Et de la même manière, les extrémistes au sujet de ʿAlî disent, à propos de celui qui suit ʿAlî dans ce qu’il a rapporté de lui-même et suit le Messager dans ce qu’il a rapporté au sujet de ʿAlî et d’autres : « Il a insulté ʿAlî et lui a porté préjudice », alors que ce sont eux qui ont accusé ʿAlî de mensonge et l’ont contredit, voire ont contredit le Messager en qui ʿAlî avait foi. Leur unique appui consiste à se cramponner à des hadiths dont certains sont faibles ou forgés, et d’autres équivoques, ne prouvant nullement ce qu’ils prétendent.
Il en est des chrétiens de la même façon : tantôt ils rapportent du Messie et d’autres prophètes des propos fallacieux, tantôt ils s’attachent à des expressions ambiguës qui ne démontrent en rien l’innovation qu’ils ont introduite.
Ainsi en va-t-il des gens de l’innovation qui invoquent les habitants des tombes, se rendent en pèlerinage auprès d’elles et érigent leurs occupants en égaux d’Allah, au point que certains prétendent : « Le pèlerinage vers ces tombes est préférable au pèlerinage à la Maison d’Allah. »
Les innovateurs attachés aux tombes se subdivisent en plusieurs catégories – longuement exposées ailleurs –, mais leur fondement se réduit soit à des hadiths fabriqués, soit à des termes généraux et équivoques, tel l’intitulé « visite des tombes » et similaires, qui peuvent couvrir diverses réalités et ont engendré confusion et controverse entre les savants et la masse. Parallèlement, ils délaissent les textes authentiques, explicites et déterminants rapportés du Sceau des prophètes – paix et salut d’Allah sur lui – dont ni la chaîne de transmission ni la portée ne suscitent la moindre contestation parmi les ulémas.
Ainsi, il est rapporté dans les deux Ṣaḥîḥ, d’après Abû Hurayra et Abû Saʿîd, que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit :
« On ne selle les montures que pour trois mosquées : la Mosquée sacrée, cette mosquée-ci (la mienne) et la mosquée al-Aqṣâ. »
Dans la version d’Abû Saʿîd rapportée par Muslim et d’autres, l’expression est formulée sous la forme même de l’interdiction : « Ne scellez pas les montures… »
Le hadith est encore transmis par d’autres chaînes ; ainsi Mâlik, les auteurs des Sunan et des Musnad le rapportent de Buṣra ibn Abî Buṣra, d’après le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – sous la forme :
« Que les montures ne soient mises en marche que vers trois mosquées. »
Les savants musulmans sont unanimes quant à l’authenticité de la chaîne de ce hadith et quant à l’obligation de se conformer à sa signification. Ils s’accordent également pour dire qu’il couvre le point litigieux, à savoir le voyage vers les tombes ; ils ont ensuite divergé : vise-t-il l’interdiction formelle ou simplement la négation du caractère recommandé et méritoire ? L’unanimité qui les rassemble suffit néanmoins comme preuve dans la question disputée.
Quant aux pieux prédécesseurs – Compagnons, Successeurs et imams –, on ne connaît parmi eux aucune divergence sur le fait que le Prophète a interdit de voyager vers autre que ces trois mosquées. Le hadith figure dans le Ṣaḥîḥ sous une interdiction explicite : « Ne scellez pas les montures si ce n’est pour trois mosquées. » Abû Saʿîd l’a entendu directement du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – ainsi que l’indique le Ṣaḥîḥ, sans l’avoir reçu d’un autre. Quant à la version d’Abû Hurayra, elle est générale ; celui-ci avait coutume de citer un hadith, puis de préciser : « Un tel me l’a rapporté », comme dans le hadith relatif au jeûneur en état d’impureté majeure, où il dit : « Al-Faḍl ibn ʿAbbâs me l’a rapporté. »
De même, il est rapporté dans les deux Ṣaḥîḥ qu’ʿÂʾisha – qu’Allah l’agrée – a dit : le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – déclara, lors de la maladie dont il ne se releva pas :
« Qu’Allah maudisse les juifs et les chrétiens ! Ils ont pris les tombes de leurs prophètes pour oratoires. » Elle dit