une mosquée et y façonnaient ces images ; ceux-là sont, auprès d’Allah, les pires créatures au Jour de la Résurrection » (1).
Il les a donc blâmés pour l’une et l’autre de ces pratiques, et c’est pour cela qu’il a interdit à sa communauté l’une comme l’autre. Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, il est rapporté d’Abû l-Hayyâj al-Asadî (2) que ʿAlî ibn Abî Tâlib – qu’Allah l’agrée – lui dit : « Ne t’enverrai-je pas accomplir la mission pour laquelle le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – m’a envoyé ? Il m’a ordonné de ne laisser aucune statue sans l’effacer et aucun tombeau surélevé sans l’égaliser » (3).
Il lui a donc ordonné d’effacer les statues et d’aplanir les tombes hautes et éminentes, car les Gens du Livre égarés ont commis le polythéisme par ces deux voies : les statues représentant les prophètes et les vertueux, et leurs tombeaux.
Dans le Musnad et dans le Ṣaḥîḥ d’Ibn Abî Ḥâtim, il est rapporté d’après Ibn Masʿûd que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Parmi les pires gens figurent ceux que saisira l’Heure alors qu’ils sont encore en vie, ainsi que ceux qui prennent les tombes pour mosquées » (4).
Et dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après Abû Marthad al-Ghanawî, le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Ne priez pas en direction des tombes et ne vous asseyez pas dessus » (5).
Le développement détaillé de ce sujet a sa place ailleurs. Nous l’évoquons ici seulement parce que l’objection soulevée ne s’appuie ni sur science, ni sur argument, ni sur preuve ; son auteur ne présente pour justification que ce qu’il mentionne : la visite nécessite forcément déplacement et voyage – chose évidente pour tout un chacun. Il dit encore : « La visite est en soi un acte de rapprochement (qurba) et le moyen menant à un acte de rapprochement est lui-même un acte de rapprochement. » Tel est le fond de son propos.
Il accuse l’auteur de la réponse de contradiction : celui-ci autoriserait la visite mais interdirait le moyen qui y conduit, à savoir le voyage. C’est pourquoi il a déclaré :
« Si cet homme savait les erreurs et les faux pas contenus dans sa parole, la contradiction et les failles qu’elle renferme, il n’en aurait pas mis à nu la honte devant eux et en aurait plutôt voilé l’opprobre. »
Nous répondrons à cela sous plusieurs angles.
Premier angle : on peut dire : c’est toi qui te contredis dans le propos que tu lui prêtes. Au début de ton discours tu affirmes qu’il ressort clairement, tant du texte même que du sous-entendu de ses paroles, son mauvais dessein : interdire la visite des tombes des prophètes et des autres, ainsi que le voyage vers elles, prétendant que cela constitue un péché unanimement prohibé. Or quiconque a consulté la réponse sait qu’il n’a jamais interdit la visite de façon absolue, ni ne l’a attribuée à quiconque, encore moins n’en a-t-il revendiqué l’unanimité. Il s’agit simplement de l’avis d’un groupe de salaf qui ont interdit la visite sans restriction, comme cela est rapporté de Shaʿbî, al-Nakhʿî et Ibn Sîrîn ; mais l’auteur de la réponse n’a pas cité cet avis, car il est minoritaire. Et même s’il l’avait rapporté, il n’aurait pas prétendu qu’il faisait l’objet d’un consensus, car l’invalidité d’une telle affirmation n’échappe pas aux plus novices des étudiants en science : les ouvrages des savants sont remplis d’énoncés autorisant, voire recommandant, la visite des tombes par les hommes. Puis, plus loin, tu présentes l’auteur comme autorisant la visite tout en interdisant le moyen
(1) Rapporté par al-Bukhârî (n° 427, 434, 1341, 3878) et Muslim (n° 528).
(2) « Il s’appelait Hayyan ibn Husayn, faisait partie des proches de ‘Ali (qu’Allah l’agrée) et il lui confia la fonction de juge en Irak » (M).
