De nombreux exemples similaires attestent de ses interdictions du blâmable lorsqu’il était présent ; quiconque le voyait de son vivant ne pouvait accomplir devant lui un acte répréhensible qu’il eût approuvé.
Quant à ceux qui visitent les tombes, ils y commettent quantité de transgressions impossibles à recenser, tout comme les polythéistes, les chrétiens et les gens de l’innovation (ahl al-bidʿa) auprès des sépultures de ceux qu’ils glorifient, tombant ainsi dans diverses formes de shirk et d’exagération (ghulû). Il suffit de rappeler que le Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui — a maudit les Juifs et les Chrétiens pour avoir pris les tombes de leurs prophètes comme mosquées ; ainsi, lorsqu’une tombe devient mosquée, son occupant encourt la malédiction.
Il est pourtant évident que, s’il était vivant dans la mosquée, se rendre auprès de lui dans ce lieu serait l’une des meilleures adorations ; mais se diriger vers une tombe transformée en mosquée relève de ce qu’il a interdit, et il a maudit les Gens du Livre pour cet acte. Par ailleurs, il n’existe auprès de sa tombe aucun intérêt religieux ni aucun moyen de se rapprocher du Seigneur des mondes qui ne soit déjà légiféré partout ailleurs. Il n’est donc pas convenable que l’on réserve une vénération totale et un amour parfait pour le Messager uniquement lorsqu’on se tient près de sa tombe ; bien au contraire, cela est exigé en tout lieu. Sa visite de son vivant constituait donc un intérêt certain, dépourvu de tout inconvénient, alors que voyager jusqu’à sa tombe pour elle-même représente, à l’inverse, un préjudice prédominant sans bénéfice, contrairement au voyage vers sa mosquée qui renferme un avantage manifeste, et où l’on accomplit à son égard les droits légiférés, comme dans toutes les mosquées.
Cela met en évidence la fausseté du ḥadith déclarant :
« Celui qui me rend visite après ma mort, c’est comme s’il m’avait visité de mon vivant. » (1)
Ce ḥadith est connu par la chaîne de Ḥafṣ ibn Sulaymân al-Ghâḍirî, rapportée de Layth ibn Abî Sulaym, de Mujâhid, d’après Ibn ʿUmar, qui rapporte que le Messager d’Allah — paix et bénédiction d’Allah sur lui — a dit :
« Quiconque accomplit le pèlerinage puis visite ma tombe après ma mort est comme celui qui m’a visité de mon vivant. »
Plusieurs narrateurs l’ont transmis par cette voie, laquelle est réputée mais, pour les spécialistes, extrêmement faible en matière de ḥadith, quoiqu’on l’ait retenue pour la lecture (du Coran).
Yahyâ ibn Maʿîn a dit : « Ḥafṣ n’est pas digne de confiance. »
Al-Jowzajânî a dit : « On l’a abandonné depuis longtemps. » (2)
Al-Bukhârî a dit : « Ils l’ont délaissé. »
Muslim ibn al-Ḥajjâj a dit : « Délaissé. »
ʿAlî ibn al-Madînî a dit : « Faible dans le ḥadith ; je l’ai sciemment abandonné. »
An-Nasâʾî a dit : « Il n’est pas fiable et l’on n’écrit pas ses ḥadiths. »
Dans une autre citation, il déclara : « Délaissé. »
Ṣâliḥ ibn Muḥammad a dit : « On n’écrit pas ses ḥadiths ; tous ses récits sont réprouvés. »
Zakariyyâ as-Sâjî a dit : « Il rapporte de Samâk et d’autres ; ses ḥadiths sont des fabrications. »
Abû Zurʿa a dit : « Faible dans le ḥadith. »
Abû Ḥâtim a dit : « On n’écrit pas ses ḥadiths ; il est faible, non fiable, ses ḥadiths sont abandonnés. »
Al-Ḥâkim Abû Aḥmad a dit : « Ses ḥadiths sont caducs. » Ad-Dâraqutnî a dit : « Faible. »
Ibn ʿAdî a dit : « La plupart des ḥadiths qu’il rapporte de ses maîtres ne sont pas authentiques. »
Al-Ṭabarânî l’a également rapporté dans « al-Muʿjam » par la voie de Layth, petit-fils de Layth ibn Abî Sulaym,