Ibn ‘Abbâs déclara : « Nawf a menti » lorsqu’il affirma que Moïse, le compagnon des Banû Isrâ’îl, n’était pas le même Moïse qui accompagna al-Khidr (1). Et ce genre de propos se rencontre fréquemment.
Ainsi, si l’on qualifie de mensonge une information qui ne correspond pas à la réalité, à plus forte raison faut-il qualifier de mensonge ce qui est manifestement faux. De même, quiconque juge entre les gens dans l’ignorance fait partie des trois catégories de juges au sujet desquelles le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit :
« Les juges sont au nombre de trois : deux en Enfer et un au Paradis. Un homme a connu la vérité et a jugé conformément à elle : il est au Paradis ; un homme a connu la vérité mais a jugé à son encontre : il est en Enfer ; et un homme a rendu un jugement entre les gens sans science : il est en Enfer. »
Et quand bien même dirait-on de lui : « Il se peut qu’il soit un mujtahid qui s’est trompé et à qui il sera pardonné », le jugement qu’il a rendu en contredisant le Texte et le consensus est nul d’un commun accord des savants, de même que tout jugement émis par quiconque partage son avis.
Les propos de cet objecteur et de ses semblables montrent qu’ils sont éloignés de la connaissance de la vérité dans ce domaine ; on dirait des étrangers à la religion de l’Islam dans de telles questions : ils n’ont ni médité le Coran, ni connu les Sunna, ni les récits des Compagnons et des Tâbi‘ûn, ni les paroles des imams des musulmans. C’est à propos de gens pareils que le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit dans le hadith authentique :
« L’Islam a commencé comme chose étrangère et redeviendra étranger comme il a commencé. » (2)
La sharî‘a de l’Islam, sur ce point, leur paraît donc étrangère ; ils ne la connaissent pas. Car si eux et leurs semblables possédaient quelque connaissance des différentes formes de preuves légales relatives à ce sujet, cela les aurait détournés de l’égarement, de l’innovation, de la contradiction de la religion des messagers et de l’abandon de ce sur quoi s’accordent tous les imâms de la religion, sans parler des mensonges qu’ils attribuent à Allah, à Son Messager — qu’Allah prie sur lui et le salue —, aux savants musulmans et au répondant.
Ils invoquent, pour appuyer leurs dires, ce qui ne peut constituer une preuve : soit un hadith authentique qui ne démontre pas la conclusion recherchée, soit un récit déficient et mensonger. Or celui qui se prévaut d’un hadith doit à la fois établir son authenticité et montrer en quoi il prouve la thèse défendue. Cet objecteur n’a jamais réuni ces deux conditions dans un seul hadith : s’il cite un texte authentique, il n’est pas pertinent pour la question discutée ; s’il mentionne un texte apparemment pertinent, celui-ci n’est pas établi auprès des spécialistes du hadith auxquels on se réfère dans les questions de consensus et de divergence.
Quant aux calomnies et aux mensonges proférés contre le répondant, ils ne méritent pas qu’on s’y attarde ; il est traité comme les autres gens d’imposture et de fausseté. Allah — Exalté soit-Il — a dit :
« Ceux qui ont colporté le grand mensonge sont un groupe d’entre vous ; ne le considérez pas comme un mal pour vous ; au contraire, c’est un bien pour vous. Chacun d’eux portera la part de péché qu’il aura acquise. » [An-Nûr : 11]
Le but est plutôt de défendre la cause d’Allah, de Son Livre, de Son Messager et de Sa religion, et de mettre en évidence l’ignorance de celui qui parle de la religion à tort et sans science. Je ne rapporterai donc que ce qui touche à la question et à sa réponse. Il ne s’agit pas non plus d’agression