d’après la femme de son grand-père, ʿÂʾicha, elle-même le tenant de Layth. Or ce Layth comme la femme de son grand-père sont inconnus ; Layth n’est réputé ni pour la précision de sa transmission ni pour son intégrité, et leur rapport est, de surcroît, des plus singuliers. Quant au texte même, il est nul. En effet, les œuvres qu’Allah et Son Messager ont rendues obligatoires ne sauraient hisser un homme au rang d’un seul Compagnon. Bien au contraire, il est rapporté dans les deux Ṣaḥîḥ que le Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui — a dit : « Si l’un de vous dépensait une quantité d’or équivalente au mont Uḥud, il n’atteindrait pas la mesure d’un mudd de l’un d’eux, ni même sa moitié. » (1) Il est donc acquis, par consensus des musulmans, que le jihâd, le ḥajj et autres actes de ce genre sont plus méritoires que la visite de sa tombe. Pourtant, même par ces œuvres, l’homme n’égale pas celui qui voyagea vers lui de son vivant et le vit : celui-là était soit un émigrant (muhâjir) avant la Conquête, soit un membre des délégations qui venaient auprès de lui pour apprendre l’Islam et le transmettre ensuite à leur peuple ; or, une telle action est désormais irréalisable. Quiconque assimile la visite de la tombe de quelqu’un à la visite qu’on lui rendait de son vivant souffre d’un défaut de raison et de religion. La visite légiférée de la tombe d’un défunt vise essentiellement à invoquer pour lui le pardon et la miséricorde, tout comme la prière funéraire. Quant aux invocations prescrites à l’égard de notre Prophète — telles que la prière sur lui, le salut et la demande d’al-Wasîlah — elles sont légiférées en tout lieu ; elles ne sont pas réservées à sa tombe. Aucun acte vertueux ne distingue cette parcelle précise ; tout ce qu’il est possible d’y accomplir peut l’être ailleurs. Seule sa mosquée possède néanmoins une supériorité propre : l’adoration qui y est accomplie est noble du seul fait qu’elle se déroule dans sa mosquée, ainsi qu’il l’a dit : « Une prière accomplie dans cette mosquée à moi vaut mieux que mille prières dans toute autre, à l’exception de la Mosquée sacrée. » (2) Les actes d’adoration légiférés dans cette mosquée après son inhumation y étaient déjà légiférés avant qu’il ne fût enterré dans sa chambre et avant que celle-ci ne soit intégrée à la mosquée. Aucune pratique nouvelle ne s’y est ajoutée en dehors de ce qui existait à l’époque du Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui — et de ce qu’il a lui-même institué pour sa communauté, encouragé et recommandé. Tout ce qui est législatif pour le visiteur — prière, salut, invocation, louange — était prescrit dans sa mosquée de son vivant, et il l’est dans toutes les autres mosquées, voire dans tout endroit où la prière est licite. Car il — paix et bénédiction d’Allah sur lui — a fait de la terre entière, pour lui et pour sa Ummah, un lieu de prière et de purification ; ainsi, où que l’heure de la prière surprenne quelqu’un, qu’il prie, car l’endroit est une mosquée, comme cela est établi dans le ḥadith authentique (3). Celui donc qui croit que la visite de la tombe comporte une forme particulière d’adoration qui n’est pas légiférée à la mosquée mais l’est à cause de la tombe commet une erreur ; jamais un Compagnon ni un Tâbiʿî ne l’a affirmé. Ce n’est qu’une méprise survenue chez certains savants postérieurs. Au plus, il est rapporté d’un Compagnon — tel Ibn ʿUmar — que, de retour d’un voyage, il s’arrêtait à la tombe, adressait le salut, et la catégorie même du salut adressé
(1) Rapporté par al-Bukhâri (n° 3673) et Muslim (n° 2540) d’après Abû Sa‘îd al-Khudrî (qu’Allâh l’agrée). (2) Rapporté par al-Bukhâri (n° 1190) et Muslim (n° 1394) d’après Abû Hurayra (qu’Allâh l’agrée). (3) Voir al-Bukhâri (nos 335, 438, 3122) et Muslim (n° 521).
