La tombe du Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – fait partie des lieux au sujet desquels il est interdit de préparer un voyage, et celui qui en fait le vœu n’est pas autorisé à l’honorer. Son opinion, connue et rapportée dans l’ensemble des ouvrages de ses disciples, des premiers aux derniers, qu’ils soient concis ou volumineux, est en effet la suivante : il est défendu de voyager vers la cité du Messager d’Allah – ﷺ – ou vers Bayt al-Maqdis lorsqu’on ne vise pas la prière dans les deux mosquées. Si quelqu’un fait un tel vœu, il ne peut l’accomplir, car l’acte est prohibé. Selon lui, il n’est donc licite de se rendre dans ces deux cités que pour y prier dans leurs deux mosquées ; non pour visiter une tombe, quelque autre mosquée, un vestige ou tout autre chose dont on recherche le mérite propre à un lieu déterminé.
Quant à celui qui voyage pour le commerce, la quête du savoir ou tout autre motif analogue, cela n’entre pas dans ce cadre, puisque son intention n’est pas liée au lieu en tant que tel. En revanche, entreprendre un voyage vers n’importe quelle autre ville dans le seul but de ses mosquées ou d’une tombe qu’elle abrite n’est, selon lui, permis en aucune circonstance ; de plus, son école considère que, dans un voyage illicite, la prière ne se raccourcit pas.
Le répondant, pour sa part, n’a pas affirmé catégoriquement que la prière ne s’écourte pas dans ce cas, comme l’a prétendu ce calomniateur. Il a plutôt rapporté l’avis des uns et des autres, sans privilégier celui qui interdit le raccourcissement. Il a néanmoins exposé l’argument de ceux qui proscrivent le voyage vers un lieu autre que ces trois mosquées ; lorsqu’il l’a présenté, il est apparu que c’était la preuve prépondérante et que les opposants ne disposaient d’aucun élément équivalent pour la contrecarrer.
S’agissant de l’accusation selon laquelle il aurait ainsi contredit « les maîtres érudits et les imams de l’époque », elle est infondée ; il n’a, ce faisant, contredit aucun savant musulman ni aucun imam de la religion reconnu comme tel par les musulmans. Quant à celui qui parle sans science, mû par la passion et l’ignorance, il ne fait pas partie des imams de la religion ; les musulmans ne consignent pas ses propos dans leurs ouvrages comme parole à suivre et à imiter.
Bien au contraire, Allah – Très-haut – dit à l’Ami intime (Ibrâhîm) lorsqu’Il déclara : « Je vais faire de toi un guide pour les gens. » Il dit : « Et parmi ma descendance ? » Il dit : « Mon engagement n’atteint pas les injustes. » (al-Baqarah, 124). Il a ainsi montré que Son pacte d’imamat n’échoit pas à un injuste : le pervers ne saurait être l’imam des pieux.
Il dit également : « Nous avons fait d’eux des imams qui guidaient par Notre ordre, lorsqu’ils endurèrent avec patience et furent convaincus de Nos signes. » (as-Sajdah, 24). Les imams qui guident par l’ordre d’Allah sont donc les gens de patience et de certitude. Allah – Exalté soit-Il – a informé qu’Il fit d’Ibrâhîm, d’Isḥâq et de Ya‘qûb des imams qui guidaient par Son ordre. Ibrâhîm est l’imam des ḥunafâ’, l’appelant à l’unicité d’Allah, à Son adoration exclusive, et au désaveu de toute adoration dirigée vers un autre qu’Allah ainsi que de ceux qui s’y adonnent. Allah a aussi indiqué que nul ne se détourne de sa voie si ce n’est quelqu’un de sot et d’ignorant.
Il dit encore : « En vérité, Ibrâhîm était une communauté, dévoué à Allah, pur monothéiste, et il n’était point du nombre des associateurs. » (an-Naḥl, 120). Le terme « ummah » signifie ici : le modèle que l’on suit.
Ibn Mas‘ûd avait coutume de dire : « Mu‘âdh était une ummah, dévoué à Allah, pur monothéiste. » Ceux à qui il s’adressait rétorquaient : « [Il s’agit] d’Ibrâhîm ! » Il répondait : « Non, de Mu‘âdh. » Ils comprenaient alors qu’il ne récitait pas le verset, mais voulait leur enseigner que Mu‘âdh était un imam.
Quiconque Allah érige en imam appelle à l’adoration d’Allah seul, sans associé, et interdit d’invoquer quiconque en dehors de Lui – que l’invocation soit un acte d’adoration ou une demande. Ils prohibent d’invoquer les anges ou les prophètes, a fortiori tout autre qu’eux. C’est avec ce message qu’Allah a envoyé tous les messagers et révélé tous les Livres ; telle est la religion de l’Islam, qu’Allah n’agrée de personne en dehors d’elle.
Allah – exalté soit-Il – dit :