est légiféré dans toutes les mosquées, mais sa mosquée – sur ce point la discussion demeure – est supérieure à toutes les autres, à l’exception de la Mosquée sacrée. Quant à l’élan d’amour, le désir ardent de le rencontrer, la quiétude éprouvée en évoquant son nom et en rappelant ses états, tout cela est prescrit au croyant en tout lieu. La simple visite de l’extérieur de la chambre funéraire n’impose donc aucun acte cultuel qui ne serait pas valide ailleurs. Bien au contraire, il a interdit de faire de cet endroit une fête (ʿîd) et d’y accomplir la prière ; où qu’il se trouve, le serviteur invoque pour lui la prière (ṣalât) et la salutation (salâm) sans réserver cela à sa demeure ni à sa tombe – à plus forte raison pour ce qui ne relève pas de ces deux actes. Si l’on spécifiait ainsi sa tombe, il en découlerait que, dans les autres endroits, l’amour, la vénération, le soutien, l’alliance et les louanges qui lui sont dus diminueraient, contrairement à ce qui se manifeste auprès de sa tombe ; les gens, lorsqu’ils voient la sépulture de celui qu’ils chérissent et qu’ils vénèrent, ressentent en leurs cœurs une affection, une compassion et un amour plus intenses que lorsqu’ils en sont éloignés.
Le Messager est l’intermédiaire entre eux et Allah en tout lieu et en tout temps ; il n’est donc pas prescrit ce qui amenuiserait leur amour et leur foi dans l’ensemble des contrées et des époques. Car, si cela leur avait été légiféré, ils se détourneraient de ses droits pour la recherche de leurs besoins auprès de lui – comme on le constate –, tombant ainsi dans l’association envers le Créateur et dans la négligence du droit de la créature ; ce qui ruinerait alors la concrétisation des deux attestations : « Il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah » et « Muhammad est le Messager d’Allah ».
En revanche, ce qu’il leur a prescrit – prier pour lui et le saluer en tout lieu, ne pas faire de sa maison une fête ni une mosquée, et leur interdire d’y entrer pour le visiter comme on visite les tombes – assure la perfection de leur tawḥîd envers le Seigneur, la plénitude de leur foi, de leur amour et de leur vénération pour le Messager, où qu’ils se trouvent, et renforce leur souci de l’obéissance qu’il a ordonnée. C’est en effet l’obéissance qui constitue le pivot du bonheur et la ligne qui sépare les alliés d’Allah de Ses ennemis, les gens du Paradis des gens du Feu ; ceux qui Lui obéissent sont les alliés pieux d’Allah, Son armée victorieuse, Son parti triomphant, tandis que ceux qui s’opposent à lui et lui désobéissent sont à l’opposé (1).
Quant à ceux qui entreprennent un pèlerinage vers sa tombe ou celle d’un autre, les invoquent et les prennent comme égaux, ils se rangent parmi ceux qui lui désobéissent et le contredisent, non parmi ceux qui lui obéissent et le suivent ; par cet acte, ils se lient plutôt à ses ennemis qu’à ses alliés, même s’ils s’imaginent qu’il s’agit de sa loyauté et de son amour, tout comme les chrétiens pensent que leur excès envers le Messie et l’association qu’ils commettent à son sujet relèvent de son amour et de sa fidélité.
Il en va de même pour leur invocation des prophètes et des morts – tels qu’Ibrâhîm, Mûsâ et d’autres : ils s’imaginent que cela relève de leur amour et de leur loyauté envers eux, alors qu’en réalité c’est une forme d’inimitié. C’est pourquoi, au Jour de la Résurrection, ils se désavoueront d’eux ; de même, le Messager se désavouera de celui qui lui aura désobéi, même si son intention était de le magnifier et d’exagérer à son sujet.
Allah – exalté soit-Il – dit : « Et avertis tes plus proches parents… » (Ash-Shuʿarâʾ, 214) jusqu’à Sa parole : « … ce que vous pratiquez » (Ash-Shuʿarâʾ, 216).
