[Chapitre : L’objection confond la visite des vivants avec celle des tombes] L’adversaire contradicteur déclara : « Muslim rapporte dans son Ṣaḥîḥ à propos de celui qui voyagea pour visiter un frère à lui pour Allah, et la formulation du ḥadith est la suivante : “Un homme se rendit chez un frère à lui dans un autre village. Allah plaça sur son chemin un ange. Lorsque celui-ci l’atteignit, il lui dit : — Où vas-tu ? — Je vais voir un frère à moi dans ce village. — As-tu à son égard un bienfait que tu souhaites récompenser ? — Non, sinon que je l’aime pour Allah. L’ange lui dit alors : Je suis l’envoyé d’Allah auprès de toi ; Allah t’a aimé comme tu l’as aimé en Lui.” » (1) « Et dans le Muwaṭṭaʾ de Mâlik, d’après Muʿâdh ibn Jabal, il est mentionné qu’il entendit le Messager d’Allah — paix et bénédiction d’Allah sur lui — dire, de la part d’Allah : “Mon amour est décrété pour ceux qui s’aiment en Moi, se réunissent en Moi, se visitent en Moi et se prodiguent des largesses en Moi.” » (2) Il poursuivit : « Tu sais donc, ô mon frère, à travers cela, le mérite de la visite des frères et ce qu’Allah a préparé pour les visiteurs comme grâce et bienfaisance ; que dire alors de la visite de celui qui est vivant dans les deux demeures, l’Imâm des humains et des djinns, celui dont Allah a rendu l’inviolabilité après sa mort semblable à son inviolabilité de son vivant, celui qu’Allah — le Vrai — a honoré par l’excellence de Ses attributs, qui nous a guidés par sa bénédiction vers la voie droite, nous a protégés, par lui, du Diable maudit, tient fermement nos mains pour nous empêcher de plonger dans le Feu de l’Enfer, et qui, envers les croyants, est plein de sollicitude et de miséricorde. » Réponse : Quant à la visite d’un frère vivant pour Allah, telle qu’elle apparaît dans le hadith, elle correspond à la visite qu’on lui rendait de son vivant ; de la sorte, la personne devient l’un de ses Compagnons, et ceux-ci sont la meilleure des générations. En revanche, assimiler la visite de sa tombe à la visite qu’on lui rendait vivant, comme l’a fait cet objecteur, est une analogie qu’aucun savant musulman, à ma connaissance, n’a jamais établie ; je ne sais pas non plus qu’aucun d’eux ait argumenté, au sujet de la visite de sa tombe — paix et bénédiction d’Allah sur lui — par analogie avec la visite d’un bien-aimé vivant pour Allah. C’est là l’une des analogies les plus viciées. Il est en effet évident que celui qui visite un vivant obtient, par la vision de sa personne, l’écoute de ses paroles, la conversation avec lui, la possibilité de l’interroger et de recevoir ses réponses, bien des choses que ne peut obtenir celui qui ne l’a pas vu et n’a pas entendu ses paroles ; or, voir sa tombe ou l’apparence extérieure du mur édifié autour de sa demeure
(1) Rapporté par Muslim (n° 2567). (2) Rapporté par Malik dans al-Muwatta (vol. 2, p. 354), n° 51, « Livre de la poésie », chapitre « Ce qui concerne ceux qui s’aiment pour Allah ». L’imâm al-Ḥâfiz Ibn ‘Abd al-Bar (qu’Allah lui fasse miséricorde) a authentifié la chaîne de transmission.
[فصل [خلط المعترض بين زيارة الأحياء وبين زيارة القبور] ] قال المعارض المناقض: وروى مسلم في صحيحه في الذي سافر لزيارة أخ له في الله ولفظ الحديث: «إن رجلا زار أخا له في قرية أخرى فأرصد الله على مدرجته ملكا فلما أتى عليه قال: أين تريد؟ قال: أريد أخا لي في تلك القرية. قال: هل لك عليه من نعمة تربها؟ قال: لا؛ إلا أني أحببته في الله. فقال: إني رسول الله إليك فإن الله أحبك كما أحببته فيه» «١» . وفي موطأ مالك عن معاذ بن جبل في حديث ذكر فيه: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلّم يقول: أي عن الله «وجبت محبتي للمتحابين فيّ والمتجالسين فيّ والمتزاورين فيّ والمتباذلين فيّ» «٢» . قال: «فقد علمت أيها الأخ بهذا فضيلة زيارة الإخوان وما أعد الله بها للزائرين من الفضل والإحسان، فكيف بزيارة من هو حي الدارين وإمام الثقلين الذي جعل الله حرمته في حال مماته كحرمته في حال حياته؟ ومن شرّفه الحق بما أعطاه من جميل صفاته، ومن هدانا ببركته إلى الصراط المستقيم، وعصمنا به من الشيطان الرجيم، ومن هو آخذ بحجزنا أن نقتحم في نار الجحيم، ومن هو بالمؤمنين رءوف رحيم؟» . والجواب: أما زيارة الأخ الحيّ في الله كما في الحديث فهذا نظير زيارته في حياته يكون الإنسان بذلك من أصحابه وهم خير القرون، وأما جعل زيارة القبر كزيارته حيا كما قاسه هذا المعترض فهذا قياس ما علمت أحدا من علماء المسلمين قاسه، ولا علمت أحدا منهم احتج في زيارة قبره صلى الله عليه وسلّم بالقياس على زيارة الحي المحبوب في الله. وهذا من أفسد القياس. فإنه من المعلوم أنه من زار الحيّ حصل له بمشاهدته وسماع كلامه ومخاطبته وسؤاله وجوابه وغير ذلك ما لا يحصل لمن لم يشاهده ولم يسمع كلامه، وليس رؤية قبره أو رؤية ظاهر الجدار الذي بني على بيته
(١) أخرجه مسلم (٢٥٦٧). (٢) أخرجه مالك في «الموطأ» (٢/ ٣٥٤) - ٥١ - كتاب الشعر- (٥) باب ما جاء في المتحابين في الله. وصحّح إسناده الحافظ ابن عبد البر- رحمه الله تعالى-.