plus qu’eux-mêmes. » (Al-Ahzâb, 6)
Il dit également : « Dis : Si vos pères, vos fils, vos frères, vos épouses et votre clan… » (At-Tawbah, 24), jusqu’à la fin du verset.
Et encore : « Tu ne trouveras pas de peuple qui croie en Allah et au Jour dernier entretenant de l’affection pour ceux qui s’opposent à Allah et à Son Messager… » (Al-Mujādilah, 22), jusqu’à Sa parole : « … par un Esprit venant de Lui. » (Al-Mujādilah, 22).
Dans le Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî et ailleurs, il est rapporté d’après Abû Hurayrah que le Messager d’Allah — paix et bénédiction d’Allah sur lui — a dit :
« Il n’est pas de croyant sans que je ne sois plus proche de lui, ici-bas et dans l’au-delà. Lisez, si vous le souhaitez : ﴾ Le Prophète a plus de droit sur les croyants que leurs propres personnes ﴿ (Al-Ahzâb, 6). Quant à celui qui meurt en laissant des biens, qu’ils reviennent à ses agnats, quels qu’ils soient ; mais celui qui laisse une dette ou des personnes à charge, qu’il vienne à moi, car j’en suis le protecteur. » (1)
Dans un autre ḥadîth :
« Aucun d’entre vous ne sera véritablement croyant tant que sa passion ne sera pas conforme à ce que j’ai apporté. » (2)
L’amour du Prophète, son obéissance, sa défense, sa vénération ainsi que tous les droits qu’Allah a prescrits à son égard sont donc requis partout ; ils ne sont pas spécifiques à un lieu plutôt qu’à un autre. Celui qui se trouve dans la mosquée, près de la tombe, n’est pas plus tenu d’accomplir ces droits que celui qui se tient ailleurs.
Il est par ailleurs établi que visiter sa tombe, de la même manière que l’on visite habituellement les tombes, n’est ni légiféré ni possible. Si la visite de sa tombe comportait pour la communauté un acte d’adoration supplémentaire, on aurait ouvert la porte de la chambre funéraire et l’on aurait permis l’accomplissement de cet acte auprès de sa tombe ; or l’accès n’a été autorisé qu’à sa mosquée. Quant à ce qui est prescrit dans sa mosquée
(1) Rapporté par al-Bukhârî (n° 2399, 4781).
(2) Mentionné par :
– al-Khâṭib al-Baghdâdî, dans son Târîkh (t. 4, p. 369) ;
– al-Baghawî, dans son Sharḥ as-Sunnah (t. 1, pp. 212–213/104) ;
– Ibn Abî ‘Âṣim, dans as-Sunnah (n° 15) ;
– Ibn Baṭṭah, dans al-Ibânah (1re partie, t. 1, pp. 387–388/279) ;
– Abû Ismâ‘îl al-Harawî, dans Dham al-Kalâm wa Ahluhu (t. 2, pp. 254–255/320) ;
– al-Ḥasan ibn Sufyân al-Nisawî, dans al-Arba‘în (n° 9) ;
– Abû al-Qâsim al-Iṣbahânî, dans al-Ḥujjah fî Bayân al-Muḥjjah (t. 1, p. 251/103) ;
– al-Bayhaqî, dans al-Madkhal (n° 209) ;
– al-Salfî, dans Ma‘jam al-Safar (n° 1265, éd. al-Fikr) ;
– Ibn al-Jawzî, dans Dham al-Hawâ (pp. 22–23, éd. al-‘Ilmiyyah).
Chaîne de transmission : Na‘îm ibn Ḥammâd, d’après ‘Abd al-Wahhâb ibn ‘Abd al-Majîd al-Thaqafî, d’Hichâm ibn Ḥassan, de Muḥammad ibn Sirîn, d‘Uqbah ibn Aws, d’Abd Allâh ibn ‘Amr ibn al-‘Âṣ ; présenté comme hadîth marfû‘ (attribué au Prophète). Isnâd faible.
– Na‘îm ibn Ḥammâd est jugé « véridique mais sujet à l’erreur » et ne possède qu’une seule chaîne, discutée : tantôt Abd al-Wahhâb le tient de Hichâm, tantôt il rapporte « un de nos cheikhs » (Hichâm ou un autre).
– ‘Abd al-Wahhâb al-Thaqafî est réputé fiable par Ibn Sa‘d, mais ce dernier note un point de faiblesse ; Ibn Ḥibbân et d’autres l’ont authentifié.
– L’imam an-Nawawî l’a considéré comme sahîh dans ses Quarante (al-Arba‘în an-Nawawiyya) et le confirme dans al-Fatḥ (13/302) : « Ce hadîth est rapporté par al-Ḥasan ibn Sufyân dont les narrateurs sont fiables, et je l’ai authentifié au terme de mes Quarante. »
Cependant, le hadîth est en réalité mu‘allaq (isolé).
– Ibn Rajab al-Ḥanbalî analyse suffisamment ses ‘ilal (défauts) dans Jam‘ al-‘Ulûm wa al-Ḥikam (pp. 724–725, éd. Ibn al-Jawzî) et dans al-Risâlah (t. 2, pp. 394–395), concluant : « Ce hadîth est très éloigné de l’authenticité pour de multiples raisons… », qu’il énumère ; sa consultation est dès lors nécessaire.
– Al-Albânî l’a déclaré faible dans al-Mishkât (n° 167) et dans Zilâl al-Jannah (n° 15).