Section [La transgression de l’objecteur à l’égard de l’auteur et la réponse de l’auteur] Ensuite, l’objecteur déclara : « Cet écrivain a prétendu que le voyage entrepris pour visiter le Prophète élu — que les prières et les salutations d’Allah soient sur lui — est une désobéissance dans laquelle il est interdit de raccourcir la prière. Par là, il a commis une faute immense et contredit les maîtres savants et les imams de son époque. Cela reviendrait, selon lui, à placer ce voyage sur le même rang qu’un déplacement visant à tuer des âmes. Ce qui l’y pousse n’est autre que la perversité de sa croyance et son esprit inversé ; il est semblable à celui qu’Allah a égaré malgré son savoir, a scellé son ouïe et son cœur, et a mis un voile sur sa vue, de sorte que son cœur ne reçoit plus la vérité, envahi qu’il est par les ténèbres et l’obscurité. » La réponse est la suivante : Les insultes et injures contenues dans ces propos ne constituent pas une science digne de réponse. On pourrait le répliquer bien plus durement en restant véridique, sans mentir comme il le fait ; il apparaîtrait alors qu’il est parmi les plus ignorants des gens, les pires en compréhension et les moins pourvus de science. Il a davantage besoin qu’on le fasse comprendre et qu’on l’instruise que d’être écarté du droit chemin ; il a plus besoin de discipline, de correction et de redressement que de persister à suivre ce dont il n’a aucune connaissance et de parler d’Allah sans science. Allah, exalté soit-Il, a dit : « Dis : Mon Seigneur n’a interdit que les turpitudes, apparentes ou cachées… » (al-Aʿrâf, 33). Ceux, en revanche, qui jugent préférable d’accomplir le pèlerinage vers les tombes et d’invoquer leurs occupants en dehors d’Allah associent à Allah ce pour quoi Il n’a fait descendre aucune autorité et parlent d’Allah sans science. Ils assimilent cela au pèlerinage à la Maison d’Allah et l’y rattachent. Or, lorsqu’Il mentionna le ḥajj, Il dit : « Et lorsque Nous indiquâmes à Ibrâhîm l’emplacement de la Maison [en lui disant] : “Ne M’associe rien et purifie Ma Maison pour ceux qui tournent autour, qui se tiennent debout [en prière]…” » jusqu’à Sa parole : « … venant de toute vallée lointaine » (al-Ḥajj, 26-27). Et lorsqu’Il évoqua la vénération de Ses interdits et de Ses rites pendant le ḥajj, Il dit : « Voilà [ce qu’il en est]. Quiconque magnifie les interdits d’Allah, cela est meilleur pour lui auprès de son Seigneur… » jusqu’à Sa parole : « … et dépensent de ce que Nous leur avons accordé » (al-Ḥajj, 30-35). Ainsi, Il a évoqué ici l’unicité (tawḥîd) et ordonné de s’écarter du polythéisme (shirk) et de la fausse parole, liant ces deux interdits. C’est pourquoi le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit : « Le faux témoignage est placé sur le même rang que l’association à Allah. » (1) Quant à ces égarés
(1) Rapporté par Aḥmad (t. 4, p. 321), Abû Dâwûd (n° 3599), at-Tirmidhî (n° 2300), Ibn Mâjah (n° 2372), ainsi que par Ibn Jarîr al-Ṭabarî dans son Tafsîr (t. 17, p. 112), al-Bayhaqî dans Shuʿab al-Īmân (t. 4, pp. 223-224, n° 4861), al-Ṭabarânî dans al-Kabîr (t. 4, n° 4162) et al-Mizzî dans Tahdhîb al-Kamâl (t. 3, pp. 446-447).
فصل [تعدّي المعترض على المصنف، وجواب المصنف عليه] ثم قال المعترض: «وقد ذكر هذا القائل أن السفر إلى زيارة النبي المصطفى صلى الله عليه وسلّم معصية يحرّم فيه القصر، فارتكب بذلك أمرا عظيما، وخالف فيه السادة العلماء وأئمة العصر، فمقتضى ذلك أن يسوّي بينه وبين السفر لقتل النفوس، والحامل له على ذلك سوء معتقده وذهنه المعكوس، فهو كمن أضلّه الله على علم وختم على سمعه وقلبه وجعل على بصره غشاوة، فقلبه لا يقبل الحق لما نازله من الظلمة والغشاوة» . والجواب أن يقال: ما في هذا الكلام من السبّ والشتم ليس هو علما يستحق الجواب عليه، ويمكن الإنسان أن يقابله بأضعاف ذلك ويكون صادقا لا يكون كاذبا مثله، ويتبين أنه من أجهل الناس وأسوئهم فهما وأقلهم علما، وأنه إلى التفهيم والتعليم أحوج منه إلى خروجه عن الصراط المستقيم، وهو إلى التعزير والتأديب والتقويم أحوج منه إلى أن يقفو ما ليس له به علم، ويقول على الله ما لا يعلم، وقد قال تعالى: قُلْ إِنَّما حَرَّمَ رَبِّيَ الْفَواحِشَ ما ظَهَرَ مِنْها وَما بَطَنَ [الأعراف: ٣٣] الآية، وهؤلاء الذين يستحبون الحج إلى القبور ودعاء أهلها من دون الله يشركون بالله ما لم ينزّل به سلطانا، ويقولون على الله ما لا يعلمون، ويجعلون ذلك من جنس حج بيت الله ويقرنونه به، وهو لما ذكر الحج، قال: وَإِذْ بَوَّأْنا لِإِبْراهِيمَ مَكانَ الْبَيْتِ أَنْ لا تُشْرِكْ بِي شَيْئاً وَطَهِّرْ بَيْتِيَ لِلطَّائِفِينَ وَالْقائِمِينَ [الحج: ٢٦] إلى قوله: عَمِيقٍ [الحج: ٢٧] . ولما ذكر تعظيم حرماته وشعائره في الحج قال: ذلِكَ وَمَنْ يُعَظِّمْ حُرُماتِ اللَّهِ فَهُوَ خَيْرٌ لَهُ عِنْدَ رَبِّهِ [الحج: ٣٠] إلى قوله: وَمِمَّا رَزَقْناهُمْ يُنْفِقُونَ [الحج: ٣٥] . فهو قد ذكر التوحيد هاهنا وأمر باجتناب الشرك واجتناب قول الزور فقرن بينهما، ولهذا قال النبي صلى الله عليه وسلّم: «عدلت شهادة الزور الإشراك بالله» «١» . وهؤلاء الضّلال
(١) أخرجه أحمد (٤/ ٣٢١) وأبو داود (٣٥٩٩) والترمذي (٢٣٠٠) وابن ماجه (٢٣٧٢) وابن جرير الطبري في «تفسيره» (١٧/ ١١٢) والبيهقي في «شعب الإيمان» (٤/ ٢٢٣ - ٢٢٤/ ٤٨٦١) والطبراني في «الكبير» (٤/ رقم: ٤١٦٢) والمزي في «تهذيب الكمال» (٣/ ٤٤٦ - ٤٤٧).