parmi les innovations que les Compagnons n’ont jamais accomplies, et qu’Il a interdites, conformément à la parole du Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue :
« Ô Allah, ne fais pas de ma tombe une idole adorée ; la colère d’Allah s’est intensifiée contre des gens qui ont érigé les tombes de leurs prophètes en mosquées. »
Et à sa parole — qu’Allah prie sur lui et le salue :
« Ne faites pas de ma tombe un lieu de fête. »
Puisque cette visite est proscrite dans les ḥadiths, les Compagnons, mieux informés que quiconque de Son interdiction et les plus empressés à Lui obéir, ne la pratiquaient pas ; aucun d’entre eux, de l’avis unanime des savants, ne visitait sa tombe à Médine. Cette station – que d’aucuns, hormis Mālik, appellent « visite de sa tombe » et que Mālik, comme d’autres, a qualifiée d’innovation inconnue des Compagnons – vise essentiellement à prier sur lui et à le saluer, comme l’a montré la question posée à Mālik.
Toutefois, le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit :
« Ne faites pas de ma tombe un lieu de fête ; priez sur moi où que vous soyez : votre prière m’est transmise. »
Un récit semblable existe au sujet du salut. Il en ressort qu’il a réprouvé de réserver ce lieu précis à la prière et au salut ; on prie sur lui et on le salue en tout endroit, et cela lui parvient. Si donc une telle visite de la tombe constitue une innovation proscrite, que dire de ceux qui se rendent aux tombes des prophètes et des vertueux pour les invoquer et solliciter leur secours, sans chercher à prier pour eux ! Il est évident que cela est plus grave encore en matière d’innovation et d’égarement.
Les Anciens comme les Modernes ne se sont accordés que sur la visite admise à l’unanimité : se diriger vers sa mosquée et y accomplir la prière, comme il a été exposé. C’est là une distinction entre lui et les autres tombes des prophètes et des vertueux : il est légiféré de voyager jusqu’à sa tombe en raison de sa mosquée fondée sur la piété. Ce voyage est légitime, d’un commun accord entre musulmans, et l’on y abrège la prière, également de l’avis unanime.
Quant à celui qui prétend qu’il n’est pas permis d’y raccourcir la prière, on l’exhorte au repentir ; s’il persiste, il est mis à mort. Car ce voyage n’est pas effectué pour la seule tombe ; il est indispensable d’y viser l’accès à la mosquée et la prière qu’on y accomplit. Si l’on ne vise que la tombe, on entre dans le propos du répondant :
« Qu’en est-il de celui qui voyage uniquement pour visiter les tombes des prophètes et des vertueux ? Peut-il raccourcir sa prière ? — Deux avis célèbres existent à ce sujet. »
Il a donc mentionné les deux opinions concernant celui qui entreprend un voyage exclusivement destiné à visiter les tombes. En revanche, celui qui voyage pour prier dans sa mosquée attenante à la chambre où se trouve sa tombe accomplit un voyage licite et recommandé, de l’avis unanime des musulmans.
Ont déjà été rapportées les paroles de Mālik à celui qui l’interrogea au sujet d’un vœu d’aller à la tombe du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue ; il dit :
« S’il a voulu la mosquée du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — qu’il s’y rende et y accomplisse la prière ; s’il n’a voulu que la tombe, qu’il ne le fasse pas »,
à cause du ḥadith :
« On ne selle les montures que pour trois mosquées. »
Bien que l’interrogateur eût dit : « Il a voué d’aller à la tombe du Prophète », Mālik distingue, dans sa réponse, l’intention de se rendre au tombeau de celle de se rendre à la mosquée. Il en ressort que les expressions « venir au tombeau », « visiter le tombeau » ou « voyager vers le tombeau », englobent tant celui qui vise la mosquée – ce qui est permis – que celui qui ne vise que la tombe – ce qui est interdit, comme l’indiquent les textes et comme l’ont expliqué Mālik et d’autres.
Ainsi, quiconque rapporte des Pieux Prédécesseurs qu’ils auraient recommandé de voyager pour la seule tombe, en faisant abstraction de la mosquée, de sorte que le voyageur ne chercherait ni la mosquée ni la prière qui s’y accomplit, mais uniquement la tombe – correspond exactement à la pratique prohibée.