(3) Rapporté par Muslim (n° 2240).
(4) Son isnâd a été présenté ci-dessus.
(5) Rapporté par Muslim (n° 972).
مسجدا وصوّروا فيه تلك الصور، أولئك شرار الخلق عند الله يوم القيامة»
«١»
. ذمهم على هذا وهذا، ولهذا نهى أمته عن هذا وهذا. وفي صحيح مسلم عن أبي الهيّاج الأسدي
«٢»
قال: قال علي بن أبي طالب رضي الله عنه:
«ألا أبعثك على ما بعثني عليه رسول الله صلى الله عليه وسلّم؟ أمرني أن لا أدع تمثالا إلا طمسته، ولا قبرا مشرفا إلا سويته»
«٣»
.
فأمره طمس التماثيل، وتسوية القبور العالية المشرفة. إذ كان الضالون أهل الكتاب أشركوا بهذا وبهذا؛ بتماثيل الأنبياء والصالحين وبقبورهم.
وفي المسند وصحيح ابن أبي حاتم عن ابن مسعود عن النبي صلى الله عليه وسلّم قال:
«إن من شرار الناس من تدركهم الساعة وهم أحياء، والذين يتخذون القبور مساجد»
«٤»
.
وفي صحيح مسلم عن أبي مرثد الغنوي قال:
قال رسول الله صلى الله عليه وسلّم:
«لا تضلّوا إلى القبور ولا تجلسوا عليها»
«٥»
. وبسط هذا له موضع آخر. ولكن نبهنا هنا على مثل هذا لأن هذا المعترض لم يأت في كلامه بعلم ولا حجة ولا دليل، بل حجّته من جنس ما ذكره هنا، أن الزيارة لا بدّ فيها من الحركة والانتقال، وهذا معلوم لكل أحد، فقوله والزيارة نفسها قربة، والوسيلة إلى القربة قربة؛ هذا مضمون كلامه.
ونسب المجيب إلى التناقض حيث أباح الزيارة، ومنع من الوسيلة إليها وهو السفر،
ولهذا قال:
«فلو علم هذا القائل ما في كلامه من الخطأ والزلل، وما اشتمل عليه كلامه من المناقضة والخلل، لما أبدي لهم عواره، ولستر عنهم شناره»
.
وجواب هذا من وجوه:
أحدها:
أن يقال: أنت المتناقض فيما حكيته عنه، فإنك في أول كلامك قلت أنه ظهر لك من صريح كلامه وفحواه؛ مقصده السيئ ومغزاه، وهو تحريم زيارة قبور الأنبياء وسائر القبور والسفر إليها، ودعوى أن ذلك معصية محرّمة مجمع عليها. وقد علم كل من وقف على الجواب أنه لم يحرم الزيارة مطلقا، ولا حكى ذلك عن أحد فضلا عن أن يحكيه إجماعا، لكن هذا قول طائفة من السلف حرّموا زيارة القبور مطلقا، كما نقل عن الشعبي والنخعي وابن سيرين، لكن المجيب لم يذكر هذا القول، فإنه قول مرجوح، ولو قدّر أنه حكاه لم يحك الإجماع على التحريم. فإن بطلان هذا لا يخفى على آحاد طلبة العلم، إذ كانت كتب العلماء مشحونة بذكر جواز زيارة القبور للرجال أو استحباب ذلك. ثم هناك جعلت المجيب يجوّز الزيارة وينهى عن الوسيلة
(١) أخرجه البخاري (٤٢٧، ٤٣٤، ١٣٤١، ٣٨٧٨) ومسلم (٥٢٨).
(٢) «اسمه حيان بن حصين، كان من خواص علي رضي الله عنه، وولاه القضاء في العراق» (م).
(٣) أخرجه مسلم (٢٢٤٠).
(٤) تقدم تخريجه.
(٥) أخرجه مسلم (٩٧٢).