عن زوجة جده عائشة، عن ليث. وهذا الليث وزوجة جده مجهولان لأن ليثا غير معروف بضبط ولا عدالة مع غرابتهما، ونفس المتن باطل. فإن الأعمال التي فرضها الله ورسوله لا يكون الرجل بها مثل الواحد من الصحابة. بل في الصحيحين عنه أنه قال: «لو أنفق أحدكم مثل أحد ذهبا ما بلغ مدّ أحدهم ولا نصيفه» «١» . فالجهاد والحج ونحوهما أفضل من زيارة قبره باتفاق المسلمين، ولا يكون الرجل بهما كمن سافر إليه في حياته ورآه، كيف وذاك إما أن يكون مهاجرا إليه كما كانت الهجرة قبل الفتح، أو من الوفود الذين كانوا يفدون إليه يتعلّمون الإسلام ويبلّغونه عنه إلى قومهم، وهذا عمل لا يمكن أحدا بعدهم أن يفعل مثله. ومن شبّه من زار قبر شخص بمن كان يزوره في حياته فهو مصاب في عقله ودينه. والزيارة الشرعية لقبر الميت مقصودها الدعاء له والاستغفار كالصلاة على جنازته، والدعاء المشروع المأمور به في حق نبينا- كالصلاة عليه والسلام عليه وطلب الوسيلة له- مشروع في جميع الأمكنة لا يختصّ بقبره، فليس عند قبره عمل صالح تمتاز به تلك البقعة، بل كل عمل صالح يمكن فعله هناك يمكن فعله في سائر البقاع، لكن مسجده أفضل من غيره. فللعبادة فيه فضيلة بكونها في مسجده، كما قال: «صلاة في مسجدي هذا خير من ألف صلاة فيما سواه إلا المسجد الحرام» «٢» . والعبادات المشروعة فيه بعد دفنه مشروعة فيه قبل أن يدفن النبي صلى الله عليه وسلّم في حجرته، وقبل أن تدخل حجرته في المسجد، ولم يتجدد بعد ذلك فيه عبادة غير العبادات التي كانت على عهد النبي صلى الله عليه وسلّم وغير ما شرعه هو لأمته ورغّبهم فيه ودعاهم إليه، وما يشرع للزائر من صلاة وسلام ودعاء له وثناء عليه كل ذلك مشروع في مسجده في حياته، وهي مشروعة في سائر المساجد، بل وفي سائر البقاع التي تجوز فيها الصلاة، وهو صلى الله عليه وسلّم قد جعلت له ولأمته الأرض مسجدا وطهورا، فحيثما أدركت أحدا الصلاة فليصلّ فإنه مسجد، كما ثبت ذلك في الحديث الصحيح عنه صلى الله عليه وسلّم «٣» . ومن ظن زيارة القبر تختص بجنس من العبادة لم تكن مشروعة في المسجد، وإنما شرعت لأجل القبر فقد أخطأ، لم يقل هذا أحد من الصحابة والتابعين، وإنما غلط في بعض هذا بعض المتأخرين، وغاية ما نقل عن بعض الصحابة- كابن عمر- أنه كان إذا قدم من سفر يقف عند القبر ويسلم، وجنس السلام عليه مشروع في
(١) أخرجه البخاري (٣٦٧٣) ومسلم (٢٥٤٠) من حديث أبي سعيد الخدري رضي الله عنه. (٢) أخرجه البخاري (١١٩٠) ومسلم (١٣٩٤) من حديث أبي هريرة رضي الله عنه. (٣) انظر البخاري (٣٣٥، ٤٣٨، ٣١٢٢) ومسلم (٥٢١).