(1) Voir à ce sujet l’ouvrage «Al-Furqan bayna awliya ar-Rahman wa awliya ash-Shaytan» par l’auteur (qu’Allah lui accorde sa miséricorde).
يشرع في سائر المساجد، لكن مسجده أفضل من سائرها غير المسجد الحرام على نزاع في ذلك، وما يجده المسلم في قلبه من محبّته والشوق إليه، والأنس بذكره، وذكر أحواله، فهو مشروع له في كل مكان، وليس في مجرد زيارة ظاهر الحجرة ما يوجب عبادة لا تفعل بدون ذلك، بل نهى عن أن يتّخذ ذلك المكان عيدا وأن يصلّى عليه حيث كان العبد، ويسلّم عليه، فلا يخصّ بيته وقبره لا بصلاة عليه ولا بسلام عليه، فكيف بما ليس كذلك؟ وإذا خصّ قبره بذلك صار ذلك في سائر الأمكنة دون ما هو عند قبره ينقص حبه وتعظيمه وتعزيره وموالاته والثناء عليه عند غير قبره، كما يفعل عند قبره كما يجده الناس في قلوبهم إذا رأوا من يحبونه ويعظّمونه يجدون في قلوبهم عند قبره مودة له ورحمة ومحبة أعظم مما يكونون بخلاف ذلك.
والرسول هو الواسطة بينهم وبين الله في كل مكان وزمان، فلا يؤمرون بما يوجب نقص محبتهم وإيمانهم في عامة البقاع والأزمنة، مع أن ذلك لو شرع لهم لأشغلوا بحقوقهم عن حقّه، واشتغلوا بطلب الحوائج منه كما هو الواقع، فيدخلون في الشرك بالخالق وفي ترك حق المخلوق. فينقض تحقيق الشهادتين؛ شهادة أن لا إله إلا الله وأن محمدا رسول الله.
وأما ما شرعه لهم من الصلاة والسلام عليه في كل مكان، وأن لا يتخذوا بيته عيدا ولا مسجدا، ومنعهم من أن يدخلوا إليه ويزوروه كما تزار القبور؛ فهذا يوجب كمال توحيدهم للرب، وكمال إيمانهم بالرسول ومحبته وتعظيمه، حيث كانوا واهتمامهم بما أمروا به من طاعته، فإن طاعته هي مدار السعادة وهي الفارقة بين أولياء الله وأعدائه، وأهل الجنة وأهل النار، فأهل طاعته هم أولياء الله المتقون وجنده المفلحون وحزبه الغالبون، وأهل مخالفته ومعصيته بخلاف ذلك
«١»
. والذين يقصدون الحج إلى قبره وقبر غيره ويدعونهم ويتخذونهم أندادا؛ هم من أهل معصيته ومخالفته، لا من أهل طاعته وموافقته، فهم في هذا الفعل من جنس أعدائه لا من جنس أوليائه. وإن ظنوا أن هذا من موالاته ومحبته، كما يظن النصارى أن ما هم عليه من الغلوّ في المسيح والشّرك به من جنس محبته وموالاته.
وكذلك دعاؤهم للأنبياء والموتى؛ كإبراهيم وموسى وغيرهما، ويظنون أن هذا من محبتهم وموالاتهم، وإنما هو من جنس معاداتهم. ولهذا يتبرّءون منهم يوم القيامة، وكذلك الرسول يتبرأ ممن عصاه، وإن كان قصده تعظيمه والغلو فيه.
قال تعالى:
وَأَنْذِرْ عَشِيرَتَكَ الْأَقْرَبِينَ
[الشعراء: ٢١٤]
إلى قوله: تَعْمَلُونَ
[الشعراء: ٢١٦]
.
(١) وانظر في ذلك «الفرقان بين أولياء الرحمن وأولياء الشيطان» للمصنف- رحمه الله تعالى-.