البدع التي لم يفعلها الصحابة،
وأن ذلك منهي عنه لقوله صلى الله عليه وسلّم:
«اللهم لا تجعل قبري وثنا يعبد، اشتد غضب الله على قوم اتخذوا قبور أنبيائهم مساجد»
.
وقوله صلى الله عليه وسلّم:
«لا تتخذوا قبري عيدا»
.
وإذا كانت هذه الزيارة مما نهي عنها في الأحاديث فالصحابة أعلم بنهيه وأطوع له، فلهذا لم يكن بالمدينة منهم من يزور قبره باتفاق العلماء، وهذا الوقوف الذي يسميه غير مالك زيارة لقبره الذي بين مالك وغيره أنه بدعة لم يفعلها الصحابة؛ هي زيارة مقصود صاحبها الصلاة والسلام، كما بين ذلك في السؤال لمالك،
لكن لما قال صلى الله عليه وسلّم:
«لا تتخذوا قبري عيدا وصلّوا عليّ حيثما كنتم، فإن صلاتكم تبلغني»
.
وروي مثل ذلك في السلام عليه؛ علم أنه كره تخصيص تلك البقعة بالصلاة والسلام، بل يصلّي عليه ويسلّم في جميع المواضع وذلك واصل إليه. فإذا كان مثل هذه الزيارة للقبر بدعة منهيا عنها فكيف من يقصد ما يقصده من قبور الأنبياء والصالحين ليدعوهم ويستغيث بهم ليس قصده الدعاء لهم. ومعلوم أن هذا أعظم في كونه بدعة وضلالا، فالسلف والخلف إنما تطابقوا على زيارة قبره بالمعنى المجمع عليه من قصد مسجده والصلاة فيه كما تقدم، وهذا فرق بينه وبين سائر قبور الأنبياء الصالحين، فإنه يشرع السفر إلى عند قبره لمسجده الذي أسّس على التقوى، فهذا السفر مشروع باتفاق المسلمين والصلاة مقصورة فيه باتفاق المسلمين.
ومن قال:
إن هذا السفر لا تقصر فيه الصلاة؛ فإنه يستتاب، فإن تاب وإلا قتل، وليس ذلك سفرا لمجرد القبر، بل لا بد أن يقصد إتيان المسجد والصلاة فيه، وإن لم يقصد إلا القبر فهذا يندرج في كلام المجيب،
حيث قال:
أما من سافر لمجرد زيارة قبور الأنبياء والصالحين فهل يجوز له قصر الصلاة؟ على قولين معروفين فهو ذكر القولين فيمن سافر لمجرّد قصد زيارة القبور، وأما من سافر لقصد الصلاة في مسجده عند حجرته التي فيها قبره فهذا سفر مشروع مستحب باتفاق المسلمين، وقد تقدم قول مالك للسائل الذي سأله عمن نذر أن يأتي قبر النبي صلى الله عليه وسلّم،
فقال:
إن كان أراد مسجد النبي صلى الله عليه وسلّم فليأته وليصل فيه، وإن كان إنما أراد القبر فلا يفعل،
للحديث الذي جاء:
«لا تعمل المطي إلا إلى ثلاثة مساجد»
. فالسائل سأله عن من نذر أن يأتي إلى قبر النبي صلى الله عليه وسلّم، ففصّل مالك في الجواب بين أن يريد القبر أو المسجد، مع أن اللفظ إنما هو نذر أن يأتي القبر، فعلم أن لفظ إتيان القبر وزيارة القبر والسفر إلى القبر ونحو ذلك يتناول من يقصد المسجد، وهذا مشروع يتناول من لم يقصد إلا القبر، وهذا منهي عنه كما دلّت عليه النصوص وبينه العلماء مالك وغيره.
فمن نقل عن السلف أنهم استحبوا السفر لمجرد القبر دون المسجد بحيث لا يقصد المسافر المسجد ولا الصلاة فيه، بل إنما يقصد القبر كالصورة التي نهى عنها