما، أو إلى قبور
(١) تقدم في أول الكتاب. (٢) هو: وهب بن منبه بن كامل بن سيج بن ذي كبار، أبو عبد الله اليماني الصنعاني. مولده سنة أربع وثلاثين. أخذ عن ابن عباس وأبي سعيد وابن عمر وجابر بن عبد الله، وغيرهم. من أقواله: «إذا سمعت من يمدحك بما ليس فيك، فلا تأمنه أن يذمك بما ليس فيك». وفاته سنة أربع عشرة ومائة (١١٤). ترجمته في: «طبقات ابن سعد» (٥/ ٥٤٣) و «سير أعلام النبلاء» (٤/ ٥٤٤) و «تذكرة الحفاظ» (١/ ٩٥) و «العبر» (١/ ١٤٣) و «البداية والنهاية» (٩/ ٢٧٦).