Allah a donc ordonné aux croyants de se désavouer de toute divinité adorée en dehors d’Allah et de quiconque l’adore. Il – Exalté soit-Il – a dit :
« Il y a certes pour vous un bel exemple en Abraham et en ceux qui étaient avec lui, lorsqu’ils dirent à leur peuple : “Nous vous désavouons, ainsi que ce que vous adorez en dehors d’Allah. Nous vous renions, et l’inimitié et la haine sont désormais apparues entre nous et vous, jusqu’à ce que vous croyiez en Allah seul.” » (Al-Mumtaḥana, 4).
De même, pour tous les morts, la simple vue de leurs tombes n’entraîne pas nécessairement un surcroît d’amour à leur égard, si ce n’est pour celui qui connaissait déjà leur condition ; il s’en souvient alors et les aime. Quant au Messager, les musulmans rappellent ses états, ses qualités, ses vertus, les grâces dont Allah l’a comblé, lui et sa communauté ; ainsi, leur amour et leur vénération pour lui croissent – non pas du fait même de la vision de sa tombe. C’est pourquoi tu constateras que ceux qui se consacrent à séjourner autour des tombes des prophètes et des pieux sont parmi les plus éloignés de leur voie et de leur suivi. La plupart d’entre eux recherchent seulement, au moyen de ces tombes, subsistance et prestige ; ils évoquent leurs mérites afin d’en tirer autorité ou profit matériel, non afin d’accroître l’amour et le bien qu’ils leur portent.
Dans le Musnad de l’Imâm Aḥmad et le Ṣaḥîḥ d’Abû Ḥâtim, il est rapporté d’après Ibn Masʿûd que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit :
« Parmi les plus mauvais des gens se trouvent ceux que l’Heure surprendra alors qu’ils seront encore vivants, ainsi que ceux qui prennent les tombes pour mosquées. » (1)
Les vertus qu’il a mentionnées ne représentent qu’une partie de ce que mérite réellement le Prophète – paix et salut d’Allah sur lui – ; la réalité dépasse de beaucoup ce qu’il en a dit, de multiples fois. Cela n’en demeure pas moins une raison qui nous oblige à croire en lui, à lui obéir, à suivre sa Sunna, à le prendre pour modèle et à marcher sur ses traces.
(1) Ce hadith a été rapporté par Aḥmad (I/405, 435), Ibn Abī Shayba dans son al-Muṣannaf (IV/140), Ibn Ḥibbān dans son Ṣaḥīḥ (XV/260-261, n°6847), al-Ṭabarānī dans al-Mu‘jam al-Kabīr (X, n°10413), al-Bazzār (IV/151, n°3420 – sous la rubrique «Kashf»), Ibn Khuzayma dans son Ṣaḥīḥ (n°789) et Abū Nu‘aym dans Akhbār Isfahān (I/142). Il est transmis par la voie de Za'ida, d’après ʿĀsim b. Abī n-Nujūd puis Abū Wa’il, jusqu’à ʿAbd Allāh b. Mas‘ūd, en isnād élevé (mursal) : chaîne jugée ḥasan. ʿĀsim b. Abī n-Nujūd est aussi cité accolément par al-Bukhārī et Muslim, conférant à son récit le statut de ḥasan. Les autres narrateurs sont tous thiqāt selon l’avis des deux «Sheykhayn».Al-Bukhārī place ce ḥadīth dans son Ṣaḥīḥ (n°7067) sous la mention «Wa qāla Abū ʿAwāna: ‘an ʿĀsim…». Aḥmad l’a également transmis (I/454) et al-Bazzār (IV/151, n°2421) par une autre chaîne : Qays b. al-Rabiʿ al-Asadī → al-A‘mash → Ibrāhīm al-Nakh‘ī → Ūbaida as-Sulmanī → Ibn Mas‘ūd. Cette version est jugée ḥasan par l’imam al-Albānī. Al-Haythamī, dans al-Majma‘ (II/27), commente : «Rapporté par al-Ṭabarānī dans al-Kabīr, chaîne bonne», et plus loin (VIII/13) : «Rapporté par al-Bazzār par deux isnāds ; l’un passant par ‘Āsim b. Bahdala — thiqa mais comportant une faiblesse —, l’autre dont tous les narrateurs appartiennent à la catégorie du Ṣaḥīḥ». C’est Aḥmad qui attribue la version dans ses deux recueils. Shaykh al-Islām, dans Iqtīdā’ aṣ-Ṣirāṭ al-Mustaqīm (II/674), qualifie son isnād de «jayyid». Le muhaddith Aḥmad Shākir, dans sa vérification du Musnad (n°3844), le considère «ṣaḥīḥ». L’imam al-Albānī confirme enfin son ḥasana fī al-isnād dans Tahdhīr al-Sājid (p. 19) et Aḥkām al-Janā’iz (p. 278).
