Il est donc mécréant ; et quand bien même il aurait tué une personne tout en étant convaincu que cet acte est illicite et qu’il en est pécheur, sa faute demeurerait moindre que celle de celui qui tient le pèlerinage vers des idoles pour supérieur au pèlerinage vers la Maison du Tout-Miséricordieux.
Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit :
« Seigneur, ne fais pas de ma tombe une idole que l’on adore. »
Ce hadith prouve que les tombes peuvent être érigées en idoles. Craignant cette dérive, il implora son Seigneur de ne pas permettre que sa tombe fût ainsi traitée, et Allah exauça son invocation, au grand dam des polythéistes égarés qui assimilent la tombe d’un autre à la sienne et désirent en faire un sanctuaire auprès duquel on accomplit le pèlerinage et que l’on invoque en dehors d’Allah.
Or Allah a envoyé Son Messager avec la guidée et la religion de vérité afin de la faire triompher de toute autre, et Allah suffit comme Témoin. Ainsi, nul être humain ne peut atteindre que sa Mosquée – la Maison d’Allah, édifiée pour l’adorer Lui seul – ; jamais il n’accédera à la demeure même du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue. Quand bien même il viserait la demeure d’une créature au lieu de la Maison du Créateur, Allah – par miséricorde pour cette communauté et en réponse à l’invocation de Son Prophète – ne le mènera qu’à la Maison du Créateur.
Si donc quelqu’un commet dans la Maison d’Allah un polythéisme ou une innovation interdits, cela ne concerne que lui, tout comme les polythéistes jadis associaient dans l’enceinte du Sanctuaire. Cette déviation n’est pas liée à la tombe du Prophète, et il n’est pas possible d’y pratiquer ce que les gens du polythéisme et de l’égarement font auprès d’autres tombes ; louange à Allah, Seigneur des mondes.
En revanche, près de la tombe d’autrui, ils peuvent accomplir des actes du même genre que ceux des chrétiens, allant même jusqu’à préférer ce polythéisme à l’unicité. Non contents de mettre le polythéisme sur le même plan que le tawḥîd, ils l’y ont élevé au-dessus.
Sufyân ath-Thawrî a dit :
« L’innovation est plus aimée de Satan que la désobéissance, car de la désobéissance on se repent, tandis que de l’innovation on ne se repent pas. » (1)
À l’époque du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue –, il y avait un homme qui buvait du vin, nommé ʿAbd Allâh et surnommé « Himâr ». Un homme le maudit, mais le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit :
« Ne le maudis pas, car il aime Allah et Son Messager. » Rapporté par al-Bukhârî. (2)
Par ailleurs, lorsque Dhû l-Khuwayṣira – un homme au front proéminent, aux yeux enfoncés et à la barbe fournie – vint dire : « Ô Muhammad ! Sois équitable, car tu ne l’as pas été ! », certains Compagnons voulurent le tuer. Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – déclara :
« Laissez-le ; il sortira de sa descendance (3) un peuple auprès de qui chacun de vous jugerait sa prière minime comparée à la leur, ainsi que son jeûne et sa récitation du Coran ; ils réciteront le Coran… »