فقد أمر الله المؤمنين أن يتبرءوا من كل معبود غير الله ومن كل من عبده،
قال تعالى:
قَدْ كانَتْ لَكُمْ أُسْوَةٌ حَسَنَةٌ فِي إِبْراهِيمَ وَالَّذِينَ مَعَهُ إِذْ قالُوا لِقَوْمِهِمْ إِنَّا بُرَآؤُا مِنْكُمْ وَمِمَّا تَعْبُدُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ كَفَرْنا بِكُمْ وَبَدا بَيْنَنا وَبَيْنَكُمُ الْعَداوَةُ وَالْبَغْضاءُ أَبَداً حَتَّى تُؤْمِنُوا بِاللَّهِ وَحْدَهُ
[الممتحنة: ٤]
.
وكذلك سائر الموتى ليس في مجرد رؤية قبورهم ما يوجب لهم زيادة المحبة إلا لمن عرف أحوالهم بدون ذلك فيتذكر أحوالهم فيحبهم، والرسول يذكر المسلمون أحواله ومحاسنه وفضائله وما منّ الله به عليه ومنّ به على أمته، فبذلك يزداد حبهم له وتعظيمهم له لا بنفس رؤية القبر، ولهذا تجد العاكفين على قبور الأنبياء والصالحين من أبعد الناس عن سيرتهم ومتابعتهم. وإنما قصد جمهورهم التأكّل والترؤس بهم، فيذكرون فضائلهم ليحصل لهم بذلك رئاسة أو مأكلة، لا ليزدادوا لهم حبا وخيرا.
وفي مسند الإمام أحمد وصحيح أبي حاتم عن ابن مسعود عن النبي صلى الله عليه وسلّم قال:
«إن من شرار النّاس من تدركهم الساعة وهم أحياء، والذين يتّخذون القبور مساجد»
«١»
.
وما ذكره هذا من فضائله فبعض ما يستحقه صلى الله عليه وسلّم، والأمر فوق ما ذكره أضعافا مضاعفة، لكن هذا يوجب إيماننا به، وطاعتنا له، واتباع سنته، والتأسي به والاقتداء،
(١) أخرجه أحمد (١/ ٤٠٥، ٤٣٥) وابن أبي شيبة في «مصنفه» (٤/ ١٤٠) وابن حبان في «صحيحه» (١٥/ ٢٦٠ - ٢٦١/ ٦٨٤٧) والطبراني في «المعجم الكبير» (١٠/ رقم: ١٠٤١٣) والبزار (٤/ ١٥١/ ٣٤٢٠) - كشف- وابن خزيمة في «صحيحه» (٧٨٩) وأبو نعيم في «أخبار أصبهان» (١/ ١٤٢).
من طريق: زائدة، عن عاصم بن أبي النجود، عن أبي وائل، عن عبد الله بن مسعود مرفوعا. وإسناده حسن.
عاصم بن أبي النجود؛ روى له البخاري ومسلم مقرونا، فحديثه حسن.
وباقي رجاله ثقات رجال الشيخين.
والحديث علّقه البخاري في «صحيحه» رقم (٧٠٦٧) قال: «وقال أبو عوانة: عن عاصم ... » فذكره.
وأخرجه أحمد (١/ ٤٥٤) والبزار (٤/ ١٥١/ ٢٤٢١) من طريق: قيس بن الربيع الأسدي، عن الأعمش، عن إبراهيم النخعي، عن عبيدة السلماني، عن ابن مسعود به. وهو حسن بما قبله كما قال الشيخ الألباني.
والحديث قال عنه الهيثمي في «المجمع» (٢/ ٢٧): «رواه الطبراني في الكبير وإسناده حسن».
وقال أيضا (٨/ ١٣): «رواه البزار بإسنادين في أحدهما عاصم بن بهدلة، وهو ثقة وفيه ضعف، وبقية رجاله رجال الصحيح».
وفاته عزو الحديث لأحمد في الموضعين.
وقال شيخ الإسلام في «اقتضاء الصراط المستقيم» (٢/ ٦٧٤): «إسناده جيد».
وقال المحدث أحمد شاكر- رحمه الله- في تحقيقه على «المسند» (٣٨٤٤): «إسناده صحيح»!
وإنما هو حسن الإسناد.
وحسن إسناده الألباني في «تحذير الساجد» (ص ١٩) و «أحكام الجنائز» (ص ٢٧٨).